Yannick Noah : " On n'est pas en vacances "

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Alors que les forfaits de Milos Roanic et Daniel Nestor ont sérieusement plombé les chances du Canada au premier tour de la Coupe Davis contre la France, le capitaine Yannick Noah ne veut pas changer son fusil d'épaule : son équipe veut battre tout le monde.

Yannick Noah, comment vivez-vous le fait de retrouver ce groupe France ?
C’est un truc très premier degré. Me retrouver avec des mecs qui font du sport de haut niveau, me retrouver dans l’ambiance des vestiaires, retrouver cette énergie des mecs qui pètent la santé, ça booste ! Je fais du vélo, je cavale, j’ai envie de jouer au tennis alors que je n’ai pas joué depuis je ne sais pas combien de temps. Ca booste ! Cette énergie, ils la donnent, et j’essaie de leur envoyer à ma façon, c’est super, ça fait vraiment du bien. Après, faut gagner !

Comment jugez-vous cette semaine de travail ?
C’était une semaine très riche, essentielle pour notre équipe, par rapport à ce qu’on essaie de créer pour l’avenir. J’avais vraiment besoin de ce temps pour apprendre à connaître les joueurs, pour qu’ils apprennent à me connaître, savoir comment je réagis, comment je vois notre avenir, comment se donner les moyens de notre ambition de gagner. Il fallait qu’ils passent du temps avec notre staff aussi. Certains ne connaissaient pas très bien Cédric (Pioline) ou n’avaient jamais travaillé avec Loïc Courteau, ou avec moi. Ça s’est super bien passé une fois qu’on a discuté, mis certaines choses à plat, qu’on est allé au fond de certaines choses, peut-être certains doutes, des petites plaies qui n’avaient pas été pansées. Tout le monde s’est exprimé franchement, et tout le monde s’est senti beaucoup plus léger, parce qu’il y avait certaines situations qui duraient depuis quelques temps, mais rien de très grave.

Quelle est votre méthode ?
Il n’y a pas de méthode particulière. J’essaie de m’adapter aux joueurs, aux situations. Pour ça, il faut que j’ai la possibilité de les connaître, de passer du temps avec eux. J’ai des convictions. J’essaie de les faire rêver en leur racontant le sentiment qu’on a lorsqu’on gagne un gros match, une finale, la Coupe Davis. Il ne faut pas que ce soit quelque chose d’abstrait, il faut qu’ils puissent en rêver. Cédric l’a gagnée aussi. Avec Loïc, on a gagné une Fed Cup. C’était une semaine très important pour nous permettre de bâtir ce qu’on à bâtir et atteindre nos objectifs.

Vous n’avez pas hésité à mettre en place des footings à 7h00 du matin...
On a fait des longues journées, ce n’était pas juste pour dire qu’on se réveillait à 6h15. Les matchs vont commencer à 11h00, et il faut que les organismes soient préparés à avoir une charge de travail tôt le matin, et il faut du temps. Il y a eu des fatigues, mais les joueurs sont tous allés au-delà de la fatigue et de la frustration de se réveiller tôt.

« Leur n°1 est 13eme mondial, moi j’ai un n°9 et un n°10 »

Que pensez-vous de la Guadeloupe ?
On est venu donner quelque chose, pas recevoir. La Coupe Davis, c’est énorme comme aventure humaine pour nous. Etre là, c’est unique en termes de symbolique et par rapport aux contacts avec les gens ici, les enfants... C’est rare. Il y a beaucoup de joie, de respect, des choses très belles. Ça serait bien de commencer cette aventure par une victoire ici.

Les forfaits de Milos Raonic et Daniel Nestor ont-il changé la donne ?
Je me moque de l’équipe d’en face. Quand l’arbitre met un carton rouge et que l’équipe se retrouve à 10, ça reste quand même compliqué. Les problèmes sont différents, il faut d’adapter. Leur n°1 est 13eme mondial, moi j’ai un n°9 et un n°10, on est plus fort qu’eux, avec ou sans. Peut-être qu’il y a des gens qui viennent au match de tennis pour voir un spectacle, mais moi je ne suis pas au spectacle. Je veux qu’on gagne, contre n’importe qui, fort, pas fort, petit, grand, du vent, de la pluie... Même si on va jouer vendredi contre des gars moins bien classés, ils pensent à nous battre. On a déjà perdu contre des joueurs moins bien classés que ces gars qu’on va avoir en face de nous. On n’est pas en vacances, on a du boulot. Le plus dur reste à faire, il faut gagner des matchs. L’histoire de la Coupe Davis, vous la connaissez comme moi, il y a eu des surprises pires que ça. On a l’expérience, on ne se relâche pas. Leur n°1 n’est pas là, désolé pour eux, mais on n’avait pas peur d’eux.

Propos recueillis par notre envoyé spécial en Guadeloupe, Maxime GRAS

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