XV de France / P.Saint-André : " Il faut aussi savoir imposer notre jeu "

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XV de France / P.Saint-André : " Il faut aussi savoir imposer notre jeu "
XV de France / P.Saint-André : " Il faut aussi savoir imposer notre jeu "

Pour ce qui peut être son dernier match à la tête du XV de France, Philippe Saint-André a procédé à trois changements dans l'équipe qui va débuter face aux Blacks samedi en quarts de finale de la Coupe du monde. Le sélectionneur des Bleus s'explique et livre ses impressions à deux jours du choc.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A CARDIFF,

Philippe Saint-André, pouvez-vous expliquer les changements apportés à votre XV de départ ?
On a fait quelques ajustements par rapport au dernier match. A partir du moment où Morgan (Parra) commence, Sébastien sait qu'il ne peut pas être remplaçant car on a besoin d'un buteur en fin de match. Rory (Kockott) s'entraîne depuis le 5 juillet comme tout le monde. Il a obtenu très peu de temps de jeu mais à chaque fois qu'il est rentré il a amené son punch, sa vivacité et ses capacités de match winner. Ce sont des décisions à prendre dans la vie d'un groupe donc Morgan commence et Rory rentre dans le groupe. On n'était pas contents non plus de notre banc qui n'a pas amené la plus-value qu'on espérait contre l'Irlande. Il y a donc des changements : Dimitri (Szarzewski) revient, Nyanga et Kockott rentrent.

Pourquoi Morgan Parra en n°9 ?
On le connait, c'est un gros, gros compétiteur. Il fait depuis le début une belle Coupe du monde. Il a été titulaire contre la Roumanie et plus utilisé comme joueur sur les fins de matchs. Là, j'ai décidé de le faire commencer. On connait aussi le leadership qu'il est capable d'avoir avec les avants. On n'a pas su conserver le ballon face à l'Irlande même si on a été dans la partie 60-70 minutes. On a été beaucoup trop attentistes. On sait que la Nouvelle-Zélande, si on les regarde jouer ça va être compliqué. Il va falloir prendre notre destin et pour cela il va falloir tenir le ballon.

Vous êtes-vous trompé avec Tillous-Borde ?
Non, non. Tous les matchs sont différents. Sincèrement, Sébastien (Tillous-Borde) n'a pas fait un mauvais match. ll n'a pas été aidé par le fait qu'on a eu un mal fou dans la présentation du ballon. Les porteurs de ballon ont eu du mal à trouver de l'espace, à avancer, à libérer. Après, vous jugerez comme vous voudrez. On a trois demis de mêlée dans le groupe. Voilà, on a pris des décisions, par rapport au dernier match mais aussi par rapport à celui-là qui est très important et primordial. C'est un quart de finale, on est encore là, on est encore en vie.

Comment va Michalak ?
Il est à 100% de ses moyens. Contre l'Irlande, il a beaucoup défendu, il a pris des coups. On l'avait sorti très rapidement parce qu'il avait du mal à se remettre en position. Si je sortait Michalak, je devais sortir aussi Tillous-Borde car j'avais besoin d'un buteur sur le terrain. Là, face aux Blacks, on a deux demis de mêlée capables de buter en plus de Fred (Michalak) et Scott Spedding.

Qu'attendez-vous de Parra, Le Roux et Dumoulin ?
Bernard (Le Roux), j'attends de lui qu'il avance à l'impact, qu'il soit le premier joueur pour pouvoir nettoyer rapidement et qu'il soit très fort dans les zone de rucks pour qu'on puisse conserver le ballon, ce qui n'a pas été le cas la semaine dernière. Morgan (Parra) on connait sa capacité à être un leader, surtout sur les avants, et sa faculté à coller au ballon. Alexandre Dumoulin a des grosses capacités à faire vivre le ballon, il se déplace bien et défend très bien. Sur le banc, Mathieu (Bastareaud) est capable d'être un très bon impact player sur une fin de match.

