Yann Lorence, le procès d'une époque

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Yann Lorence, le procès d'une époque
Yann Lorence, le procès d'une époque

Le procès de Yann Lorence, qui a débuté hier, ne survient pas dans n'importe quel contexte. Si la machine judiciaire suit son propre rythme, elle choisit pas forcément le meilleur moment pour aboutir. Six ans après la mort du supporter parisien, l'affaire a pris une résonance singulière bien au delà de la triste affaire judiciaire, et de la volonté de la famille, dont la dignité force le respect, de connaître la vérité. De fait, cette ambiance particulière risque forcément de peser lourdement sur les débats et, plus largement, sur la perception du jugement final. Car les choses ont évolué depuis 2010, et pas forcément pour le meilleur. De quoi secouer le football, voire le pays...

Derrière le drame individuel, se cache un longue et terrible histoire. Ce tragique événement résultait en effet de la montée en puissance de la rivalité violente entre les deux tribunes historiques du PSG, avec un arrière fond politique que plus personne ne veux assumer désormais, mais qui a laissé des traînées de cendres et de molaires jusqu'à aujourd'hui. En outre, et contrairement au décès de Julien Quemener il y a presque dix ans jour pour jour, les conséquences de la mort de ce membre de la Casual Firm transformèrent radicalement le visage du Parc des Princes (avec le fameux Plan Leproux), un stade et un club donc épuré de ses ultras. Cela modifia même sensiblement la situation des associations de supporters dans toute la France, avec un durcissement législatif accompagné d'une accentuation de la pression des pouvoirs publics via la généralisation des interdictions de déplacement. Or, justement, la mort de Yann Lorence, qui avait justifié cette bascule dans le mode de gestion du monde des tribunes, revient sur le devant de la scène alors même que la direction du PSG tente timidement, malgré les réticences de la préfecture, de rameuter certains de ses anciens supporters afin de ressusciter, si cela est possible, l'ancien chaudron bleu et rouge. Cette démarche choqua d'ailleurs l'avocat de la famille de la victime, maitre Paul Le Fèvre, qui avait d'ailleurs regretté ouvertement ce timing indélicat, voire contre-productif selon lui : "La concomitance entre ce sujet, qu'on remet sur la table, et le procès est très malheureuse. On aurait pu attendre six mois pour s'interroger sur la réintégration des ultras. Ça pourrait être très intéressant pour tous ces gens qui réfléchissent à leur réintégration au Parc d'attendre le fruit de ce procès pour avoir un regard un

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