Washington nie toute idée de tension avec les pays du Golfe

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WASHINGTON/RYAD, 12 mai (Reuters) - Le roi Salman d'Arabie saoudite a téléphoné lundi au président Barack Obama pour lui faire part de son "regret" de ne pouvoir assister au sommet des pays du Golfe organisé mercredi et jeudi à la Maison blanche et à Camp David, a déclaré la présidence américaine. Les deux dirigeants ont convenu d'oeuvrer avec les autres pays du Golfe à "bâtir une capacité collective afin de répondre plus efficacement à l'éventail de menaces qui pèsent sur la région et de résoudre les conflits régionaux". L'Arabie saoudite a annoncé dimanche que le monarque ne se rendrait pas aux Etats-Unis et qu'il avait demandé au prince héritier Mohamed ben Nayef d'assister au sommet à sa place. ID:nL5N0Y10VS Barack Obama devait initialement recevoir le roi Salman mercredi à la Maison blanche. Le prince Nayef, qui connaît bien les milieux de la sécurité et de la politique à Washington, sera accompagné du vice-dauphin, le prince Mohamed ben Salman, fils du roi et ministre de la Défense. Ben Rhodes, conseiller d'Obama à la sécurité nationale, a assuré que le président américain aurait "les bonnes personnes autour de la table". "Ce sont eux qui sont responsables des portefeuilles de la sécurité", a-t-il dit. Seuls deux pays du Golfe, le Koweït et le Qatar, seront représentés à ce sommet entre Washington et le Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'alliance politique et militaire régionale, par leurs monarques en exercice. Des analystes et diplomates du Moyen-Orient voient dans l'absence du roi Salman un signe évident de l'agacement des Saoudiens face à l'attitude de Washington envers l'Iran, malgré les démentis émanant de la Maison blanche et de Ryad. BOUCLIER ANTIMISSILES Le royaume saoudien a déclaré que l'une des principales raisons de l'absence du roi Salman était l'entrée en vigueur d'une trêve humanitaire mardi soir au Yémen, où l'Arabie saoudite a lancé une campagne aérienne à la fin mars pour contrer la progression des milices chiites houthies. L'Arabie saoudite est convaincue que le soutien de Téhéran à des groupes armés au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen est le principal facteur d'instabilité régionale et qu'il aggrave les tensions religieuses entre chiites et sunnites. Ryad redoute qu'un accord sur le nucléaire iranien, actuellement en négociation, permette la levée des sanctions qui étouffent l'économie de la République islamique sans mettre un frein à ses ambitions régionales. Pour la monarchie wahhabite, la volonté de parvenir à un accord nucléaire avec l'Iran a détourné Washington de problèmes plus urgents et soulève des questions sur le renforcement de l'engagement militaire des Etats-Unis dans la région. "Leur expérience, depuis six ans, c'est d'entendre des assurances, des promesses, de belles paroles de la part d'Obama. Mais au bout du compte, ils n'ont rien", estime Moustafa Alani, un expert irakien lié au ministère saoudien de l'Intérieur. Des responsables de la Maison blanche ont dit lundi que le sommet serait l'occasion d'annoncer des décisions concernant un bouclier régional antimissiles balistiques et l'augmentation des manoeuvres militaires conjointes. Pour Barack Obama, le soutien du CCG (Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats arabes unis et Oman) à un accord sur le nucléaire iranien est important pour montrer au Congrès que le pacte est largement soutenu dans la région, en dépit de l'opposition d'Israël. Le roi Salman a exprimé un soutien mesuré à l'accord intérimaire conclu entre l'Iran et le groupe P5+1 le 2 avril à Lausanne, insistant sur la nécessité que tout accord définitif soit solide, vérifiable et ne présente pas une menace pour les voisins de Téhéran. La participation de François Hollande au sommet extraordinaire du CCG les 4 et 5 mai a été l'occasion de réaffirmer la convergence de vues entre la France et les principaux Etats de la région sur la fermeté jugée nécessaire face à l'Iran comme sur les différentes crises qui secouent la région. ID:nL5N0XS16R (Matt Spetalnick, Angus McDowall; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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