Wirecard: les vendeurs à découverts comme Zatarra isolés ?

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(CercleFinance.com) - Avec le groupe français Casino, l'allemand Wirecard est l'une des grandes 'midcaps' européennes à se retrouver sous le feu de vendeurs à découvert aux noms baroques : Muddy Waters Research dans le premier cas, Zatarra Research & Investigations dans le second. Pris pour cible plus récemment, l'action Wirecard en souffre davantage que celle de Casino. Mais dans un cas comme dans l'autre, il est difficile de trouver d'autres bureaux d'études partageant les thèses des vendeurs à découvert.

C'est en effet le 17 décembre dernier que Muddy Waters Research, bureau d'études et vendeur à découvert bien connu fondé par Carson Block, s'en est pris à Casino. En visant un objectif de cours de 6,91 euros sur une action qui en valait alors près de 49, Muddy Waters pariait sur le fait que le holding, qu'il compare à un 'hedge fund' avec très fort effet de levier, ne parviendrait pas à se remettre de sa lourde dette. Un temps, le pari a fonctionné, les 35 euros ayant été touchés par l'action Casino en janvier. Mais par la suite, le titre est revenu sur la grande majorité de ces pertes.

Ce cas va-t-il se répéter pour Wirecard ? Il est trop tôt pour le dire. Reste que le mystérieux Zatarra Research, dont pour l'instant on ne sait presque rien (ni le lieu d'enregistrement de la société, ni le nom de ses dirigeants), a utilisé un procédé très similaire à celui de Muddy Waters : le 24 février, via un “tweet” contenant un lien, Zatarra a publié une note de recherche assassine contre Wirecard sur un site Internet nouvellement créé.

Et Zatarra n'y allait pas de mainmorte : “des preuves démontrent que de hauts dirigeants de Wirecard et des membres de son conseil d'administration se sont livrés au blanchiment d'argent et ont facilité le contournement des restrictions prévues par la loi américaine sur les jeux d'argent en ligne', peut-on lire dans des notes de recherche qui affirment également que Wirecard et ses dirigeants se sont rendus coupables de fraudes vis-à-vis de Visa et de MasterCard.

Selon eux, l'action Wirecard, qui valait alors plus de 42 euros, se dirigerait tout droit vers... zéro euro. De quoi effrayer certains investisseurs et entraîner, étant donné la taille de la société (elle pèse plus de quatre milliards d'euros) et sa liquidité, une belle vente à découvert. Jusqu'à quand ?

Certes, l'attaque de Zatarra contre Wirecard est encore récente. Mais à ce jour, il est impossible de trouver un seul bureau d'analyse qui partage son point de vue. Quelques jours plus tard, DZ Bank et Oddo Seydler ont confirmé leur opinion positive sur le titre.

Même son de cloche, le 1er mars, de la part de Morgan Stanley : après avoir discuté avec le directeur général, Markus Braun, les spécialistes estiment que les arguments développés par Zatarra dans sa note d'une centaine de page ne tiennent pas. Ils ont donc confirmé leur conseil acheteur de surpondérer et leur objectif de cours de 55 euros.

Leurs confrères de Bryan Garnier viennent juste de faire de même : après une rencontre avec Iris Stöckl, vice-présidente en charge de la communication et des relations investisseurs de Wirecard, les spécialistes estiment toujours que 'Wirecard jouit des meilleurs fondamentaux du secteur des paiements électroniques en tant que 'pure player' de l'e-commerce et grâce à son exposition aux marchés émergents, quelque 28% du CA provenant d'Asie du Sud-Est.” A l'achat, ils visent une cible de 52 euros.

Et maintenant ? Selon Bryan Garnier, Wirecard “dispose d'avocats spécialisés qui semblent être sur le point d'identifier qui est derrière la note de recherche de Zatarra', rapporte encore Bryan Garnier. Ce qui ouvrirait la voie à des poursuites judiciaires contre les personnes concernées.

De plus, le régulateur financier allemand, la BaFin, a ouvert une enquête de routine après la forte baisse de l'action Wirecard à Francfort, afin de faire le point sur une éventuelle manipulation de cours. Et Bryan Garnier de mettre en avant la 'forte corrélation entre la publication des rapports (de Zatarra) contre Wirecard et les attaques des vendeurs à découvert'. A suivre.

EG


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