XV de France / Guy Novès : " Créer de l'espoir "

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Après avoir présenté la première composition du XV de France de son mandat, Guy Novès est revenu jeudi sur l'intégration des jeunes joueurs dans son équipe. Le sélectionneur a également évoqué le cas spécial de Viri Vakatawa, passé du VII au rugby à XV.

Guy Novès, c’était important pour vous de lancer ces quatre jeunes dans le XV de départ, de partir sur une vague de fraîcheur et de leur donner du temps de jeu ?
Ce qui est important, c’est de créer de l’espoir, de partir sur des bases nouvelles. C’est une façon d’évacuer tout ce qui s’est passé, de positif ou négatif, de créer une atmosphère propre à un début de Tournoi, une nouvelle aventure, un cycle nouveau. Quand on parle de ce nouveau cycle, il faut avoir des joueurs nouveaux. On a essayé, avec Yannick (Bru) et Jeff (Dubois), de s’entourer des plus jeunes et de ceux qui représentaient l’avenir. Pour nous, ce n’est pas en soi important de voir des jeunes, mais il faut que l’ensemble des 31-35 joueurs appelés sentent que l’avenir leur appartient sur les quatre années qui arrivent.

Notamment cette charnière d’avenir, Bézy-Plisson…
Il y a effectivement une charnière d’avenir. Il y a aussi après Seb (Bézy) et Jules (Plisson) Morgan Parra de Clermont qui a été dans les différents stages. Il y a aussi Jean-Marc Doussain qui a montré des qualités énormes avec le Stade Toulousain, François Trinh-Duc, qui est en train de revenir à son meilleur niveau. On espère que l’avenir de l’équipe de France passera par ces joueurs-là.

Ces deux joueurs sont-ils complémentaires ? Ils se connaissent bien après avoir évolué ensemble chez les jeunes. Vont-ils retrouver leurs repères rapidement ?
Est-ce qu’ils se connaissent bien ? Il faut leur poser la question. Ils ont évolué avec les jeunes, très peu. Ils jouent chacun dans un club différent, mais avec des notions identiques. Ce sont des joueurs qui ont des notions identiques, des repères communs. On espère qu’on retrouvera une forme d’unité, de complémentarité.

Un des problèmes principaux de Philippe Saint-André sur le dernier mandat était de ne pas arriver à avoir les mêmes joueurs. Après plusieurs forfaits, cela vous préoccupe-t-il, en plus d’un calendrier surchargé ?
Honnêtement, non. Je savais que, à partir du moment où j’avais été choisi par les personnes qui m’ont permis de vivre ce mandat, je rencontrerais ce genre de problématique. On sait tous que d’un week-end à l’autre, on compte sur un joueur et on peut ne pas l’avoir. En sélection, on sait tous que certains joueurs ont joué samedi dernier, dimanche soir et qu’il pouvait y avoir des forfaits. On était préparé à cela. Ça ne sert à rien d’en parler. On ne va pas se plaindre sur les joueurs que l’on n’a pas. On est désolé pour eux. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Wesley Fofana a été forfait au dernier moment, on a donc appelé Teddy Thomas. C’est montrer aussi à ceux qui ne sont pas vraiment dans les 31 qu’ils sont aussi dans l’aventure et que l’on compte sur eux ; et qu’à chaque fois qu’ils reviendront à leur meilleur niveau, ils auront l’occasion d’exprimer leur potentiel.

On a lu dans le journal L’Equipe que l’histoire des candidatures pour le poste de sélectionneur, c’était un peu comme de la poudre aux yeux et que vous étiez le premier choix de Pierre Camou. Ça fait quoi d’être « l’élu » de Pierre Camou ? Ça donne plus de crédit ou de responsabilités ?
Vous l’avez lu dans L’Equipe mais me l’avez-vous entendu dire de ma part ou par l’élu en question ? C’est de la responsabilité du journal L’Equipe si je peux me permettre. Je n’ai pas à répondre à ce genre de question qui me paraît farfelue. C’est de la responsabilité des gens qui ont écrit ce papier. En ce qui me concerne, on ne m’a pas présenté les choses comme ça. J’ai présenté un dossier, les choses étaient bien claires. J’ai attendu un certain nombre de jours, de semaines, pour apprendre la nouvelle, une fois que l’ensemble des dossiers avait été consulté. Je l’ai vécu comme ça.

