Y croire ou pas, dilemme berlinois

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Dans « Hele sa Hiwagang Hapis », de Lav Diaz.
Dans « Hele sa Hiwagang Hapis », de Lav Diaz.

Le Festival du film de Berlin a pris la mesure des angoisses métaphysiques qui torturent les cinéastes du monde entier.

On avait commencé, le 11 février, cette 66e Berlinale par les pirouettes étourdissantes de frères Joel et Ethan Coen, qui ont rebondi sur le thème de la croyance comme des funambules sur leur fil. Alors que le jury, dirigé par Meryl Streep, s’apprête à remettre l’Ours d’or et les autres récompenses du palmarès dans la soirée de ce samedi 20 février, les festivaliers, modernes saints Thomas, n’ont pas besoin de croire pour le voir : la foi – sa nécessité, son impossibilité, son évidence ou son mystère – s’est répandue dans le cinéma mondial cette année, comme l’angoisse apocalyptique dans les temps qui avaient suivi le 11 septembre 2001. Des Philippines révolutionnaires de Lav Diaz à la Pologne funèbre de Tomasz Wasilewski, en passant par l’Argentine en crise de Daniel Burman, la caméra veut capturer l’ineffable.

Hele sa Hiwagang Hapis (ce qui, traduit du tagal, langue nationale des Philippines, donne « berceuse pour le mystère de la douleur ») dominait de sa masse les films en compétition. En huit heures d’images au format 4:3, en noir et blanc, Lav Diaz passe de la geste nationale enluminée à la déambulation méditative dans la jungle. Située au moment du soulèvement de l’archipel contre la domination espagnole, à la fin du XIXe siècle, cette « Berceuse » trace méticuleusement (l’un des avantages d’une durée hors du commun) le cheminement d’une poignée de personnages confrontés aux premières défaites du mouvement révolutionnaire.

Acuité du propos politique Il faudrait u...

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