Wimbledon: "le pinacle" pour Andy Murray

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ANDY MURRAY A ATTEINT SON GRAAL
ANDY MURRAY A ATTEINT SON GRAAL

par Eric Salliot

LONDRES (Reuters) - Andy Murray, qui a remporté dimanche son premier titre à Wimbledon, a bien conscience de l'aspect historique de son succès, obtenu aux dépens du numéro un mondial, le Serbe Novak Djokovic (6-4 7-5 6-4).

"Remporter Wimbledon, c'est le pinacle", a dit l'Ecossais qui s'est imposé sur sa quatrième balle de match, après avoir mené 40-0 dans cet ultime jeu et avoir sauver des balles de break. "Le dernier jeu augmente ce sentiment. Cela n'aurait pas été pareil si j'avais conclu sur un jeu blanc"

Andy Murray n'oubliera jamais en effet ce dixième jeu du troisième set, long de treize minutes.

"Novak est revenu grâce à des coups incroyables", explique-t-il. "Je savais qu'il pouvait retourner le match. Ce furent les derniers points les plus difficiles de ma vie. Plus généralement, les trente dernières minutes, à partir du moment où je suis mené 4-2, sont énormes. Gagner Wimbledon, je ne peux pas y croire."

Andy Murray a connu une célébration étonnante. Alors que la plupart des lauréats recherchent le regard de leurs proches, l'Ecossais, placé à l'exact opposé, a exulté en solo, tapant même dans la main des premiers spectateurs.

Il a même fixé quelques journalistes, assis dans la tribune de presse, le seul endroit du Centre Court où demeurent des bancs en bois.

HOMMAGE À LENDL

"Oui, je fixais en direction de quelques mecs dans cette tribune, ce doit être ma part de subconscient", a admis Andy Murray.

"C'est vrai que j'ai eu des rapports difficiles avec la presse il y a quelques années. Ça s'est amélioré. Je sais que pour vous, c'était important que je gagne ce tournoi. Vous savez, j'ai fait de mon mieux. J'ai bossé aussi dur que je pouvais."

Andy Murray a tenu un hommage appuyé à Ivan Lendl, son coach depuis un an et demi.

"Il m'a juste dit qu'il était fier de moi", a confié l'Ecossais. "Vous savez, il ne sourit pas beaucoup en public mais une fois les caméras et les foules éloignées, il a une personnalité complètement différente."

"Je sais qu'il aurait voulu remporter ce tournoi. C'était un truc qui lui tenait à coeur. Et je suis sérieux en disant cela. Je crois qu'il a cru en moi quand d'autres n'y croyaient pas."

Il loue également une relation franche.

"Il m'a toujours dit ce qu'il pensait. Et en tennis, la relation coach-joueur n'est pas facile. J'en connais qui ne sont pas aussi à l'aise. Il a toujours été honnête avec moi. Si je bosse bien, il est content, si je déconne, il n'est pas content et il me le fait savoir. Mentalement, il m'a permis d'aborder les gros matches différemment."

Le sacre d'Andy Murray a évidemment été lié à celui de Fred Perry, dernier vainqueur anglais en 1936.

"Bon, je ne l'ai jamais rencontré mais maintenant c'est approprié d'en parler. C'est un nom qui m'a accompagné durant toute ma carrière. J'ai rencontré différentes personnes de sa famille et j'ai porté sa marque de vêtement", a-t-il dit.

"C'est dommage de ne pas avoir pu le rencontrer. En tout cas, j'espère que les futurs joueurs anglais n'attendront pas aussi longtemps pour triompher de nouveau."

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Julien Dury

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