Xi Jinping à Moscou pour son premier voyage présidentiel

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XI JINPING À MOSCOU POUR SON PREMIER VOYAGE PRÉSIDENTIEL
XI JINPING À MOSCOU POUR SON PREMIER VOYAGE PRÉSIDENTIEL

par Thomas Grove

MOSCOU (Reuters) - Xi Jinping a choisi la Russie pour son premier voyage depuis son accession officielle à la présidence chinoise le 14 mars, symbole du rapprochement croissant entre Moscou, premier producteur mondial d'énergie, et Pékin, premier consommateur.

Arrivé vendredi dans la capitale russe, le nouvel homme fort de Pékin rencontrera son homologue Vladimir Poutine à 15h00 (11h00 GMT) alors que la coopération diplomatique entre leurs deux pays s'est accentuée au cours des dernières années.

Vladimir Poutine et Xi Jinping, qui ont moins d'un an d'écart, ont tous deux affirmé dans des interviews séparées que le choix de Moscou comme première destination marquait la solidité du "partenariat stratégique" entre les deux pays.

Le président chinois, âgé de 59 ans, s'est souvenu d'avoir lu dans sa jeunesse des auteurs comme Alexandre Pouchkine et Léon Tolstoï, tandis que le chef d'Etat russe, 60 ans, a jugé que les relations entre les deux pays étaient "au plus haut niveau de leur histoire vieille de plusieurs siècles".

La Russie et la Chine souhaitent accroître leur poids commun sur la scène internationale face au bloc occidental constitué par l'Europe et aux Etats-Unis.

Pékin a suivi Moscou dans son soutien au gouvernement syrien du président Bachar al Assad, face à l'insurrection entamée en mars 2011 et qui a depuis dégénéré en guerre civile, même si la Chine est restée plus discrète.

Les deux pays, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, ont mis à trois reprises leurs vetos respectifs aux initiatives occidentales pour imposer des sanctions au gouvernement syrien.

La Russie a de son côté adopté la prudence de la ligne chinoise sur la Corée du Nord. Pékin est l'un des rares alliés de Pyongyang, mais exprime régulièrement sa préoccupation face aux menaces que font peser les provocations militaires nord-coréennes sur la stabilité de la région, en particulier l'essai nucléaire du 12 février.

CONTRATS PÉTROLIERS

La Russie et la Chine sont en outre chacune plongées dans des disputes territoriales avec le Japon. Moscou contrôle les îles Kouriles, dont plusieurs sont revendiquées depuis des décennies par la diplomatie nipponne, tandis que la dispute sur l'archipel Senkaku-Diaoyu continue à envenimer les relations entre Tokyo et Pékin.

Sur le plan économique, la signature d'une série de contrats devrait faire de Pékin le premier client de Moscou en matière de pétrole, un an après que Vladimir Poutine a souhaité que la Russie "prenne le vent chinois dans sa voile économique".

Les analystes jugent en revanche improbable un accord sur l'approvisionnement de la Chine en gaz, depuis longtemps bloqué par des disputes sur les prix, même si l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping devrait faciliter la reprise de négociations.

Juste avant l'arrivée de Xi Jinping, accompagné de son épouse Peng Liyuan, un accord de deux milliards de dollars a été annoncé par des entreprises russes et chinoises pour le développement des ressources en charbon de Sibérie orientale. La Chine consomme environ 50% du charbon mondial.

"Les Chinois ont toujours particulièrement réussi à tirer le maximum des Russes, beaucoup plus que ce que les Américains ont pu faire", estime cependant Dmitri Trenine, directeur du centre de réflexions Carnegie Moscow Center.

Les deux économies enregistrent dans l'ensemble des performances contrastées. Le produit intérieur brut (PIB) chinois a enregistré une croissance de 7,8% en 2012, tandis que l'économie russe n'a connu qu'une hausse de 3,5% sur la même période.

Dans son entretien publié avant la rencontre de vendredi, le président russe a affirmé que le commerce bilatéral entre les deux pays a plus que doublé en cinq ans, pour atteindre 87,5 milliards d'euros en 2012.

Le commerce entre les deux pays reste toutefois cinq fois moins important que les échanges entre la Russie et l'Union européenne, et est également beaucoup plus réduit que les transactions entre la Chine et les Etats-Unis.

Julien Dury et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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