Yannick Bru " une revanche par rapport à nous-mêmes "

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Yannick Bru " une revanche par rapport à nous-mêmes "
Yannick Bru " une revanche par rapport à nous-mêmes "
Yannick Bru, l'entraineur des avants du XV de France, attend beaucoup de ce choc face à l'Australie ce samedi. Une rencontre qui permettra aux Bleus, de se jauger face à une des meilleures nations du rugby mondial.

Yannick Bru, est-ce que ce match représente le sommet de cette tournée ?
Ce qui est sûr, c'est que c'est vraiment le plat de résistance. On savait que les Fidjiens étaient des adversaires de moindre mesure, même si on est satisfait de certaines séquences du match. Là on reçoit l'Australie, puis l'Argentine. N'oublions pas que l'Argentine a battu l'Australie sur le dernier match du Four Nations. Donc on a deux gros morceaux pour compléter et terminer cette tournée.

Vous l'attendez depuis de longues semaines ce match ?
On l'attend depuis les deux premiers stages. On a rebâti cette saison internationale en essayant de créer un nouvel élan. C'est sûr que cet élan venait de la frustration née des tests en Australie. Du résultat certes, mais aussi du comportement sur le dernier test qui nous avait fortement déplu, parce qu'au final on se rend compte quand même qu'il y a peu de nations du Nord qui vont s'imposer dans le Sud sur les tournées estivales. Donc c'est plus le contenu du match du dernier test, qui nous avait beaucoup déçus (défaite 39-13, ndlr). On était donc impatient de redémarrer la saison internationale.

Faut-il tout revoir tactiquement face à cette équipe australienne ?
Non les joueurs sont les mêmes, il n'y a pas de bouleversement dans leur façon d'aborder le jeu. Effectivement, on a pu voir qu'il y avait quelques aménagements et quelques modifications que l'on gardera pour nous. L'Australie reste sur une dynamique de production de jeu, de possession de balle, elle s'est imposée au pays de Galles, ce qui n'est pas rien. Ca sera évidemment un challenge difficile et on sera sûrement en position d'outsider.

Vous parliez de comportements inacceptables pour le troisième match de la tournée de juin...
Oui, on avait eu cette frustration. L'équipe nationale, c'est onze matchs dans une saison, donc chaque match doit être un événement, on ne peut pas accepter que ce soit un non événement dans la tête des joueurs. Alors on entend les excuses ici et là mais pour nous, on avait été frustré parce que ce dernier test en Australie était un peu symbolique pour l'histoire qui entourait notre capitaine. On avait senti que c'était un match de plus pour certains joueurs. Et non pas le privilège de représenter la France contre les meilleures nations mondiales. Et les critiques se sont abattues sur nous après, donc forcement nous étions impatients de redémarrer la saison internationale. Mais en tout cas s'il y a une revanche, c'est par rapport à nous mêmes.

 « On a besoin d'accrocher une nation du Sud rapidement »

Pour vous, y a-t-il un avant et un après Australie du mois de juin ?
Disons qu'on est reparti en modifiant certaines choses dans notre vie de tous les jours, dans notre positionnement sur le terrain. Effectivement, on a besoin que ces changements et cet élan soient validés par une victoire contre une nation majeure. Je n'oublie pas qu'on a joué quatre fois la Nouvelle-Zélande, ça va être la quatrième fois qu'on joue l'Australie en peu de temps. On a joué des grosses nations et des gros représentants du rugby mondial. On ne s'est jamais imposé, on a parfois été très près, on a souvent rivalisé, rarement pris des grosses raclées. Mais on n'a accroché aucune grande nation à notre tableau de chasse. Pour notre vécu, on a besoin d'accrocher une nation du Sud rapidement.

En les mettant à mal en conquête notamment ?
En ayant une production complète. Lors du Four Nations, l'Argentine a bousculé un peu l'Australie sur quelques mêlées mais l'Argentine a bousculé tout le monde en mêlée fermée. Ce sera notre gros challenge de la semaine prochaine. Personne n'a dominé le paquet d'avants de l'Australie donc on essaiera de fournir une production complète. Il est évident que l'Australie base son jeu sur une grosse possession de balle et si en plus on n'assure pas nos conquêtes, ça sera très difficile des les dominer.

Les deux, trois nouveaux semblent donner cette justesse technique qui vous manquait parfois ?
En tout cas le potentiel est là, sur ce qu'on a vu jusqu'à présent, il y a de belles promesses pour l'avenir. On sent qu'on a une qualité de passe qui nous permet d'envisager autre chose. Ca faisait un moment que Patrice Lagisquet courait après cela. Au niveau international, quand on n'est pas confronté aux meilleurs on a du mal à tirer des enseignements. Et là on va jouer un des prétendants au titre mondial l'année prochaine, donc on saura après le match.

C'est la première fois sous l'ère Saint-André que vous alignez deux fois le même XV, il faut y voir un signe ?
Déjà, on n'a pas eu de blessure. De notre vécu international, beaucoup de rotations ont été faites sur blessures. On démarre une nouvelle saison internationale, on a eu deux stages et un match prometteur même si tout n'était pas parfait. Je crois qu'il y a une forme de logique à bâtir sur cette stabilité.

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