Washington juge injustifiée une enquête de la CPI sur l'Afghanistan

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    WASHINGTON, 15 novembre (Reuters) - Une enquête de la Cour 
pénale internationale (CPI) sur de possibles crimes de guerre 
des forces américaines en Afghanistan n'est pas "justifiée ni 
appropriée", a déclaré mardi le département d'Etat américain, au 
lendemain de la publication d'un rapport de La Haye laissant 
pressentir son ouverture. 
    Dans un rapport publié lundi, le bureau du procureur de la 
Haye estime disposer d'un "motif raisonnable de croire" que les 
forces américaines ont torturé 61 prisonniers en Afghanistan et 
27 autres dans des lieux de détention de la CIA en Pologne, en 
Lituanie et en Roumanie en 2003 et 2004.   
    La porte-parole du département d'Etat Elizabeth Trudeau a 
rappelé que les Etats-Unis n'avaient pas ratifié le statut de 
Rome instituant la CPI et ne reconnaissaient pas la juridiction 
du tribunal. 
    Washington dispose d'un système judiciaire solide à même de 
gérer de telles plaintes, a-t-elle poursuivi. 
    "Les Etats-Unis sont fermement engagés à respecter le droit 
de la guerre", a dit la porte-parole lors d'une conférence de 
presse.  
    "Nous ne pensons pas qu'un examen ou une enquête de la CPI 
quant aux actions des effectifs américains en lien avec la 
situation en Afghanistan soit justifié ni approprié". 
    La procureure générale de la CPI, Fatou Bensouda, a annoncé 
lundi par son bureau une décision imminente quant au lancement 
d'une enquête sur la base des éléments préliminaires du rapport. 
    Les Etats-Unis ont occupé de larges territoires en 
Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001, dans le 
but de frapper l'organisation Al Qaïda et de renverser les 
taliban. 
    Entre 2009 et 2012, le département de la Justice américain a 
ouvert une enquête concernant le mauvais traitement de 
prisonniers par la CIA, et notamment la mort de deux détenus, 
mais s'est prononcé contre des poursuites. 
    Plusieurs soldats de l'armée américaine en Afghanistan ont 
en revanche été poursuivis pour homicide ou maltraitance et 
certains ont été condamnés à des peines de prison. 
 
 (David Alexander et Thomas Escritt; Julie Carriat pour le 
service français) 
 
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