Washington juge indéniable l'usage d'armes chimiques en Syrie

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WASHINGTON JUGE INDÉNIABLE L'USAGE D'ARMES CHIMIQUES EN SYRIE
WASHINGTON JUGE INDÉNIABLE L'USAGE D'ARMES CHIMIQUES EN SYRIE

par Paul Eckert

WASHINGTON (Reuters) - John Kerry a durci le ton lundi à propos de la Syrie en affirmant que les preuves du recours à l'arme chimique étaient désormais "incontestables" et en accusant le régime de Damas de chercher à étouffer l'affaire.

Le secrétaire d'Etat américain a ainsi dit que le président Barack Obama "croit que ceux qui utilisent l'arme la plus atroce au monde contre la population la plus vulnérable de la planète doivent rendre des comptes de leurs actes".

Ses propos, les plus sévères d'un responsable américain depuis l'attaque présumée du 21 août aux gaz innervants dans la plaine de la Goutha orientale, à la périphérie de Damas, font suite à la première visite sur le site visé par les experts en armes chimiques dépêchés par les Nations unies dans la capitale syrienne.

"Ce que nous avons vu la semaine dernière en Syrie devrait heurter la conscience du monde", a déclaré John Kerry à la presse. "Que je me fasse bien comprendre: le massacre à l'aveugle de civils, le meurtre de femmes, d'enfants et de badauds innocents par des armes chimiques constituent une obscénité morale".

Il a accusé le gouvernement du président Bachar al Assad de se comporter comme quelqu'un qui a quelque chose à cacher en empêchant pendant plusieurs jours la visite des experts des Nations unies sur les lieux de l'attaque ainsi qu'en pilonnant le secteur.

"CRIME LÂCHE"

"Notre sens de l'humanité la plus essentielle est choqué non seulement par ce crime lâche mais aussi par la tentative cynique de l'étouffer", a-t-il poursuivi.

Les informations à notre disposition, y compris les vidéos et les témoignages venus du terrain, montrent qu'un arsenal de type chimique a été utilisé en Syrie, a dit le chef de la diplomatie américaine, qui a ajouté: "C'est indéniable".

De son côté, la Maison blanche a déclaré que les preuves du recours à l'arme chimique en Syrie étaient incontestables.

Elle a fait savoir qu'"il existe très peu de doute dans notre esprit" que le gouvernement de Damas porte la responsabilité de l'utilisation de ce type d'arsenal.

Elle a précisé que le président Barack Obama n'avait pas encore pris de décision sur la manière de répondre à cette action.

Une porte-parole du département d'Etat, Marie Harf, a expliqué de son côté que l'administration Obama n'avait pas encore fixé de calendrier de réponse à l'utilisation de l'arme chimique en Syrie. "Les gens sentent qu'il existe un certain degré d'urgence (...) mais aucun calendrier (n'a été arrêté"), a-t-elle dit aux journalistes.

Dans ses propos, John Kerry n'est pas allé jusqu'à imputer explicitement la responsabilité de l'attaque au gouvernement syrien mais il l'a laissé entendre avec force en déclarant que personne d'autre ne pouvait être derrière cet acte.

Il a enfin indiqué que les Etats-Unis disposaient d'informations supplémentaires à ce sujet qu'ils fourniraient dans les jours à venir.

Avec Susan Cornwell et Tabassum Zakaria; Jean-Loup Fiévet pour le service français

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  • g.marti4 le mardi 27 aout 2013 à 06:47

    Faut donner l'affaire à des juges qui donneront leur sentence dans 3 ans

  • g.marti4 le mardi 27 aout 2013 à 06:45

    Bon ! Qu'est-ce qu'ils font maintenant ?