XV de France - Baptiste Serin : « Le Français est toujours meilleur quand il est outsider »

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XV de France - Baptiste Serin : « Le Français est toujours meilleur quand il est outsider »
XV de France - Baptiste Serin : « Le Français est toujours meilleur quand il est outsider »

En pleine préparation avec l'équipe de France avant d'affronter les Samoa le 12 novembre, l'Australie le 19 et la Nouvelle-Zélande le…, Baptiste Serin est revenu ce mardi en conférence de presse sur la préparation de ces matchs et sur son adaptation personnelle au sein de la sélection.

Baptiste Serin, dans quel état d’esprit abordez-vous cette tournée ? Est-ce que l’équipe de France a vraiment des certitudes avant ce programme ? Déjà ça va être très copieux. Des certitudes, je pense que personne n’en a, à part les Blacks. On essaye de travailler, on s’est réuni une semaine avant de commencer les matchs, c’est un aspect positif. On essaye de créer des automatismes dès maintenant. Des garanties on en aura peut-être au fur et à mesure des matchs entrepris. J’espère qu’on en aura. On va tout faire pour bien travailler et mettre des choses bien en place pour avoir déjà des certitudes sur notre jeu. De l’extérieur, on a du mal à savoir quel visage va avoir cette équipe de France qui était plutôt séduisante en Argentine mais qui était un peu en difficulté les mois avant… Je pense qu’on a accumulé de la confiance par rapport au tournoi où il y a eu des motifs de satisfaction, une tournée en Argentine où il y a quand même eu des points positifs malgré une défaite qui aurait pu être évitée au premier test. Après, on a des semaines de préparation comme celle-ci qui sont primordiales pour créer une âme de groupe, pour créer des automatismes dans le jeu, pour s’imprégner du projet de jeu aussi parce que c’est aussi important. J’espère que tous ces aspects vont nous faire commencer à aborder le premier match avec un peu plus de sérénité et de certitudes sur notre jeu. Qu’est-ce que ça représente pour vous d’être dans le groupe, en France, avec des matchs devant le public français et face à des équipes prestigieuses ? C’est beaucoup de fierté, c’est un honneur. De toute façon, porter le maillot de l’équipe de France, que ce soit à Tucuman cet été ou en France, c’est toujours positif. Peu importe le match, peu importe l’endroit, quand on porte le maillot floqué du coq sur le terrain, à mon avis ça ne change pas grand-chose, il faut envoyer tout ce qu’on a de meilleur personnellement pour l’apporter au collectif. J’espère que ce sera entaché de moments positifs comme ça l’a été en Argentine. Quand on affronte les Samoa mais surtout l’Australie vice-championne du monde et la Nouvelle-Zélande championne du monde, est-ce qu’on a un mélange d’excitation ou de trouille aussi avant ces grands matchs ? Je pense qu’il y a de l’excitation avant chaque match, de la trouille aussi parce qu’on ne sait pas sur quoi on va tomber réellement. Est-ce que les groupes vont changer ? On ne sait pas trop, il y a des matchs qui vont s’enchainer donc c’est difficile de prédire. Après, on sait réellement sur quoi on va tomber en termes de qualité donc on ne va pas se cacher derrière ça. Il faut mettre tout le travail en compte durant cette semaine, la semaine qu’il y a eu avant aussi. Je pense que tout le monde a travaillé dans son club respectif pour arriver prêt pour ce moment-là. En tout cas, on fera tout sur le terrain pour bien s’entrainer et pour créer un peu de plaisir à tous nos supporters parce qu’ils étaient encore venus en nombre aujourd’hui (mardi, ndlr) et ça c’est important. Ce qui est important aussi, c’est de gagner le maximum de matchs.

