Wimbledon : Le blanc et les traditions agacent

le , mis à jour à 16:00
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Wimbledon : Le blanc et les traditions agacent
Wimbledon : Le blanc et les traditions agacent

Wimbledon est connu pour ses traditions. Des traditions qu'on ne transgresse pas. Pourtant, les joueurs qui défient les lois du All England Tennis Club sont de plus en plus nombreux, et ils n'hésitent plus à s'agacer publiquement du dress code imposé par les organisateurs.

Si Wimbledon est le tournoi le plus prestigieux du circuit, il le doit notamment à sa liste interminable de restrictions et autres coutumes. Des rites qui, aujourd’hui, paraissent de plus en plus folkloriques, pour ne pas dire absurdes, de l’aveu même des joueurs. Pourtant, le « All England Lawn Tennis and Croquet Club » tient à cette image immaculée. Port du blanc obligatoire, jusque sous les jupes pour les filles, la casquette pour les hommes, et surtout un langage châtié exigé.

Le soutien-gorge de Bouchard était trop noir…

Dès les premiers jours de compétition, certains se sont fait remonter les bretelles. C’est le cas d’Eugénie Bouchard, pénalisée lors de son premier tour(défaite en deux sets) pour... un soutien gorge noir. « Je n’étais pas au courant, personne ne m’avait parlé de ma bretelle », déclarait-elle, un peu surprise, à l’issue de son match. Car oui, les organisateurs vérifient aussi les sous-vêtements. « D’habitude je ne porte pas de sous-vêtements de couleurs pour qu’ils ne se voient pas à travers », expliquait la Danoise Caroline Wozniacki en 2013. « Je ne vois personne pour vérifier les dessous. Je trouverais ça vraiment bizarre. »

Federer en a marre

Rares sont ceux qui défient le dress code. Seul Roger Federer, septuple vainqueur à Londres, s’était permis une petite remontrance l’an dernier. Le Suisse, un peu chez lui à Londres, avait pourtant été prié de changer de chaussures, les semelles orange étant trop détonantes pour le gazon anglais. « C’est ridicule, s’est encore exclamé l’homme aux dix-sept titres du Grand Chelem cette année en conférence de presse. J’adore Wimbledon, mais je trouve qu’ils vont trop loin. Si vous regardez les photos d’Edberg ou Becker, vous aviez des pointes de couleurs alors que c’était déjà « All White ». Même si je le respecte, j’espère qu’ils lâcheront un peu de leste dans les années à venir. »

Serena Williams sanctionnée pour… « obscénité audible »

Benoît Paire, jamais le dernier pour monter au créneau, s’agace lui aussi de cette singularité britannique. « Ce n'est pas forcément l'herbe de Wimbledon qui me dérange, c'est plus l'ambiance, leurs règles qui sont parfois exagérées. Ca me déplaît car je suis quelqu'un qui aime bien profiter et m'amuser. Le moindre truc est bien organisé. On a le droit de ne rien faire, comme jouer en blanc…», explique sur le pateau de beIN Sports celui qui n’en est pas à sa première incartade avec les organisateurs. Il y a deux ans, son entraineur Lio Zimbler, alors habillé en noir, s’était vu refuser l’accès au court. Ces derniers jours, Serena Williams et Nick Kyrgios ont reçu un avertissement pour « obscénité audible ». Si certains s’en plaignent, la majorité des joueurs font profil bas et obéissent aux règles. Le mieux reste toutefois, comme Bethanie Mattek-Sands, de s’en amuser. En 2011, la plus punk des tenniswomen s’était présentée sur le court en veste froufrou ornée de balles de tennis blanches. Combattre le folklorique par… le folklorique.

Maxime Habert

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