XV de France : Un vaste chantier s'annonce

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L'équipe de France a terminé le Tournoi des VI Nations à la 5eme place. Un classement loin d'être satisfaisant dû à de nombreux manques différents selon les adversaires et qui ont plombé les cinq rencontres des Bleus. Revue du carnet de corrections.

« On sent qu'il y a une marge de progression chez nous. Mais un coup ce sont les rucks, un coup les mêlées, un coup les ballons en l'air, un coup la touche... ». Guy Novès a parfaitement résumé les maux de l’équipe de France dans ce Tournoi des VI Nations. Les Bleus n’ont pas su être constants sur 80 minutes et ont eu un secteur de jeu défaillant à chaque match. Un manque de repères pour une équipe profondément remaniée au sortir d’une Coupe du Monde qui a laissé des traces sur les survivants. Car les joueurs du XV de France sont passés à autre chose depuis la prise en main du staff de Guy Novès. 

Un plan de jeu tout neuf, à l’opposé du précédent, qu’il a fallu ingurgiter rapidement. Si on ajoute à cela la coupure avec le Top 14, sans parler des doublons, les Bleus n’ont pas été dans les meilleures conditions lors de ce Tournoi. « On a repris un projet à zéro il y a six semaines, constate Yannick Bru. On voit offensivement des choses abouties. On l’a vu par bribes en Ecosse malgré beaucoup de déchet. On l’a vu de manière plus consistante contre l’Angleterre même si il y a toujours des manques dans certains secteurs. Le niveau international, c’est d’essayer d’atteindre la perfection dans tous les secteurs, chose qu’on n’arrive pas encore à réaliser ». Le haut niveau, certains joueurs l’ont découvert lors du Tournoi. Jefferson Poirot, Yacouba Camara ou encore Camille Chat ont pu mesurer l’écart entre le Top 14 et le niveau international.

Un jeu au pied très peu utilisé et une attaque inefficace

Si le XV de France a eu des difficultés lors de ses cinq rencontres, il aurait pu connaître meilleure facture. Les Bleus ont à plusieurs reprises cassé les défenses adverses, une réelle satisfaction, mais n’ont pas su concrétiser en marquant des essais. L’équipe de France n’est pas tueuse ni pragmatique comme l’Angleterre. Elle manque de réalisme au moment de passer la ligne d’en-but adverse. Les Bleus ont d’ailleurs la plus mauvaise attaque du Tournoi des VI Nations avec sept petits essais, loin derrière les 17 inscrits par le pays de Galles. Ce qui ne colle pas avec la philosophie et le jeu offensif aperçu lors de cette édition 2016. 

Les joueurs de Guy Novès ont aussi connu des problèmes sur les ballons hauts, ce que reconnaît le sélectionneur : « Au pays de Galles, on a été dominé en l'air, au pied ». Dans ces domaines, les Français ont aussi eu des difficultés face à l’Angleterre et l’Irlande. A cela s’ajoute un jeu au pied d’occupation rarement utilisé pour occuper le camp adverse. Dans ce secteur, les deux ouvreurs français n’ont pas brillé. Le jeu au pied aurait pu aussi être utilisé pour sortir de la pression adverse comme lors du match face à l’Angleterre. Comme Guilhem Guirado l'a expliqué à l’issue de la défaite face au XV de la Rose : « Les choses les plus difficiles, on arrive à les faire tandis que les choses les plus simples, comme sortir de notre camp, on n’arrive pas à le faire ».

Se reconcentrer sur les fondamentaux

On dit souvent qu’un match de rugby se gagne devant. Yannick Bru, l’entraîneur des avants de l’équipe de France, le sait et aura remarqué les défaillances de ses joueurs en conquête lors de ce Tournoi. Les Tricolores ont eu des difficultés en mêlée contre l’Ecosse et le pays de Galles. Les huit de devant n’ont pas été souverains face à l’Italie mais se sont montés à leur avantage contre l’Irlande et dans une moindre mesure contre l’Angleterre. « On a été persévérant contre l'Irlande, avec une mêlée qui nous a permis de vaincre à la fin. C'était encourageant et sympa », souligne Guy Novès. 

Jusqu’au Crunch, la touche a été une rampe de lancement efficace. Mais face à Itoje et Kruis, les Français ont perdu quatre ballons sur treize. Un nombre trop élevé face à un adversaire de ce calibre. Ce qui pose la question du choix du sauteur. Car si Yoann Maestri, meilleur preneur de ballons en touche, ne saute pas, il y a peu d’alternatives rassurantes. Damien Chouly, qui n’est pas un sauteur naturel, est l’une des autres options. 

Mais les Anglais ont su lire les options françaises et le manque de choix des Bleus dans ce secteur. « Les Anglais ont une très bonne conquête, remarque Maxime Mermoz. « Et puis ils ont trouvé une régularité. Nous, il faut en trouver un peu plus. Ils s’exposent un peu moins et reviennent un peu plus sur les bases. Ce qu’il faut, c’est faire des choses simples et bien les maitriser ». Les fondamentaux au rugby sont restés les mêmes depuis la création de ce jeu : conquête, défense et occupation. Pour Guy Novès, il faudra peut-être réduire la voilure : « Encore une fois, il faut travailler le plan de jeu, la reconquête sur les coups de pied, la mêlée, la touche... ».

Jordi Demory

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