Xavier Guillon, CEO d'Oyster Funds : " Notre défi consiste à détecter de nouveaux talents"

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(NEWSManagers.com) - Xavier Guillon, CEO d'Oyster Funds


La nomination officielle de Xavier Guillon à la tête d'Oyster Funds, la division fonds d'investissement de la Banque Syz & Co a été annoncée le 12 octobre. Désormais, le manager a pris ses marques et bouclé les premiers chantiers. Il peut donc aborder avec NewsManagers les grandes lignes de sa stratégie de développement.

NewsManagers : Vous êtes récemment arrivé à la tête d'Oyster Funds. Avez-vous l'intention d'élargir la gamme de produits ?

X. G. : Actuellement, nous alignons environ 25 stratégies, dont la moitié est gérée à l' interne et l' autre moitié par des gérants externes. Nous voulons continuer à diversifier notre gamme de produits et sommes constamment à la recherche de stratégies innovantes. Par exemple, nous allons probablement lancer une nouvelle stratégie avec Cairn Capital, un spécialiste de crédit basé à Londres, qui gère déjà notre fonds Credit Opportunities.



NM : Quels sont les critères chez Oyster pour retenir un gérant en interne ou lui préférer un gérant externe ?

Xavier Guillon : Nous avons développé une forte expertise au sein du groupe dans certaines classes d' actifs que nous jugeons stratégiques. En revanche, nous préférons confier à des talents externes la gestion des classes d' actifs pour lesquelles nous ne pouvons pas apporter de réelle valeur ajoutée. Ce qui compte pour nous, c' est d' offrir la meilleure gestion possible à nos investisseurs.

NM : Comment comptez-vous procéder pour identifier de nouveaux gérants à bon potentiel ?

X. G. : Le défi est d'anticiper les nouvelles tendances et de détecter de nouveaux talents. Ce sera la mission de Katia Coudray-Cornu, qui nous a rejoints tout récemment comme directrice de SYZ Fund Research, l' équipe dédiée à la sélection de nouveaux gérants. Notre processus de sélection comprend un screening quantitatif basé sur la performance et le style d' analyse d' un gérant. Cette étape est suivie d' une sélection qualitative et les " finalistes" sont présentés à notre comité de sélection.

NM : La France représente à peu près le dixième des encours des fonds Oyster. Comment cela se traduit-il dans les faits ?

X. G. : Nous ajoutons à notre dispositif commercial une présence permanente en France. Nous avons engagé ou muté des personnes de bonne réputation pour le bureau de Paris, avec Denis Chasteauneuf (ex BlackRock) et Aude Dhuivonroux (ex ING IM), possédant en moyenne 15 ans d' expérience dans l' industrie, et Claudia Eftimie, Chief product specialist (lire nos articles des 8 avril, 30 mai et 6 juin). Claudia travaille pour la Banque SYZ & CO depuis 8 ans et possède une réelle expertise de nos produits. Il est pour nous très important d'investir dans un bon service et dans une véritable substance analytique.

NM : Quelle est, plus généralement, votre stratégie en matière commerciale ?

X. G. : Notre stratégie est en trois parties. Premièrement, nous voulons renforcer notre distribution en Suisse. Il s' agit pour nous d' exploiter le marché suisse en profondeur et notamment de cibler les gérants indépendants qui représentent un tiers des actifs gérés. Deuxièmement, nous voulons continuer de décentraliser la distribution de nos produits en dehors de la Suisse et avons ainsi, récemment, ouvert un bureau à Paris. Finalement, nous allons construire une présence et une distribution en Asie.

NM : Justement, avez-vous des projets particuliers concernant les pays asiatiques ?

X. G. : Notre équipe de commerciaux en Asie va passer de trois à cinq personnes. Nous avons déjà enregistré de nouveaux produits à Singapour et allons bientôt en enregistrer à Hong-Kong. Etre présents sur place nous permettra de puiser des idées pour le développement de produits. Nous avons déjà des centres de gestion à Londres, Genève, Zurich et Milan. Quant à savoir si nous en ajouterons un en Asie?. nous saurons être opportunistes, tant en termes de produits que de centres de gestion ! Dans ce contexte, nous avons en tous cas un gros avantage sur les grandes maisons : notre taille nous permet d'être plus souples et réactifs. Les décisions ne nécessitent pas des délais importants : notre comité de direction se réunit chaque semaine et il peut réagir très vite.

NM : Quel est votre réaction face à l'évolution réglementaire qui se met en place dans l'UE ?

X. G. : Nous sommes prêts pour le passage à la directive OPCVM IV. Notre organisation interne est déjà au point. Nous avons industrialisé le processus de production de documents " légers" .

NM : Constatez-vous une évolution notable dans les attentes de votre clientèle ?

X. G. : Dans le contexte actuel (volatilité des marchés et augmentation des taux d' intérêt), nos clients ont moins d' appétit pour les produits obligataires de type plus traditionnels. Ils recherchent en ce moment des produits au profil asymétrique, c' est-à-dire, des produits performants à faible risque. Par exemple, nous avons récemment lancé plusieurs fonds de type " newcits" tels que le OYSTER Credit Opportunities, le 3A Dynamic UCITS et OYSTER Absolute Return. Ces fonds appartiennent à une " nouvelle génération" qui prend en compte les avantages et de la souplesse offerts par la directive OPCVM.


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