Serin : « J’ai beaucoup travaillé pour en arriver là »

Les All Blacks semblent imbattables. Est-ce que ça ne tue pas un peu le suspense avant certains matchs ? On ne sait pas ce qui peut arriver, on ne sait jamais. Le Français est toujours meilleur quand il est outsider et qu’on ne l’attend pas. Après, on ne peut pas se cacher derrière la suprématie des Blacks en ce moment, c’est une équipe qui a enchainé beaucoup de victoires, qui a une invincibilité en ce moment qui est assez énorme. Déjà on va essayer de prendre les Samoa, après les Australiens avant ce match-là. On essaiera de prendre ce match par le bon bout et essayer de se faire plaisir. Je pense que personne n’est à l’abri de rien. On va essayer de prendre notre courage à deux mains et de se créer une chance de pouvoir faire quelque chose. Je pense qu’on n’a rien à perdre et tout à gagner donc j’espère qu’on en ressortira avec le sourire. Vous êtes une trentaine dans le groupe, dont quatre numéros 9 potentiels. Comment vivez-vous cette concurrence ? Elle est rude (rires). On est quatre potentiellement à pouvoir jouer à ce poste-là. On verra ce qui s’en suit. On travaille tous chacun de notre côté en club en essayant de montrer le meilleur de nous-mêmes, on essaye d’arriver prêt pour ce moment-là. Après, ce sera un choix du coach, il faudra le respecter et puis repartir au travail. Qu’on y soit, ou qu’on n’y soit pas, ça nous donne toujours des motifs de travail. Chacun espère forcément en faire partie. Depuis juin, beaucoup de choses ont changé dans votre vie. Etes-vous un peu nostalgique de l’époque où on ne parlait pas de vous ? Ce sont toujours des bonnes choses à prendre, il ne faut pas le cacher. J’ai pris ça avec beaucoup de fierté quand même parce que j’ai beaucoup travaillé pour en arriver là, même s’il y a encore beaucoup de choses à travailler pour progresser, ça j’en suis encore conscient. Mais c’est vrai que c’est un peu difficile à gérer, je ne le cache pas. Les médias peuvent faire tout un plat d’un joueur ou un jour le monter tout en haut et le lendemain le descendre tout en bas, donc je pense que tout joueur doit relativiser par rapport à ça et surtout rester dans son axe de travail, dans son axe de vie parce que c’est très important.

Serin : « J’ai envie de garder cette insouciance et cette audace »

Dimitri Yachvili, avec qui vous travaillez, vous apporte-t-il aussi sur le plan mental ? Je l’ai eu un quart d’heure au téléphone hier, on en a parlé. C’est vrai que c’est quelqu’un qui est passé par ces moments-là, où il était jeune et où tout lui arrivait un peu d’un coup, donc il m’a dit de rester vraiment dans le travail et de pas trop me poser de questions, de faire vraiment abstraction de ce qu’il se passait autour de moi et même autour du groupe parce que ça peut être un peu néfaste pour chacun. Il m’a dit de faire attention, j’ai confiance en lui, dans tout ce qu’il me dit. Tout ce qu’il a vécu m’aide à penser qu’il a raison dans ce qu’il dit, de rester dans une longévité de travail et de progression. On sait que vous avez un tatouage sur la cheville, la fougère des Blacks. Est-ce que c’est le rendez-vous que vous avez coché dans cette tournée ou n’est-ce qu’un rendez-vous parmi les trois ? Je pense que ça doit être un rendez-vous parmi les trois. Après, c’est vrai que médiatiquement, on ne peut pas dire le contraire, c’est un match que tout le monde attend. Mais il y a les Samoa et l’Australie avant qui sont des matchs à ne pas négliger. On doit justement avant d’arriver à ce match, engranger un maximum de confiance et le maximum de confiance pour prendre sans pression ce match contre les Blacks. On a souvent dit qu’un de vos points forts, ces deux dernières saisons, c’était l’insouciance. Est-ce qu’avec cette pression médiatique, votre insouciance commence à disparaitre peu à peu ? J’espère que non, parce que je pense que ça peut être une force d’avoir un peu d’audace, de tenter des choses. Après, ça ne réussit pas toujours, il faut en être conscient, moi aussi j’en suis conscient. Mais j’essaye de travailler le maximum pour que ça réussisse le maximum. J’ai envie au fond de moi de garder cette insouciance et cette audace parce que ça me permet de prendre du plaisir et d’apporter ce que je sais faire dans l’équipe dans laquelle je joue. J’espère que ça passera le plus longtemps possible.
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