Weidmann (BCE) critique le comité budgétaire européen et le QE

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    LISBONNE, 10 décembre (Reuters) - Jens Weidmann, le 
président de la Bundesbank, a déploré jeudi le manque de 
pouvoirs du nouveau comité budgétaire européen et a critiqué une 
nouvelle fois la politique d'assouplissement quantitatif (QE, 
quantitative easing) de la Banque centrale européenne. 
    S'exprimant à Lisbonne, le patron de la Buba a estimé que le 
programme de rachat d'actifs de la BCE "brouillait les lignes 
entre la politique budgétaire et la politique monétaire", 
réduisant la pression sur les gouvernements pour qu'ils 
maîtrisent les dépenses publiques. 
    "Nous n'agissons pas avec notre boîte à outils d'instruments 
conventionnels, mais avec un instrument que je considère plus 
problématique dans une union monétaire", a dit Jens Weidmann, 
qui siège au conseil des gouverneurs de la BCE et s'est opposé 
la semaine dernière à l'adoption de nouvelles mesures 
d'assouplissement monétaire. 
    Le président de la Bundesbank a par ailleurs estimé que la 
zone euro avait besoin, pour évaluer les budgets nationaux, 
d'une instance plus autoritaire que le comité consultatif dont 
la Commission européenne a proposé la création. 
    Le comité budgétaire tel que proposé par l'exécutif européen 
n'aura pas les moyens d'agir vite ni les pouvoirs suffisants 
pour s'assurer que ses recommandations seront respectées par la 
Commission, a-t-il fait valoir. 
    "Cela ne présage rien de bon pour l'objectif d'une 
application plus dépolitisée des règles", a-t-il dit. "Pour 
cela, il faut un conseil budgétaire réellement indépendant, et 
dont les recommandations aient du poids." 
    La Commission a proposé en octobre la création de cette 
commission consultative formée de cinq membres indépendants. 
    Pour Jens Weidmann, une union budgétaire avec un organe 
unique et centralisé de prise de décision serait la meilleure 
solution pour la zone euro mais, faute de volonté politique pour 
y parvenir, la meilleure option consiste à maintenir les 
politiques économiques et budgétaires au niveau national mais 
avec un organe de supervision indépendant habilité à sanctionner 
les mauvais élèves, allégeant ainsi le poids politique sur la 
Commission. 
 
 (Sergio Goncalvees et Shrikesh Laxmidas, avec Balazs Koranyi à 
Francfort, Véronique Tison pour le service français) 
 
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