Yannick Nyanga : " Une amélioration à chaque séance "

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Yannick Nyanga : " Une amélioration à chaque séance "
Yannick Nyanga : " Une amélioration à chaque séance "

Le troisième ligne du XV de France Yannick Nyanga est revenu sur les différences entre la préparation de la Coupe du monde 2007 et celle de 2015. Il est revenu sur l'importance de la récupération et de la répétition des séances pour être prêts le jour J, et espère que les Bleus pourront tenir tout un match à très haut niveau en Angleterre.

Yannick Nyanga, depuis 2007 et votre première Coupe du monde, le rugby a pas mal évolué, notamment en ce qui concerne la préparation physique. Quels sont les plus gros changements que vous avez vus ?
Je ne pense pas que les séances en elles-mêmes aient beaucoup évolué, si ce n’est l’arrivée de nouveaux outils comme le watt-bike qui n’existait pas en 2007. Surtout, la plus grosse évolution, c’est dans la récupération. Aujourd’hui, tous les joueurs ont énormément d’outils de récupération et les protocoles de récupération, comme se mettre dans l’eau froide. C’est peut-être 5% de tout ce qu’on peut faire pour récupérer, qui font qu’on peut enchaîner plus d’entraînements et alourdir les charges d’entraînement. La grosse différence est là-dedans, dans la capacité que nous avons maintenant à maîtriser l’entraînement et à pouvoir le répéter plus régulièrement. On se développe beaucoup plus rapidement.

C’est plus facile, donc ?
Au contraire ! C’est nous tirer dessus encore plus, s’il fallait le voir comme ça. On peut plus nous tirer dessus car on sait qu’on est capables de récupérer d’une manière qu’on n’avait peut-être pas il y a quelques années.

On a l’impression que tous les exercices se rapprochent de mouvements que vous pouvez retrouver en matchs alors que, précédemment, c’était plus « bête », plus à celui qui poussait le plus fort ?
Ce n’est pas forcément que c’était bête, mais c’est l’évolution, je pense que c’est la même dans tous les sports. Il y a énormément de monde qui réfléchit à comment améliorer la performance et, donc, on essaye de se rapprocher de quelque chose qui est vraiment le plus efficace. Et, souvent, c’est d’être capable de répéter des mouvements qui ressemblent à des mouvements de match, des phases qui y ressemblent, souvent en plus violent ou en plus répété pour qu’au moment du match, on soit plus à l’aise. C’est un peu la phrase bateau : s’entraîner dur pour jouer facile.

« On a mal partout »

Est-ce qu’il y a eu quelque chose de plus dur que les autres depuis que vous avez commencé ?
Honnêtement, tout est dur. C’est différent et, ce qui est bien, c’est qu’on a mal partout. Il n’y a pas un endroit qui fait moins mal que les autres mais, en tout cas, c’est quand même bien pensé car on touche toutes les zones de notre corps. Je ne sais pas ce que ça va donner sur le terrain mais on se sent développés d’une séance à l’autre. Il y a vraiment une amélioration à chaque séance qu’on a répétée, c’est bon signe.

Est-ce que vous vous êtes surpris sur certains exercices, sur des répétitions d’exercices ?
Je me suis agréablement surpris. Mais je ne suis préparé aussi, je ne suis pas arrivé ici comme ça. Ce n’est pas non plus la préparation magique qui va faire qu’on va passer de cinquième ou sixième équipe mondiale à numéro un. C’est un travail de longue haleine et de longue date qui, aujourd’hui, se matérialise par cette préparation car on la chance de pouvoir se préparer comme on le veut depuis le 6 juillet, et même avant pour certains. Aujourd’hui, c’est mettre en place tout ce qu’on a voulu mettre en place depuis maintenant quatre ans et avoir la caisse pour pouvoir tenir. On verra ensuite ce que ça donne sur le terrain.

En regardant aussi la progression ?
Je vous avoue qu’il y a certaines séances, quand on les voit avant, on n’est vraiment pas sur d’être capables les faire. Déjà, en soi, de le faire, c’est bien. On est tous un peu compétiteurs, on se regarde un peu les uns les autres, certains sont meilleurs que d’autres dans certains domaines. Chacun son petit truc et fait le maximum pour garder son leadership dans ces secteurs-là. C’est vraiment bon enfant, il y a vraiment beaucoup d’émulation. Pour l’instant, ça se passe très bien.

« Il faut arriver en pleine forme à la Coupe du monde »

En ce qui vous concerne, dans quels secteurs êtes-vous le mieux ?
Par rapport aux avants, c’est la vitesse. Ça se passe bien aussi au niveau des muscles des jambes. Il faut ensuite progresser dans tous les autres secteurs de jeu et secteurs physiques, et arriver en pleine forme à la Coupe du monde.

Vous n’en avez pas marre du vélo ?
Un petit peu mais c’est un passage obligé. Mais, là, quand on descend, c’est agréable. Le cadre est quand même agréable, c’est le wattbike qui l’est moins.

Pour samedi, vous n’avez pas réfléchi à ce que vous allez faire à part dormir ?
Je vais dormir, ça c’est sûr. Le matin, je vais bien dormir puis on va aller voir s’il n’y a pas un restaurant sympa pour aller manger avec quelques mecs qui en ont envie le midi. Pour l’après-midi, on verra, je vais essayer de garder des forces car on n’est qu’au début du stage. Même si c’est une journée de repos, on va faire en sorte que ce soit une vraie journée de repos.

Vous avez le droit à une bonne raclette ?
Je ne sais pas, on verra.

« Cette préparation physique est quand même au service du rugby »

Pour l’instant, il y a encore beaucoup de rugby mais le but de cette préparation, ça va être quoi ? Dominer dans les impacts vos adversaires ou de les faire courir le plus possible, imposer des longues séquences de jeu ?
Je ne veux pas parler à la place de l’entraîneur mais je pense que cette préparation physique est quand même au service du rugby. Ce ne sont pas les joueurs les plus en forme qui gagnent forcément les matchs mais ce ceux qui jouent le mieux au rugby le plus longtemps. Et pour jouer ainsi, il faut être en forme. Il ne faut pas oublier que cette préparation, ce n’est pas parce qu’on a augmenté d’1km/h en VMA, qu’on a tous gagné cinq dixièmes en vitesse et qu’on pousse tous vingt kilos de plus dans tous les secteurs de musculation, qu’on sera une meilleure équipe de rugby. Par contre, quand on était capables de jouer vingt, trente ou quarante minutes d’un rugby de très haut niveau puis qu’on pêchait physiquement, si cette préparation nous permet de le jouer pendant 80 minutes, elle va nous servir. Mais ce n’est pas l’inverse. Il ne faut pas penser que parce qu’on est prêts physiquement, qu’on est costauds et beaux torse-nus qu’on sera de meilleurs joueurs de rugby car, sinon, on se tromperait fortement.

Ça ne pourrait pas être une excuse en cas de mauvais résultats ?
C’est vrai qu’on a la malchance d’être toujours dans des calendriers qui sont différents des nations du Sud principalement et on n’a pas le même niveau de préparation. Quand ils arrivent au mois de novembre, on arrive souvent à les tenir et ça se passe très bien mais, sur des tournées d’été où ils sont en pleine forme, on a du mal à rivaliser. Sur le nombre de match, on a un Top 14 qui ne fait que progresser d’année en année avec de très grands joueurs qui viennent. Il n’y a plus de matchs faciles comme avant et quand on arrive avec vingt-cinq ou trente matchs dans les jambes, c’est très compliqué de pouvoir rivaliser avec des équipes qui sont en pleine forme et qui ont une dizaine ou une quinzaine de matchs dans les jambes. Aujourd’hui, on arrive à égalité, voire avec un petit avantage où ils ont un Four Nations à jouer alors que nous, on se prépare. Je pense qu’au niveau de l’état de forme, on sera à armes égales et ça sera l’équipe qui jouera le mieux au rugby qui gagnera.

Du coup, vous êtes plus sereins ?
Je ne sais pas. On sera sereins à la fin de la compétition, si on aura le trophée entre nos mains. Là, il y aura énormément de sérénité mais, avant ça, il y a beaucoup d’envie, beaucoup de motivation mais pas mal d’humilité.

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