Y.Agnel : " Je me sens comme au pied d'une montagne "

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Y.Agnel : " Je me sens comme au pied d'une montagne "
Y.Agnel : " Je me sens comme au pied d'une montagne "
Après 16 mois passés à Baltimore sous les ordres de Bob Bowman, Yannick Agnel a pris la décision de revenir en France, à Mulhouse, pour s'entraîner avec Lionel Horter. Dans un entretien accordé à L'Equipe Magazine, le nageur revient sur son aventure américaine et évalue le chemin qu'il lui faut parcourir avant de redevenir performant.

« L'homme était épanoui, mais le nageur en bavait. » Voilà comment Yannick Agnel a résumé les 16 mois qu'il a passés sous les ordres de Bob Bowman à Baltimore, lors d'un entretien accordé à L'Equipe Magazine. Résultat, des Championnats d'Europe ratés en août dernier à Berlin : « J'ai vécu un truc assez incroyable à Berlin. Dès les cinq premiers mètres de ma première course, j'ai su que j'allais endurer une semaine terrible. Je me sentais sans aucun réservoir d'énergie. » Du coup, le nageur français a décidé de revenir s'entraîner en France, à Mulhouse avec Lionel Horter. « Ça me fait plaisir d'être revenu en France. C'était le choix le plus sensé », estime-t-il.

Yannick Agnel, qui assure avoir suivi la méthode de Bob Bowman à la lettre, confie n'avoir « jamais connu une telle intensité de travail » : « Je faisais des siestes tout le temps, plus que d'habitude, je courais après le sommeil. Ce n'était pas la bonne fatigue du gars qui a bien travaillé. A 21h30, maximum 22 heures, j'étais au lit, pour me réveiller à 6 heures-7 heures du matin. J'avais l'impression de ne plus avoir d'énergie à dépenser. Si j'avais débuté sous les ordres de Bob à 12 ans, j'aurais encaissé cette charge de travail, mais en débarquant à Baltimore à 21 ans, je n'avais pas l'acquis athlétique. »

« Rempiler, c'était risquer de sacrifier les Jeux de Rio »

« Bob et moi sommes parvenus à une conclusion : notre relation humaine est excellente, mais ça ne marchait pas sur le plant sportif, explique le double médaillé d'or aux Jeux Olympiques de Londres. C'était assez parlant au vu de mes courses de l'été et même des semaines précédentes. Si j'ai beaucoup apprécié le mode de vie et l'état d'esprit à l'américaine, j'avais choisi Baltimore pour l'aspect sportif. Or, après des mois d'entraînement hyper intenses, j'ai fini à la ramasse. Je ne pouvais pas m'aventurer à rester un an de plus. Rempiler, c'était risquer de sacrifier les Jeux de Rio. (...) J'étais très épanoui dans mon mode de vie. Le groupe de nageurs à Baltimore est génial, dans la piscine je me donnais à fond. Le problème, c'est que je me suis pris un parpaing dans la tronche au moment de valider mon travail en compétition. »

Désormais, Agnel va se remettre au travail afin de retrouver la forme en vue des prochains Jeux Olympiques. « Ça va prendre du temps, souffle-t-il. Il faut prendre les bonnes décisions, rechercher à tâtons dans certaines directions. Je me sens un peu comme au pied d'une montagne, mais ça ne me fout pas la trouille. Sinon, j'aurais tout arrêté. J'ai pris mon bâton et mon sac pour me poser à Mulhouse. Certes, le nouveau chemin est escarpé, mais je suis convaincu que je vais y arriver. On va voir où tout ça va me mener, mais j'ai confiance en Lionel (Horter) et en mes capacités. Je ne vais pas tout gagner dès demain matin, mais il y a les Championnats du monde (à Kazan, en juillet 2015) et, bien sûr, les JO de Rio. Si je ne me sentais pas capable d'y viser une médaille d'or, je ne serais pas reparti. » S'il y a bien une chose que Yannick Agnel n'a pas perdue lors de son séjour aux Etats-Unis, c'est sa soif de victoire.

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