Washington peut maintenant alléger le fardeau de la Fed-Fischer

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    * La hausse du dollar n'empêchera pas la Fed d'agir 
    * Il ne faut pas oublier les leçons de la crise 
    * L'économie se porte "relativement bien", proche des 
objectifs 
 
 (Actualisé avec précisions, contexte) 
    par Jonathan Spicer 
    NEW YORK, 21 novembre (Reuters) - La numéro deux de la 
Réserve fédérale a déclaré lundi que les dépenses budgétaires et 
autres mesures pour améliorer la productivité pourraient aider 
la Fed à soutenir l'économie américaine. 
    Stanley Fischer est ainsi le dernier responsable en date à 
entrer dans le débat post-électoral sur la politique à mener par 
le futur gouvernement des Etats-Unis après la victoire de Donald 
Trump à la présidentielle. 
    Le vice-président de la Fed a ajouté que le raffermissement 
du dollar n'empêcherait pas la Fed de faire ce qui lui semble 
approprié pour l'économie du pays, alors que les investisseurs 
s'attendent à une hausse de taux le mois prochain. 
    La hausse du dollar "ne nous empêchera pas de faire ce que 
nous devons faire pour l'économie" américaine, a-t-il dit en 
réponse à un tir nourri de questions lors d'une intervention 
devant le Council on Foreign Relations, un cercle de réflexion. 
    Déjà porté par les anticipations de resserrement monétaire, 
le dollar a atteint ses plus hauts de plus de 13 ans face à un 
panier de devises de référence  .DXY  à la suite de l'élection 
présidentielle du 8 novembre, porté par les projets économiques 
du président élu Donald Trump. Ce dernier a promis des baisses 
d'impôts et des dépenses dans les infrastructures, ce qui a fait 
monter les rendements des emprunts du Trésor américain. 
    Tout en notant que l'incertitude restait "énorme" quant à 
l'orientation que prendrait la politique de Donald Trump et du 
Congrès à majorité républicaine, Stanley Fischer a alerté contre 
le risque "de chercher de nouveaux ennuis" en éliminant 
certaines des nouvelles réglementations financières regroupées 
dans la loi Dodd-Frank. 
    En revanche, "certaines politiques budgétaires, qui 
améliorent notamment la productivité, peuvent renforcer le 
potentiel de l'économie et aider à faire face à certains de nos 
défis économiques à plus long terme", a dit Stanley Fischer. 
     
    NE PAS OUBLIER LA CRISE DE 2007-2009 
    "Une combinaison d'infrastructures publiques modernisées, 
d'une meilleure éducation, d'un encouragement accru de 
l'investissement privé et d'une réglementation plus efficace ont 
un rôle à jouer pour promouvoir une amélioration plus rapide de 
la productivité et des conditions de vie", a-t-il dit. 
    L'économie américaine, huit ans après avoir touché le fond 
de sa phase de récession, est aujourd'hui proche des objectifs 
de la banque centrale en termes d'emploi et d'inflation, a dit 
Stanley Fischer, ajoutant qu'elle se porte "relativement bien". 
    Nous "ne pouvons pas nous permettre" d'oublier la crise 
financière de 2007-2009, a-t-il par ailleurs déclaré en réponse 
à une question sur la promesse de Donald Trump de revenir sur la 
loi Dodd-Frank mise en place en 2010 pour réduire le risque de 
crise lié aux banques en les obligeant, entre autres, à 
renforcer leurs fonds propres. 
    Après sept ans de taux d'intérêt proches de zéro et environ 
3.500 milliards de dollars (3.300 milliards d'euros) de rachats 
d'obligations, la Fed a décidé en décembre dernier de commencer 
à relever ses taux directeurs. Les propos du vice-président de 
la Fed sont venus confirmer les anticipations déjà élevées d'un 
nouveau resserrement monétaire le mois prochain. 
    Il a dit qu'une politique de relance budgétaire pourrait 
interrompre ces années de politique monétaire accommodante.  
    "Il y a eu une certaine appréciation du dollar" depuis 
l'élection, a-t-il souligné, notant que l'indice pondéré en 
fonction des échanges commerciaux avait été affecté par la 
"dépréciation significative" du peso mexicain. 
    "Sachant que les variations de taux de changes affectent 
l'emploi, (c'est) potentiellement assez important, mais ce n'est 
pas la seule chose qui se passe", a-t-il dit. "Cela ne nous 
empêchera pas de faire ce que nous devons sur la base de 
l'inflation et de l'emploi dans l'économie domestique."  
 
 (Bureau de New York; Bertrand Boucey et Juliette Rouillon pour 
le service français) 
 
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