Y aura-t-il du foie gras au menu de Noël ?

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Le produit, star du réveillon, est touché par la crise de la grippe aviaire qui secoue la Dordogne. Sa consommation est pourtant sans danger, rappellent les producteurs.

À quelques jours du réveillon de Noël, les producteurs de foie gras sont inquiets. Leur produit sera-t-il bien inscrit au menu des repas de fête? Le doute plane, notamment en Dordogne. C'est en effet dans ce département que plusieurs cas de grippe aviaire ont été détectés dans des élevages de volaille, conduisant les autorités à abattre quelque 14.000 canards et 1000 oies. Or l'Aquitaine -où se trouve le département de la Dordogne- est l'une des principales zones de production de foie gras de l'Hexagone. Avec le Limousin, l'Auvergne et Midi-Pyrénées, la région fournit 72% de la production nationale, selon le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), essentiellment du foie gras de canard.

Sur place, les producteurs sont directement touchés par les mesures sanitaires drastiques imposées par le gouvernement depuis la découverte d'une souche du virus H5N1 «hautement pathogène» pour les volailles. Aucun oiseau vivant ne peut sortir du département. Des mesures de confinement, de désinfection et de protection ont été imposées à 70 exploitations agricoles situées dans des zones de 10 kilomètres autour des trois foyers infectés. De quoi restreindre l'activité des producteurs locaux qui pour certains réalisent jusqu'à 40% de leur chiffre d'affaires durant la période des fêtes. «Au niveau de l'élevage, c'est la catastrophe. C'est la dernière filière qui nous permettait de vivre et elle est mise en danger», s'inquiétait Yannick Frances, le vice-président de la chambre d'agriculture du département, au micro d'Europe 1 ce week-end. Produit typique du terroir, le foie gras représente plus de 100.000 emplois directs et indirects, rappelle le Cifog.

Déjà malmenés par les campagnes anti-foie gras des associations de défense des animaux, les producteurs redoutent les retombées en termes d'image pour la filière. Les craintes d'une contamination flottent dans l'esprit des consommateurs bien qu'elles ne soient pas justifiées. La souche d'influenza aviaire trouvée en France n'est en effet pas une souche asiatique transmissible à l'homme, souligne la Fédération des industries avicoles (FIA). Un message répété par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, depuis le début de la crise: «l'influenza aviaire n'est pas transmissible à l'homme par la consommation de viande, oeufs, foie gras, et plus généralement de tout produit alimentaire», explique-t-il.

Ce rappel n'a pas convaincu huit pays, dont le Japon, plus gros importateur de foie gras français. Ces derniers ont décidé de suspendre les importations de volaille et de produits issus de la volaille française. Un coup dur à encaisser pour la filière qui a exporté l'an dernier 2456 tonnes de foie gras cru pour une valeur de 57,4 millions d'euros.

Les regards se tournent désormais vers les consommateurs français qui font actuellement leurs courses pour les fêtes. À priori, pas de psychose en vue. Selon le sondage «Carnet de santé des Français» d'Odoxa réalisé pour Le Figaro Santé, une grande majorité, (58%) ne craint pas une transmission du virus de la grippe aviaire à l'homme. «Pour le moment, la communication visant à apaiser les potentielles anxiétés fonctionne donc. Seule une minorité de Français (24 %) estiment en effet que le gouvernement ne prendra pas assez de précautions», explique Gaël Sliman, président d'Odoxa. Pour 79% d'entre eux, le foie gras reste une star incontournable des tables de fête et 95% affirment «qu'il fait partie du patrimoine gastronomique français», assure le Cifog. L'an dernier, chaque ménage en a consommé environ 635 grammes.

Avec 19.608 tonnes produites pour un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros en 2014, l'Hexagone reste le leader incontestable du foie gras à l'échelle mondiale.

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