Y.Agnel : " Il fallait trouver une solution qui marche "

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Y.Agnel : " Il fallait trouver une solution qui marche "
Y.Agnel : " Il fallait trouver une solution qui marche "
Yannick Agnel a refermé la parenthèse américaine. Frustré par une méthode qui, au final, ne lui convenait pas, le champion olympique du 200m nage libre quitte Bob Bowman pour travailler sous la houlette de Lionel Horter. Le néo-mulhousien, heureux de ces quelques mois passés à Baltimore, n'a désormais qu'une envie : retrouver son niveau.

Yannick Agnel. Vous avez décidé de ne plus vous entraîner aux Etats-Unis avec Bob Bowman. La méthode américaine ne vous convenait plus ?
Quand je dis que cette méthode ne me convenait plus, ce n'est pas un caprice. Cette méthode ne convenait plus à mon corps, à ma tête. Moi, j'étais très bien aux Etats-Unis, je vivais une super aventure mais il est vrai que sur l'aspect purement sportif, sur l'aspect purement technique, ce n'était pas la joie. Comme j'étais aux Etats-Unis pour ces raisons-là, autant prendre les décisions, être pragmatique : on est à 18 mois des Jeux et il faut que je trouve une solution qui marche cette fois-ci.

Qu'est-ce qui ne vous plaisait plus dans cette méthode ?
Tout. J'étais fatigué en permanence, ma technique était de moins en moins bonne et c'est ce qui faisait ma force, donc c'est difficile.

Vous en étiez conscient lorsque vous étiez là-bas ?
Un petit peu oui mais je pensais que c'était surtout par rapport à la fatigue même si, au final, ça revient au même. J'ai fait plusieurs préparations, on a essayé de prendre d'autres chemins, de prendre d'autres décisions pour, toujours, le même résultat. Au lieu de tendre le bâton pour me faire battre encore pendant une saison, je pense qu'il vaut mieux prendre la décision à ce moment-là et, en plus, la décision est toute trouvée et je suis vraiment content de pouvoir revenir en France et d'être plus proche de ma famille, de mes amis... et de pouvoir m'entraîner avec Lionel Horter qui est une personne en qui j'ai confiance, quelqu'un que je connais depuis des années et qui est un super entraîneur.

« Bob Bowman est quelqu'un de rare »

Quand avez-vous pris cette décision ?
Il y a deux-trois jours. Avant, j'ai essayé de chercher la solution sur Baltimore, on a beaucoup discuté de ce qu'il était possible de faire, j'ai aussi cherché d'autres pistes en me disant « pourquoi pas ».

C'est à ce moment-là que vous contactez Lionel Horter ?
Oui. On a discuté ensemble et on a vu ce que l'on pouvait faire.

Qu'avez-vous gagné de cette expérience américaine ? Qu'avez-vous perdu ?
Perdu ? Rien en fait si ce n'est quelques titres de champion d'Europe et encore, pour moi, ce n'était pas le plus important. Pour moi, le plus important c'est tout ce que j'ai gagné là-bas, c'est à dire une aventure humaine, j'ai rencontré des gens géniaux, Bob Bowman est quelqu'un de rare, une personne comme on en rencontre rarement dans sa vie. Je ressors bilingue de cette aventure, et il y a plein de choses que je ramène dans mes valises comme, par exemple, l'état d'esprit américain, la manière qu'on les Américains de voir le sport, une façon de faire qui me comble vraiment.

Vous n'avez pas perdu votre confiance en vous ?
Non, absolument pas. Ça, pour l'ébranler, il faut y aller quand même (rires). Si, aujourd'hui, je suis si rapide à reprendre un nouveau chemin, c'est que j'ai confiance en ma capacité à performer de nouveau rapidement sinon, je ne le ferai pas.

« Je suis très mauvais joueur »

Quelle structure vous attend à Mulhouse ?
Celles du Mulhouse Olympique Natation. Je pense que, aujourd'hui, c'est l'une des meilleures structures d'accueil en France pour de la natation de haut niveau.

Aviez-vous d'autres pistes ?
Oui, forcément. En France ou ailleurs mais il y a une piste qui s'est dégagée et qui a vraiment été la meilleure option possible à ce moment-là.

Lionel Horter devrait vous entraîner. Il y a eu beaucoup de bruit autour de lui ces derniers jours. Concrètement, ce sera lui votre entraîneur ?
Concrètement, il sera mon entraîneur. Il a démissionné mais ce n'est pas de mon fait même si, pour moi, c'est un hasard heureux car ça va permettre d'arranger les choses un peu plus rapidement.

Est-ce que l'on peut dire que vous avez toujours le niveau pour être champion olympique ?
Là, en ce moment, le niveau, je ne l'ai pas. Il faut que je me repose, que je me ré-entraîne pour l'acquérir à nouveau. Après, est-ce que je peux de nouveau l'avoir, la réponse est oui sinon j'arrêterais tout de suite. Je suis quelqu'un de très très idiot c'est-à-dire que je suis très mauvais joueur alors, quand on a atteint un très haut niveau et qu'on est champion olympique, si on rejoue pour être 4eme, 10eme ou même pas se qualifier, à mon âge et dans les conditions dans lesquelles je suis, ce n'est même pas la peine de re-jouer.

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