Wirecard: rebondit malgré la thèse apocalyptique de Zatarra.

le
0

(CercleFinance.com) - L'action Wirecard, un grand nom allemand des paiements électroniques, tentait de se reprendre ce midi à la Bourse de Francfort après une attaque au vitriol qui, hier, lui a fait perdre plus du cinquième de sa valeur. Son auteur : un mystérieux bureau d'études jusqu'alors inconnu au bataillon, Zatarra Research & Investigations, qui accuse le groupe de 'corruption à grande échelle et de fraude'.

Alors qu'elle avait clôturé la veille en chute de 21,7% à 33,4 euros (ce qui correspond à l'effacement de 1,1 milliard de capitalisation boursière), l'action Wirecard se reprend ce midi de près de 10% à 36,7 euros.

Pour mémoire, Wirecard fait partie des grands noms européens des paiements électroniques, un secteur étendu qui comprend par exemple le britannique Worldpay (capitalisation : plus de 7 milliards d'euros), le français Ingenico (5,5 milliards d'euros), Gemalto (5 milliards environ) Wirecard (4,5 milliards d'euros à cette heure) ou encore Worldline (2,7 milliards), un autre français filiale d'Atos.

Zatarra Research ? Il pourrait s'agir du dernier venu au sein de la famille des “redresseurs de torts de la Bourse” au nombre desquels on compte déjà Gotham City Research (le 'tombeur' de Let's Gowex), Citron Research (qui dernièrement s'en est pris à la “pharma” canadienne Valeant), ou encore Muddy Waters (dont la dernière attaque en date visait Casino et Rallye). On ne sait pas non plus si comme Muddy Waters sur Casino et Rallye, Zatarra avait auparavant pris des positions courtes (“short”, ou ventes à découvert) sur l'action Wirecard afin de profiter de sa baisse.

Il est difficile d'affirmer quoi que ce soit car ce mystérieux bureau d'études n'avait pas fait la publicité de son existence avant hier. Aussi récents soient-ils, ses débuts ont été retentissants : utilisant la technique éprouvée par Muddy Waters, Zatarra Research s'est doté d'un site Internet et d'un compte Twitter, @ZRI2016, dont le premier 'tweet' date d'hier et porte sur Wirecard. Un autre “tweet” renvoie sur un lien permettant de consulter gratuitement un rapport assassin, en deux versions : un résumé de trois pages, et le document complet qui en compte plus d'une centaine.

Selon Zatarra, 'des preuves démontrent que de hauts dirigeants de Wirecard et des membres de son conseil d'administration se sont livrés au blanchiment d'argent et ont facilité le contournement des restrictions prévues par la loi américaine sur les jeux d'argent en ligne', peut-on lire. Zatarra affirme également que Wirecard et ses dirigeants se sont rendus responsables de fraudes vis-à-vis de Visa et MasterCard.

'Nous pensons que ces activités illicites vont entraîner des sanctions de la part des autorités des Etats-Unis, des régulateurs européens et des fournisseurs de cartes de crédit, qui ont reçu une copie de ce rapport', peut-on encore lire. Et comme tout bureau d'études, Zatarra fixe un objectif de cours à Wirecard : zéro euro. Bref, selon ces analystes, Wirecard va au tapis.

A ce jour, les investisseurs n'ont pas pris les propos de Zatarra au pied de la lettre, à en juger par la reprise du titre. En effet, Wirecard avait depuis sa création, en 1999, tout de la “success story” boursière. L'an dernier, ses ventes ont décollé de pratiquement 30% à 771,6 millions d'euros, et son excédent brut d'exploitation (EBITDA) a suivi le mouvement, le taux de marge correspondant étant copieusement élevé (vers 30%).

Après 227,2 millions d'euros en 2015, le groupe prévoyait aux dernières nouvelles qu'en 2016, son EBITDA se situerait entre 280 et 300 millions. Nombreuses sont les sociétés qui aimeraient pouvoir formuler de telles prévisions.

Forte croissance et rentabilité élevée riment bien souvent avec beau parcours boursier : si fin 2006 l'action Wirecard valait moins de 5 euros, elle a tutoyé les 49 euros (son sommet historique) en 2015 et cotait encore 48,1 euros en tout début d'année.

Pour l'heure, Wirecard n'a pas jugé bon de publier de communiqué en réponse à Zatarra sur son site internet, quelque soit la langue considérée, ni de répondre aux requêtes par courriel. On rappellera cependant qu'au printemps 2010, le titre avait déjà perdu près du tiers de sa valeur sur des allégations semblables. Mais les réponses alors apportées avaient rassuré et Wirecard avait repris son ascension boursière. En sera-t-il de même cette fois-ci ? A suivre.

EG


Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant