Y.Diniz : " J'ai retrouvé mon grain de folie "

le
0
Y.Diniz : " J'ai retrouvé mon grain de folie "
Y.Diniz : " J'ai retrouvé mon grain de folie "
Après quatre saisons difficiles, Yohann Diniz a renoué avec le succès. Le marcheur français décroche son 3eme titre européen sur 50km et s'offre, consécration suprême, le record du monde de la spécialité.

Yohann Diniz, pouvez-vous nous raconter cette course totalement folle ?
Je suis parti prudemment, avec tout le monde, avant de rejoindre les Russes. A ce moment-là, je me suis demandé si je ne faisais pas une erreur car j'étais en train de reproduire le même schéma qu'à Moscou. Mais je me sentais vraiment bien techniquement, très fluide, très à l'aise. Ensuite, j'ai vu que les Russes ne marchaient de façon très régulière donc j'ai préféré me laisser un peu décrocher, travailler à un rythme qui était à peu près de 4.20 au kilomètre. Mais je savais que j'en avais largement sous le pied, que je pouvais aller beaucoup plus vite que cela.

C'était un schéma de course que vous aviez envisagé, travaillé ?
J'avais travaillé toutes les allures, du 5 au 50 km. A ce stade de la course, quand je regardais les chronos, je me disais : «  ce n'est pas possible, on est train de tourner comme des avions ! » C'était de la folie avec Ryzhov. Du coup, je le laissais repasser mais je savais, chaque fois, que j'étais capable de revenir devant, je ne m'inquiétais vraiment pas. Je savais que lui serait peut-être un peu plus dans le dur, il est aussi un peu plus jeune donc je savais que j'avais peut-être un peu plus d'expérience en ce qui concerne la dernière heure de course. Et cette dernière heure de course, elle a été pour moi. J'ai fini à peu près à 15km/heure.

« Une lutte d'homme à homme »

Vous battez le record du monde... 3h32'33'' avec un arrêt pour prendre un drapeau du Portugal...
Oui 3h32 en m'arrêtant 15 secondes au stand des Portugais pour prendre le drapeau du Portugal... A un moment, je me suis demandé si ça allait craquer ou pas. Par rapport à Barcelone où je savais que j'avais course gagnée au 40eme km, là, je savais également que j'avais course gagnée mais je me suis dit : « surtout, ne te déconcentre pas. » Là-bas, je m'étais dit que j'étais certain d'être champion d'Europe mais aujourd'hui je ne voulais rien lâcher, je ne voulais pas me déconcentrer ce qui signifiait continuer à attaquer jusqu'au dernier moment.

Vous vous attendiez à un tel chrono ? Vous saviez depuis le début de la course que vous étiez parti sur des bases si élevées ?
Quand j'ai vu 2h51 au 40eme, je me suis dit : « wahou, là, ça vite. » Et puis après, je me suis dit que si je continuais sur ce rythme, le record du monde allait voler en éclat. Quelques médisant disaient que mon record sur piste n'était qu'un petit record (ndlr : Yohann Diniz est recordman du monde du 50 000m sur piste), maintenant, j'ai aussi un gros record sur route. Un record que j'ai établi non seulement pas n'importe où mais  surtout, au terme d'une lutte d'homme à homme. Ça me rappelle Barcelone. A Barcelone, j'ai fait mal au cerveau à mes adversaires et là, je pense que ça a été un peu pareil. Le 50km marche, ce n'est pas une science exacte. Moi, j'ai vécu 4 ans de trou, un gros trou d'air. Cette année, j'ai réussi à retrouver mon grain de folie. Mais pour cela, il fallait re-travailler toutes ces allures et marcher à la Yohann Diniz à savoir, de façon totalement imprévisible, être capable de répondre à n'importe quel schéma de course.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant