Washington réexamine l'idée d'armer Kiev

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(Actualisé avec Maison blanche, rapport de l'Atlantic Council, contexte) par Lesley Wroughton et Arshad Mohammed WASHINGTON, 3 février (Reuters) - L'administration américaine étudie de nouveau la possibilité de fournir aux forces gouvernementales ukrainiennes des armes et des équipements défensifs face à l'intensification des combats contre les séparatistes dans l'est du pays, ont confirmé lundi plusieurs hauts responsables fédéraux. Mais ils ajoutent qu'aucune décision n'a été prise à ce stade. "Nous regardons de nouveau mais nous ne savons pas à quoi cela aboutira", a confié un haut responsable du gouvernement Ben Rhodes, le conseiller adjoint à la sécurité nationale de la Maison blanche, a déclaré pour sa part sur CNN que fournir davantage d'armes n'était pas une réponse à la crise en Ukraine. "Nous pensons toujours que la meilleure façon d'exercer une influence sur les calculs de la Russie passe par les sanctions économiques qui frappent profondément l'économie russe", a-t-il dit. "Nous ne pensons pas que la réponse à la crise en Ukraine consiste simplement à injecter davantage d'armes." Néanmoins, le débat, révélé dimanche par le New York Times, est en cours à Washington. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est attendu jeudi à Kiev pour des entretiens avec le président ukrainien Petro Porochenko. Le même jour, les ministres de la Défense des pays de l'Otan se réuniront à Bruxelles. L'Otan et Kiev accusent la Russie d'envoyer des milliers d'hommes, des armes lourdes et des chars pour soutenir les insurgés. Moscou dément être directement impliqué dans les combats sur un territoire que le Kremlin appelle la "Nouvelle Russie". Washington livre déjà des équipements militaires à l'Ukraine, notamment du matériel de détection de mortiers, des lunettes de précision ou des gilets pare-balles et des tenues de protection. Mais pas d'armes. L'évolution récente des rapports de force et des combats dans l'est de l'Ukraine a entraîné toutefois un réexamen de la position américaine. "PRIVER LE KREMLIN D'UNE SOLUTION MILITAIRE" "Evidemment, nous tenons compte des évolutions sur le terrain mais je ne peux rien vous dire des délibérations internes (au gouvernement américain)", a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Jen Psaki, confirmant qu'une discussion était en cours. "Je ne pense pas que quiconque veuille se laisser entraîner dans une guerre par procuration contre la Russie", a-t-elle ajouté, insistant elle aussi sur les sanctions économiques déjà en place. "Notre objectif est de modifier le comportement de la Russie." Dans un rapport publié lundi, l'Atlantic Council estime lui que les Etats-Unis devraient autoriser la livraison de trois milliards de dollars d'assistance militaire à Kiev sur trois ans, dont un milliard dès cette année. Les huit auteurs de ce rapport, tous d'anciens responsables de l'administration, suggèrent l'envoi de missiles antiblindages, de véhicules blindés Humvee et de drones et prônent une action en coordination avec la Pologne, les Etats baltes, le Canada et la Grande-Bretagne. "Si nous devions différer cette action, le prix à payer pour l'Occident n'en serait que plus élevé", notent-ils. Pour l'un d'eux, John Herbst, ancien ambassadeur des Etats-Unis à Kiev, la diplomatie a échoué et Moscou pense pouvoir agir à sa guise sur le champ de bataille. "Nous ne plaidons pas pour une solution militaire, nous pensons que l'armée ukrainienne ne peut pas battre l'armée russe et que le gouvernement russe n'a témoigné d'aucun intérêt pour un règlement diplomatique", explique-t-il. "Pour qu'il y ait un véritable règlement diplomatique, il faut priver le Kremlin d'une solution militaire." En visite en Inde fin janvier, Barack Obama avait fait part de sa préoccupation à propos de la recrudescence des combats entre séparatistes pro-russes et forces gouvernementales. Il avait indiqué que les Etats-Unis étudiaient toutes les possibilités pour isoler la Russie, à l'exception d'une action militaire. (voir ID:nL6N0V40HC ) (avec Doina Chiacu et Peter Cooney; Danielle Rouquié, Guy Kerivel et Henri-Pierre André pour le service français)

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