Weidmann (BCE)-L'objectif d'inflation peut-être plus long à atteindre

le
0
    FRANCFORT, 23 mars (Reuters) - La Banque centrale européenne 
(BCE) doit faire preuve de souplesse en matière de délai 
nécessaire pour faire remonter l'inflation vers son objectif et 
elle doit être attentive à la dégradation de la rentabilité des 
banques, susceptible de nuire à l'efficacité de sa politique 
monétaire, a déclaré mercredi Jens Weidmann, membre du Conseil 
des gouverneurs de l'institution.  
    Confrontée depuis plusieurs années à la persistance d'une 
inflation très faible, la BCE a débattu récemment du délai 
nécessaire pour porter l'inflation à un taux légèrement 
inférieur à 2% et sur la définition de l'horizon de "moyen 
terme" fixé pour atteindre cet objectif.  
    "Le moyen terme, ce n'est pas 'à un moment donné dans un 
avenir lointain', mais ce n'est pas non plus 'dès que possible 
et à n'importe quel prix'", a déclaré Jens Weidmann, qui préside 
la Bundesbank allemande.  
    "Le moyen terme implique donc délibérément une certaine 
ambiguïté pour ce qui est de l'horizon temporel." 
    La BCE ne prévoit pas pour l'instant que l'inflation 
atteigne son objectif d'ici fin 2018, la fin de la période pour 
laquelle elle a établi des prévisions.  
    Jens Weidmann, l'un des "faucons" de l'institution, a ajouté 
dans un discours au Liechtenstein que même si l'inflation était 
récemment passée en territoire négatif, il ne croyait pas à un 
risque de déflation.  
    Il a ajouté ne pas être convaincu que la baisse de 
l'inflation de base (hors éléments volatils, comme l'énergie et 
les produits alimentaires) serait durable.  
    Deux semaines après l'annonce par la BCE d'une amplification 
de son programme d'achats de titres sur les marchés, le 
président de la Buba a également déclaré que les achats de dette 
souveraine devaient rester un outil utilisé uniquement en cas 
d'urgence, en expliquant que les profits des banques allaient en 
pâtir.  
    "Nous, banquiers centraux, ne sommes pas préoccupés par les 
profits bancaires en tant que tels mais par la capacité des 
banques à transmettre de la politique monétaire", a-t-il 
déclaré. 
    "Et cette capacité à transmettre la politique monétaire 
n'est pas indépendante de leur base de fonds propres, car 
celle-ci détermine en grande partie la manière dont les banques 
peuvent absorber des chocs." 
    Jens Weidmann a aussi estimé que des taux extrêmement bas 
pouvaient conduire à la formation de bulles et nuire à la 
volonté des gouvernements d'entreprendre des réformes 
structurelles, qu'il considère comme une condition nécessaire à 
l'accélération de la croissance et à la remontée de l'inflation. 
     
 
 (Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français, édité 
par Véronique Tison) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux