XV de France : PSA pas plus avancé

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XV de France : PSA pas plus avancé
XV de France : PSA pas plus avancé

Défait à Twickenham (19-14), à un match de la liste définitive de Philippe Saint-André pour la Coupe du monde, le XV de France a d'abord paru si loin, puis si près du niveau des Anglais. Après ce premier test-match, le physique et les avants ont rassuré, tandis que l'animation offensive et les ailiers beaucoup moins. Distribution des bons et mauvais points.

Au moment de rentrer au vestiaire, des sentiments contradictoires devaient traverser l’esprit déjà torturé de Philippe Saint-André. Le sélectionneur des Bleus a eu beau rabâcher que le haut niveau se jouaient sur les détails, c’est bien sur de petites choses que le XV de France a pêché samedi soir. Pourtant, les dix premières minutes auraient pu le rassurer. Entreprenants, les Bleus asphyxiaient un XV de la Rose remanié et sous pression. Oui mais voilà, le XV de France version Saint-André souffre toujours de certains maux incurables, même en cinq semaines de préparation. Encore une fois, il fallait avoir l’œil fin pour déceler une once d’inspiration dans un jeu tricolore biaisé entre les trop nombreux déchets dans les passes, les remises en jeu, le manque d’inventivité et de réalisme du camp tricolore.

Inspiration et ailiers aux abonnés absents

A la peine, les ailiers n’auront pas fait grimper leur patronyme dans cette fameuse liste des 31. Brice Dulin aurait pourtant pu se lancer idéalement en convertissant la première occasion de ce 100ème Crunch, après seulement 120 secondes de jeu. Mais derrière, le Racingman était aux premières loges pour voir Watson lui apprendre le sens du mot « réalisme ». Vexé de s’être fait cadrer aussi naïvement par son homologue anglais, l’arrière de formation s’est ensuite montré volontaire, mais le poste ne lui sied guère. Son camarade Florian Guitoune, en perdition totale, n’a pour autant pas été plus inspiré : transparent en attaque, il n’a pas compensé, en travailleur de l’ombre, comme Brice Dulin (2 plaquages réussis sur 9). C’est lui, aussi, qui se fait prendre dans le dos sur la passe au pied de Farrell pour May sur le troisième essai britannique. Et c’est encore lui qui commet un en avant à dix mètres de sa ligne d’en-but à un quart d’heure de la fin.

Parra, Picamoles et Debaty en piliers

Dans son rôle de centre explosif et surpuissant, Louis Picamoles a été l’homme du match côté français. Impact player de niveau international, il a même fait preuve de progrès techniques en étant très propre dans la transmission. C’est aussi lui qui a piqué ses coéquipiers au vif en allant se frotter à Slade. Autre point positif pour Philippe Saint-André, la prestation solide de Vincent Debaty. Percutant, le pilier a été impressionnant dans l’impact en cassant les lignes anglaises. En général, c’est toute la ligne d’avants qui a convaincu, notamment en mêlée, peut-être l’unique secteur où les Français ont véritablement dominé et obtenu de nombreuses pénalités pour recoller. Et permis à Morgan Parra de s’illustrer au pied. A la recherche d’un buteur depuis plus de trois ans, PSA aura sans doute apprécié le 100% de son ouvreur au pied. Le sélectionneur des Bleus avait prévenu, le Clermontois est en forme et valide quasiment son billet pour un deuxième voyage de l’autre côté de la Manche.

Reste encore du boulot

Ceux dont le nom est encore en balance ont quant à eux connu des fortunes diverses. Alexandre Dumoulin, très solide défensivement n’a pour autant pas apporté autant qu’espéré. Son concurrent direct, Rémi Lamerat, n’a pas été plus convaincant. Dans le duel des troisièmes lignes, Nyanga et Ouedraogo ont livré une prestation solide mais pas flamboyante. Même si ce dernier a inscrit le seul essai français en sortie de ruck. Le Montpelliérain a, par ailleurs, parfaitement rempli son rôle défensif finissant même meilleur plaqueur français (12). « Il y en a qui ont gagné des points, d'autres qui en ont perdu » a conclu, laconique, Philippe Saint-André. À un match de la liste définitive, et comme depuis trois ans et demi, on n’est pas plus avancé.


Par Maxime Habert

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