Wimbledon: Sabine Lisicki, une histoire de blessure et de larmes

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SABINE LISICKI, UNE HISTOIRE FAITE DE BLESSURES ET DE LARMES
SABINE LISICKI, UNE HISTOIRE FAITE DE BLESSURES ET DE LARMES

par Eric Salliot

LONDRES (Reuters) - Avant de laisser couler des larmes de bonheur à Wimbledon, l'Allemande Sabine Lisicki, qui disputera samedi sa première finale en Grand Chelem face à Marion Bartoli, a souvent connu la détresse, les blessures et les abandons.

Malgré toutes ces embûches, la 24e joueuse mondiale n'a jamais renoncé, convaincue, comme la Française, que son rêve de petite fille serait exaucée un jour.

"La première fois que je suis venue à Wimbledon, je suis tombée amoureuse de l'endroit", a raconté Sabine Lisicki, 23 ans. Mais entre ce coup de foudre juvénile et l'entrée sur le Centre Court samedi, que de coups durs.

Au printemps 2010, elle s'est notamment blessée très sérieusement à la cheville gauche. "Quand le docteur m'a dit que j'en aurais pour six semaines de béquilles, je lui ai répondu : 'OK et je rejoue quand ?' Je me souviens que j'ai dû réapprendre à marcher", explique-telle.

Sa carrière connaît alors un sacré coup d'arrêt. Elle plonge jusqu'au 218e rang mondial en mars 2011. Deux mois plus tard, alors qu'elle est sur le point de s'offrir à Roland-Garros la Russe Vera Zvonareva, alors troisième à la WTA, elle quitte le court numéro 1 sur une civière, victime d'un malaise, pleurant à chaudes larmes et suscitant une forme de compassion.

Mais l'Allemande retrouve des couleurs sur le gazon anglais. Finaliste à Birmingham, elle obtient une wild-card pour Wimbledon. Un sésame qu'elle exploite à merveille en se hissant en demi-finale après un succès en quart de finale face à Marion Bartoli.

L'herbe a toujours été son alliée. En éjectant cette année Serena Williams en huitième de finale du tournoi, Sabine Lisicki s'est offert sa quatrième championne de Roland-Garros en titre, après Svetlana Kuznetsova (2009), Li Na (2011) et Maria Sharapova (2012).

Mais jamais l'Allemande n'a jusqu'ici goûté au parfum d'une finale. Rien ne lui a été offert sur un plateau. Cette année, autant face à Serena que face à Agnieszka Radwanska, elle a comblé un retard de 0-3 dans la dernière manche, symbole d'un sacré caractère forgé notamment d'inspirations littéraires.

"J'ai lu le livre d'Hermann Maier (le skieur autrichien, NDLR) quand j'étais blessée", a-t-elle expliqué.

"Quasiment perdre sa jambe dans un accident, revenir et décrocher un titre de champion du monde, c'est une incroyable histoire. J'adorerais le rencontrer."

Ce rêve se réalisera peut-être après être devenue la deuxième Allemande à inscrire son nom au palmarès de Wimbledon, après Steffi Graf, laquelle devrait lui envoyer un petit sms d'encouragement, comme avant sa demi-finale.

Edité par Olivier Guillemain

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