Wimbledon: la chasse est ouverte pour l'élu du bas du tableau

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Wimbledon: la chasse est ouverte pour l'élu du bas du tableau
Wimbledon: la chasse est ouverte pour l'élu du bas du tableau

par Eric Salliot

LONDRES (Reuters) - La foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit, selon le dicton, mais cette semaine, Wimbledon a pourtant failli perdre deux de ses plus belles têtes couronnées.

Bousculé par le Français Julien Benneteau, Roger Federer, troisième mondial, a sauvé sa peau d'extrême justesse, ce que n'a pu éviter Rafael Nadal, mis KO par le 100e mondial, le Tchèque Lukas Rosol, retombé sur terre deux jours après.

La conséquence de ce séisme, c'est qu'il y aura au moins un finaliste inédit dimanche prochain sur le Centre Court du All England Club.

Car on a de la peine à croire que l'élu du haut de tableau ne soit pas le Serbe Novak Djokovic, numéro un mondial et tenant du titre, ou le Suisse Roger Federer, sextuple vainqueur de l'épreuve, Roger Federer.

Dans le bas de tableau, l'affaire est intrigante et les huit survivants ont bien des raisons de se murmurer "et pourquoi pas moi?"

Il y a deux ans, le Tchèque Tomas Berdych avait su capitaliser son exploit face à Roger Federer pour aller défier Rafael Nadal pour le titre.

L'Écossais Andy Murray, tête de série n°4, et le Français Jo-Wilfried Tsonga, n°5, apparaissent les mieux armés pour être au rendez-vous du 8 juillet pour une raison logique: ce sont les deux seuls à avoir déjà accédé au dernier carré sur le gazon londonien.

L'Écossais s'y est cassé les dents à trois reprises, les deux dernières fois face à Rafael Nadal. Le Manceau, lui, s'était frayé un chemin en demi-finale en 2011 après une victoire face à Roger Federer en cinq sets. Un succès historique puisque le Suisse n'avait perdu un match en Grand Chelem après avoir mené deux manches à zéro.

Evidemment, Tsonga a envie de voir plus loin, même si la prudence est de mise.

"Le fait que 'Rafa' ne soit plus là, ça donne forcément des idées. Ça vous rajoute de la pression aussi, pour l'instant, j'essaie de prendre le truc match après match et même set après set", a dit Tsonga.

"Il y a encore dans ma partie de tableau de super joueurs, je pense à Philipp Kohlschreiber, à Mardy Fish (son adversaire lundi), bien sûr, et surtout à Andy Murray qui survole un peu sur gazon, même si on n'en parle pas trop."

ET SI C'ÉTAIT BRIAN BAKER?

Le garçon qui observe cette situation avec le plus de recul est probablement Brian Baker, 27 ans, 127e mondial, issu des qualifications et toujours en course. L'Américain était l'un des meilleurs joueurs de sa génération, se hissant notamment en finale de Roland-Garros juniors en 2003.

Contraint ensuite de passer sept fois sur le billard, il avait tiré une croix sur une carrière avant d'entamer un come-back l'été dernier.

"En juillet dernier, comme mon corps me laissait tranquille, j'avais dans l'idée de rejouer dans un Future à Pittsburgh. Mais quand vous avez zéro point ATP, il vous faut un peu de chance pour entrer dans un tableau de qualifications ou avoir une wild-card", a-t-il expliqué cette semaine.

"Je me souviens avoir reçu un appel de la Fédération américaine le jeudi soir alors que j'étais sur un parcours de golf, un mec avait dû se désister. Le lendemain matin, j'avais pris ma voiture pour pouvoir signer mon engagement à temps. Ensuite, j'ai gagné mes trois tours de qualifs puis le tournoi sans perdre un set."

Un an plus tard, Brian Baker, comme sept de ses collègues beaucoup plus prestigieux, n'est plus qu'à trois victoires de fouler le Centre Court pour disputer une finale de Wimbledon, le rêve absolu.

Chrystel Boulet-Euchin

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