Wimbledon: Roger Federer aimante la foule

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Wimbledon: Roger Federer aimante la foule
Wimbledon: Roger Federer aimante la foule

par Pritha Sarkar

LONDRES (Reuters) - Roger Federer n'a plus gagné de tournoi du Grand Chelem depuis deux ans et demi, il n'est plus n°1 mondial mais quand il se déplace dans les allées de l'All England Club, il aimante toujours la foule de Wimbledon.

Partout, les gens le suivent, ignorant les autres joueurs.

C'était le cas sur la terrasse des joueurs, samedi, où jeunes et vieux se pressaient pour tenter d'obtenir un autographe ou un sourire du champion suisse.

Longtemps Federer leur a répondu avant de plonger dans les entrailles de Wimbledon pour accorder une interview à Reuter.

Détendu, il a parlé de son sentiment de jouer à l'âge d'or du tennis, de ses chances d'égaler le record de sept victoires à Wimbledon de Pete Sampras et William Renshaw (dans les années 1880).

Il a reconnu son espoir de triompher deux fois en trente jours sur le gazon londonien en y remportant son 17e titre du Grand Chelem puis sa première médaille d'or olympique en simple.

REUTER: Beaucoup de joueurs disent que faire partie de la génération actuelle de l'âge d'or du tennis a été un privilège mais aussi une malchance. Vous êtes chanceux ou malchanceux ?

FEDERER: Je me sens chanceux d'avoir eu une carrière aussi magnifique parce que je n'aurais jamais pensé qu'elle puisse l'être autant. D'un autre côté, est-ce que j'aurais eu plus de succès si un ...disons (Lleyton) Hewitt, un Rafa (Nadal), un Novak (Djokovic), un (Marat) Safin n'avaient pas été là ? Je ne sais pas.

Je suppose que d'autres auraient été là et m'auraient battu aussi souvent qu'eux.

REUTER: Si la carrière de Rafa n'avait pas coïncidé avec la vôtre, vous auriez probablement gagné quatre ou cinq Roland-Garros et vous en seriez à 23 majeurs ou plus... Y avez-vous pensé ?

FEDERER: Honnêtement, je n'y ai pas beaucoup pensé. J'ai aimé ma rivalité avec lui (Nadal). Certaines défaites ont été douloureuses mais elles ont rendu les victoires encore plus douces.

REUTER: Vous allez avoir l'occasion unique dans une vie de triompher à Wimbledon deux fois en un mois. Est-ce que cela accroît ou diminue la pression ?

FEDERER: Ca l'enlève parce qu'on a deux occasions de gagner. Il est quand même évident que les Jeux olympiques n'ont lieu que tous les quatre ans et ça met de la pression. J'y ai déjà participé trois fois et cela devrait m'aider.

Ce qui va m'aider aussi, c'est d'avoir déjà remporté une médaille d'or (ndlr: en double messieurs à Pékin, en 2008). Jouer deux tournois à Wimbledon en un mois est aussi un grand avantage pour ceux qui peuvent prétendre gagner ou jouer les demi-finales et la finale. Cela voudra dire qu'ils auront joué tant de matches qu'ils sauront exactement comment jouer.

REUTER: Vous allez avoir l'occasion de jouer au meilleur des cinq sets à Wimbledon puis au meilleur des trois sets aux Jeux olympiques. Quel format jugez vous le plus avantageux ?

FEDERER: J'ai toujours pensé que le meilleur des cinq sets était un avantage pour les meilleurs joueurs parce qu'un mauvais passage de deux ou cinq minutes, une double-faute, une balle ratée ou un coup stupide peuvent vous coûter un match au meilleur des trois sets sur gazon.

REUTER: Quel sera votre programme pour les deux ou trois semaines entre Wimbledon et les Jeux ?

FEDERER: Je prendrai une semaine de vacances, travaillerai dur pendant une semaine puis j'aurai une semaine de préparation. Je quitterai Londres une paire de semaines.

REUTER: Pendant de longues périodes vous avez connu des succès sans avoir d'entraîneur. Que peut apporter votre coach Paul Annacone qu'un vainqueur de 16 tournois du Grand Chelem ne sache pas ?

FEDERER: C'est une bonne question et c'est pour ça qu'il est très important pour moi de choisir les bonnes personnes dans mon entourage. Je sais probablement beaucoup de choses que d'autres ne sauront jamais parce que j'ai servi des balles de match sur le Court central. J'ai beaucoup d'expérience mais Severin Luthi, le capitaine de l'équipe suisse de Coupe Davis et Paul travaillent très étroitement ensemble, ils analysent le jeu de tous les joueurs et analysent mon propre jeu.

REUTER: En dehors de vos trophées, on pourrait illustrer votre carrière par un montage de vos crises de larmes, comme celle de 2001 à Wimbledon après votre victoire sur Pete Sampras, celle de votre premier triomphe à Wimbledon en 2003, celle de votre défaite face à Nadal en finale de l'Open d'Australien en 2009. Qu'en pensez-vous ?

FEDERER: Je suis heureux d'avoir montré mes émotions. Quand j'étais enfant, je ne montrais mes émotions que quand je perdais. Il est évident que quand on est junior on ne va pas pleurer quand on gagne un match. On pleure quand on perd, parce qu'on est triste, déçu, en colère. Et puis, tout d'un coup, cela m'est arrivé quand j'ai battu Sampras à Wimbledon en 2001. Puis quand j'ai gagné la Coupe Davis contre les Etats-Unis, en Suisse, dans ma ville de Bâle.

Je me suis dit: 'Qu'est-ce qui m'arrive ?' Pourquoi ai-je autant d'émotion quand je gagne ? Je me suis dit que c'était normal. Quand j'ai gagné Wimbledon pour la première fois et que j'ai eu le trophée dans les mains, j'ai pleuré. Je suis heureux d'avoir connu ces moments.

REUTER: Vous détenez des dizaines de records. Quel est pour vous le plus grand achèvement ?

FEDERER: Ce que j'apprécie beaucoup c'est la longévité au plus haut niveau. Je suis très fier d'avoir été au plus haut niveau pendant très longtemps parce que, au début, je n'avais pas la réputation d'être très régulier. Aujourd'hui, c'est une de mes forces.

Jean-Paul Couret pour le service français, édité par Hélène Duvigneau

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