« Comme un 10 000 mètres avec un mec qui fait les Jeux Olympiques »

Sentez-vous une rébellion en train de se mettre en place dans l'équipe ?
Sincèrement, s'il n'y a pas une rébellion sur ce match-là, faut changer de sport. On est encore en vie, on est déçu de notre performance de la semaine dernière face à l'Irlande mais c'est un quart de finale. On connait les favoris, par contre on croit en nous, on croit en ce qu'on fait, les joueurs sont déterminés. Comme lors de toutes les grandes performances face à la Nouvelle-Zélande, il va falloir aller plus loin. Il va falloir être pratiquement dans un état second. Il nous reste quelque temps pour trouver ce surplus d'état d'âme, de générosité, de folie, de malice et d'intelligence pour faire perdre confiance aux Néo-Zélandais.

Quel est l'avantage de la prise d'autonomie des joueurs ?
Les joueurs font partie prenante du projet de jeu, ils adhèrent. Le seul problème, c'est que dimanche on a été trop attentistes quand on a eu le ballon. On ne peut pas dans un match de très haute intensité être en défense 70% du temps. Même si on a été disciplinés, même si on a eu du cœur, on a craqué à la 70eme minute parce qu'on ne peut pas être en permanence sur la défensive. Il faut aussi savoir imposer notre jeu. On avait su le faire lors des cinq dernières victoires. On a de nouveau une chance de démontrer que les joueurs sont capables de faire une grande performance.

Y'a-t-il eu débat pour les postes d'ailiers ?
Grosso a énormément de qualités, sûr qu'il sera dans les prochaines équipes du XV de France. Il n'a pas fait la préparation comme les autres joueurs et on s'aperçoit, même s'il est en pleine forme, qu'il peut être en difficulté après 60 minutes. Nakaitaci n'a pas fait un mauvais match contre l'Irlande. Il a très bien défendu mais a eu très peu le ballon. C'est a l'équipe de plus lui donner des ballons. Après il est capable d'un exploit sur un ballon, de faire vivre le ballon et de créer des incertitudes chez l'adversaire. Dulin, pareil, il n'a pas touché beaucoup de ballons.

Que pensez-vous de ceux qui disent que Fofana et Nakaitaci n'apportent pas autant qu'en club ?
Entre un match de club et le match contre l'Irlande dimanche à Cardiff devant 60 000 spectateurs... Wesley et Noa sont frustrés de leurs performances et de la eprformance collective, comme tous les joueurs. Comme je l'ai déjà dit, il va falloir prendre plus d'initiatives individuelles. Dans le rugby international, il faut arriver à trouver des espaces, à entrer, à conserver le ballon et à imposer des temps de jeu. C'est ce qu'on n'a pas assez su faire contre l'Irlande. Par expérience, entre un bon match de Top 14 et un match international comme contre l'Irlande, c'est comme faire un footing puis un 10 000 mètres avec un mec qui fait les Jeux Olympiques.

C'est peut-être votre dernier match avec l'équipe de France...
(sourire) Sincèrement, ce qui me traverse l'esprit, c'est uniquement le match de samedi. On bosse, on s'entraîne toute une vie pour vivre des moments comme ça, des moments exceptionnels, tant au niveau émotionnel que de la dynamique de groupe. On a besoin de se resserrer de trouver une énergie incroyable pour combattre et faire un grand match de rugby.

Qui seront les patrons de la touche et le buteur ?
Chouly remplaçant, c'est Pascal Papé qui annoncera les touches offensives et Maestri qui s'occupera des contres en touche. Au niveau des buteurs, on n'a pas encore décidé mais normalement ce sera Frédéric Michalak près des lignes. Les buteurs vont aller à Cardiff demain (vendredi) prendre les derniers repères donc on verra comment on va faire pour la zone à 40-50 mètres des poteaux en sachant qu'après 50 mètres, ce sera Spedding.

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