XV de France : Deux Crunchs, plusieurs combats de coqs

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XV de France : Deux Crunchs, plusieurs combats de coqs
XV de France : Deux Crunchs, plusieurs combats de coqs

Ils se battent, depuis plus d'un mois et sans trop se l'avouer, pour un billet dans l'Eurostar. Les 36 joueurs de la liste élargie de Philippe Saint-André ont eu beau louer l'esprit d'équipe du " Club France ", les deux matchs face aux Anglais (un à Londres, l'autre à Paris) ramènent ces gentlemen à leur première obligation : disputer la Coupe du Monde. Cachée derrière les discours collectivistes, la concurrence est, certes saine, mais aussi féroce.

Dans les rangs du XV, il faut lire entre les lignes. En annonçant, avec trois jours d’avance, sa liste de 25 qui disputera les deux Crunchs - ou plutôt celle des absents - PSA avait, de facto, réservé quelques sièges. Ainsi, Thierry Dusautoir, capitaine indiscutable mais touché au genou, son compère à l’aile Bernard Le Roux et Tillous-Borde pas à 100%, Wesley Fofana ou encore Pascal Papé trop justes, semblent tous avoir malgré tout composté leur billet pour Londres. Reste à choisir les différentes options de voyage. « Pour nous, ce premier match est important, affirmait le sélectionneur quand on lui demandait l’intérêt des deux matchs face aux Anglais. Il l'est aussi pour les joueurs, après une grosse préparation physique, pour se situer par rapport à l'une des meilleures équipes au monde et, en plus, hôte de la Coupe du monde ». Et peut-être aussi pour leurs camarades non titulaires, qui devront tout tenter pour faire leur preuves .

Combats en lignes

Car la bataille entre lignes a les traits d’une guerre de position, chaleureuse car non déclarée. Et si certains postes sont, en théorie, protégés, d’autres, bien plus fournis, seront le théâtre d’âpres combats. A l’arrière, comme au front. Devant, les piliers sont six pour quatre ou cinq places. Slimani, Mas et Atonio sont en ballottage. Des trois piliers droits de formation, tous seront testés samedi, mais un seul sera lourdé. « Je ne suis pas immunisé, insistait Nicolas Mas quand on lui demandait si son expérience était un avantage sur ses comparses. Je ne veux pas qu’on me remercie ou quoi que ce soit, sous prétexte que j’ai de l’expérience. » « Ça ira encore très vite, confiait quant à lui Uini Atonio à L’Equipe, mardi, lorsqu’on comparait le dernier France-Angleterre (défaite 55-35) à celui de samedi. Parce que tout le monde a envie d’être dans les 31. Même si c’est pour dix minutes, ceux qui rentreront seront à 100%. » A gauche, on penche clairement vers un duel Chiocci/Ben Arous pour doubler Vincent Debaty. Dans l’autre duel d’avants, deux profils et carrières en Bleus semblables s’affrontent, avec Fulgence Ouedraogo et Yannick Nyanga qui devraient se disputer le dernier strapontin en troisième ligne. A la recherche d’interchangeabilité et de complémentarité, Philippe Saint-André tranchera entre le Montpelliérain et le néo-Racingman après ces deux Crunchs.

Ça pousse derrière

Mais c’est bien à l’arrière que le staff tricolore coupera le plus. L’ouverture a toujours été, sous l’ère PSA, l’un des plus gros chantiers et, à ce poste, il devrait encore y avoir de la casse. Le sélectionneur des Bleus devra faire un choix cornélien entre François Trinh-Duc et Rémi Tallès, dans le groupe contre les Anglais, et Frédéric Michalak, absent mais dont l’expérience, la polyvalence en demi de mêlée et la complémentarité avec Tillous-Borde ajoutent un peu plus de poids dans la balance. Morgan Parra et Rory Kockott pourraient, eux aussi, entrer en compétition l’un contre l’autre pour compléter la charnière remplaçante. La dernière incertitude de Saint-André se porte enfin sur les centres : Wesley Fofana indéboulonnable, Mathieu Bastareaud et Gael Fickou bien installés dans la hiérarchie, Rémi Lamérat et Alexandre Dumoulin seront deux à concourir pour la dernière place vacante. Après un mois de travail physique intensif, le XV de France va donc à nouveau renifler le gazon cette semaine. Philippe Saint-André couchera ensuite sa liste définitive, le 23 août. Celle de 31 bénis, mais persuasifs, qui disputeront la huitième Coupe du monde de rugby, chez son créateur.

Maxime Habert

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