« Je ne serai pas tolérant sur le comportement et l’investissement »

Vous n’aviez aucune certitude en envoyant votre dossier ?
Non pas du tout. J’ai lu aussi que le train n’était pas passé deux fois. Effectivement, la première fois on me l’a demandé en direct, puis la seconde, dans la mesure où cela m’a été proposé, on m’a dit « si vous pouvez vous présenter, vous pouvez être élu », j’ai eu la possibilité de postuler. C’est ce que j’ai fait, comme d’autres personnes, j’ai eu le plaisir d’être pris. Ceux qui écrivent ce qu’ils veulent, on les laisse face à leurs responsabilités. Mais ça fait vendre du papier, c’est très bien (sourire).

Pour en revenir au match contre l’Italie, c’est le premier de votre mandat, il y a un nouveau capitaine, quatre nouveaux joueurs… Faut-il être clément avec cette équipe de France qui repart à zéro au niveau des automatismes ?
Si on a le temps d’être tolérant, on le fera. Mais c’est le maillot de l’équipe de France dont on parle. Je ne serai pas tolérant sur le comportement et l’investissement. Du moment où les joueurs donnent le meilleur et qu’on a le sentiment à la fin du match qu’ils sont allés au bout du bout, même s’ils ont été battus par plus fort mais qu’ils ont donné le meilleur, je serai très tolérant et on essayera de bâtir. Je ne laisserai pas passer le moindre relâchement. Ce qui m’importe dans ce premier match, c’est de voir leur capacité à démontrer qu’ils ont compris qu’ils étaient élus de la nation. Je vais être sévère sur ça, mais on travaille dessus depuis quelque temps.

On dit que c’est difficile de passer du rugby à VII au rugby à XV. Avec Viri Vakatawa, y’a-t-il eu des tableaux noirs sur le repli défensif par exemple ?
Viri était ici puisqu’il est salarié de la Fédération. On a eu le loisir de le voir les deux lundis puis pendant le stage de trois jours. Je rappelle que c’est un joueur qui a déjà joué à XV aussi malgré tout. S’il fait quelques erreurs, on dira c’est normal il a déjà joué à VII. Moi je dirai qu’il a déjà joué à XV, mais il y a longtemps. Faut-il être indulgent avec lui ? En ce qui me concerne, oui. Est-ce qu’il a des qualités ? C’est certain. Le boulot est-il de lui permettre d’exprimer ses qualités et son potentiel ? C’est mon job. On essaye de l’aider, d’être plus près de lui que d’autres, surtout au niveau du placement, du replacement, tous les jours, dès qu’on est sur le terrain. Si on travaille la défense, Gérald Bastide (ndlr : entraîneur de la défense) est derrière lui si jamais il se trompe. L’aider à s’améliorer en attaque, c’est la même chose. On est attentif, parce qu’il a besoin de nous plus que les autres, momentanément. Petit à petit, il sera de mieux en mieux, si on lui donne la possibilité de jouer avec nous.

Le fait de l’associer à l’arrière à Maxime Médard qui connaît le poste d’ailier est aussi un moyen de le rassurer ?
Que ce soit Maxime, Hugo (Bonneval) ou Viri, la complémentarité et la communication sont capitales. Ce n’est pas Maxime qui va lui dire « place toi là ou ici ». C’est une organisation collective. Maxime va l’aider à se placer par rapport à son propre placement. Les joueurs sont tous dépendants les uns des autres. L’attitude de Maxime, c’est de le rassurer par sa présence. C’est aussi le rôle de Fickou, Danty. Ces joueurs sont imbriqués les uns aux autres et en fonction des situations doivent se placer, se replacer. Il y a un phénomène de tiroir permanent et je pense effectivement que Viri est moins habitué. L’expérience des uns aidera les autres.

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