XV de France : C'est quoi le problème avec le Top 14 ?

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XV de France : C'est quoi le problème avec le Top 14 ?
XV de France : C'est quoi le problème avec le Top 14 ?

Le Championnat français a été remis en cause après la cinglante élimination de la France en Coupe du monde. Pour quelles raisons ?

Graham Henry, ancien sélectionneur de la Nouvelle-Zélande champion du monde en 2011, a été le premier à taper fort sur le Top 14 : « Le rugby français paye le prix de sa compétition ridicule, c’est la même chose que le championnat anglais au foot », a-t-il lâché dans les colonnes du NZ Herald après l’élimination humiliante des Bleus par les Blacks samedi dernier (62-13). La problématique du nombre de joueurs étrangers évoluant dans le championnat français est alors notamment remise en avant.

Halte aux joueurs étrangers en France ?

S’opposent alors deux théories sur le sujet. D’une part, celle défendue par Mourad Boudjellal, président du RC Toulon, affirmant qu’il ne faut pas taper sur les étrangers du Top 14 : « Il y a quelques années, les étrangers étaient souvent une main-d’œuvre d’appoint pour faire le nombre. Aujourd’hui, vu qu’on les a limités, c’est devenu une main-d’œuvre d’élite, parce qu’on ne peut pas en prendre autant qu’on veut. Et comme c’est une main-d’œuvre d’élite, ils sont plus souvent titulaires que les Français. »

Un avis qui n’est pas partagé par Jean-Baptiste Elissalde : « Je pense qu’il faut changer le championnat et surtout mettre des règles très fortes pour faire jouer nos meilleurs jeunes. Il faut plus de Français sur le terrain, commente l’entraîneur des trois-quarts du Stade Toulousain. Alors peut-être pas sur le sport spectacle que représente le Top 14 mais au moins en Pro D2, Fédérale. On doit retrouver des joueurs de rugby français sur le terrain. »

Même son de cloche du côté du président de la FFR, Pierre Camou : « Depuis six ans, on essaye de tout réformer, les tranches d'âge, les formations, commente-t-il. Mais les gamins ne jouent pas ! Or la meilleure des formations c’est le jeu ». A l’heure actuelle, même dans les divisions inférieures du championnat de France, les étrangers sont légion. D’ailleurs, pendant la Coupe du monde par exemple, on a pu découvrir l’international géorgien Lasha Malaguradze. Le demi d’ouverture caucasien évolue en Fédérale 1 à Bagnères-de-Bigorre, soit la troisième division française !

Un Top 14 trop fermé ?

Le Top 14 donne l’image d’une compétition fermée où la défense prend le pas sur l’attaque et où le jeu au pied est surutilisé. Jean-Marc Lhermet, directeur technique de Clermont, conteste : « C’est un débat bizarre, le jeu promulgué plaît à beaucoup de monde, nous explique-t-il. Il y a de plus en plus de téléspectateurs et de personnes dans les stades. Les joueurs se préparent au quotidien et libre à chaque équipe d’instaurer son projet de jeu ».

Alors, le championnat de France, vraiment un championnat qui permet l’épanouissement et la progression de ses joueurs ? « On a un championnat du Top 14 qui est très rude, très rugueux, très long, mais qui n’est pas fait pour développer le meilleur rugby et le rugby qui gagne aujourd’hui. C’est-à-dire le rugby de mouvement, de déplacement », nuance Jean-Baptiste Elissalde.

Des propos appuyés par Rémi Talès lorsqu’on évoque la succession de Philippe Saint-André et l’avenir du XV de France : « On observe que les équipes qui prônent un jeu d’attaque sont celles qui gagnent. Je pense que le nouveau staff va vouloir partir sur plus d’allant offensif ». Un style de jeu qui se fait plutôt rare en Top 14 où, dès l’hiver arrivé, débute la guerre des tranchées.

Alexis KUNZ

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