Washington et Pékin ratifient l'accord de Paris sur le climat

le , mis à jour à 14:50
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    * Les deux pays représentent 38% des émissions de GES 
    * La décision devrait accélérer l'entrée en vigueur de 
l'accord 
    * USA et Chine soutiennent également un accord sur 
l'aviation 
 
 (Actualisé avec déclarations d'Obama, Xi Jinping, Hollande, 
Fabius) 
    par Roberta Rampton et Nathaniel Taplin 
    HANGZHOU, Chine, 3 septembre (Reuters) - Les Etats-Unis et 
la Chine, les deux plus grands pays pollueurs de la planète, ont 
ratifié ensemble samedi l'accord de Paris sur le climat, ce qui 
pourrait faciliter son entrée en vigueur d'ici la fin de 
l'année.  
    Washington et Pékin ont annoncé leur décision dans un 
communiqué commun à la veille de l'ouverture du sommet du G20 à 
Hangzhou, en Chine. 
    Cette décision des deux puissances, qui représentent à elles 
seules 38% des émissions mondiales de gaz à effet de serre 
(GES), est une étape majeure dans le processus de mise en oeuvre 
de l'accord adopté le 12 décembre dernier à l'issue de la COP21, 
la 21e conférence des parties à la Convention-cadre de l'Onu sur 
les changements climatiques. 
    "De la même manière que je pense que l'accord de Paris a 
marqué un tournant pour notre planète, je pense que l'histoire 
dira de cette initiative qu'elle a été cruciale", a commenté 
Barack Obama après avoir remis, en compagnie de Xi Jinping, le 
texte ratifié au secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon. 
    Le président chinois a évoqué de son côté "l'ambition 
commune et la détermination de la Chine et des Etats-Unis à 
apporter une réponse aux grands sujets mondiaux". 
    Dans une déclaration sur Facebook, François Hollande s'est 
félicité de la décision sino-américaine qui, selon lui, "ouvre 
la voie à une entrée en vigueur de l'accord de Paris à la fin de 
l'année", comme la France en a émis le souhait. 
    Les Etats-Unis et la Chine ont également apporté leur 
soutien à un accord de plafonnement des émissions de C02 dans 
l'aviation civile, qui doit être finalisé lors d'une réunion de 
l'OACI (Organisation de l'aviation civile internationale) dans 
le courant du mois et entrer en vigueur en 2021. 
     
    LA FRANCE A DONNÉ L'EXEMPLE 
    L'accord de Paris fixe pour objectif de contenir la hausse 
de la température moyenne de la planète "nettement en dessous de 
2°C" par rapport aux niveaux pré-industriels et de s'efforcer de 
limiter cette augmentation à 1,5°C.  
    Il jette les bases d'une maîtrise des émissions de gaz à 
effet de serre à l'origine des dérèglements climatiques en 
fixant le cadre d'engagements politiques, économiques et 
financiers et prône une transition énergétique rapide vers des 
sources plus propres, comme le solaire ou l'éolien. 
    Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par au moins 55 
pays représentant 55% des émissions de gaz à effet de serre. Une 
fois ce double seuil franchi, le texte s'applique dans un délai 
de trente jours.  
    Avant l'annonce de Pékin et Washington, 23 Etats 
représentant à peine 2% du total des émissions de GES avaient 
formellement ratifié l'accord de Paris, selon un décompte 
officiel de l'Onu.  
    La France l'a ratifié en juin, devenant le premier pays 
industrialisé à franchir le pas. Le pays représente seulement 
1,2 % des émissions mondiales alors qu'il contribue à hauteur de 
4,2 % au PIB mondial, selon le ministère français de 
l'Environnement.  
    Brian Deese, conseiller du président Barack Obama, a déclaré 
que l'Inde, qui représente 4,1% des émissions de GES, 
s'apprêtait également à ratifier l'accord. Le Premier ministre 
indien Narendra Modi a prévu de rencontrer Barack Obama en tête 
à tête en marge du sommet de Hangzhou, au sud-ouest de Shanghai. 
  
    L'annonce sino-américaine pourrait aussi inciter des pays 
comme le Brésil ou le Canada, également présents en Chine, à 
ratifier prochainement l'accord de Paris. La Russie est 
responsable quant à elle de 7,5% des émissions. 
     
    LE G20 REPRÉSENTE 80% DES ÉMISSIONS MONDIALES DE GES 
    Laurent Fabius, qui présidait la COP21, a estimé dans un 
communiqué que cette initiative devrait avoir un "effet 
d'entraînement" bienvenu après des mois de flottement, et émis 
le souhait que l'Union européenne rejoigne rapidement le 
mouvement. 
    "Nous attendons une poussée du nombre de ratifications lors 
de la semaine de l'Onu sur le climat courant septembre", a 
déclaré de son côté Bill Hare, directeur de l'ONG Climate 
Analytics. Les Nations unies ont programmé une réunion le 21 
septembre pour accélérer le processus de ratification. 
    Réuni dimanche et lundi à Hangzhou, le groupe des vingt plus 
grandes économies de la planète représente 80% des émissions 
mondiales de carbone.  
    En général, ce sont les parlements nationaux qui ratifient 
l'accord sur le climat mais l'administration américaine a 
préféré avoir recours à un décret de l'exécutif afin d'éviter 
d'en passer par le Sénat à majorité républicaine.  
    Cette décision pourrait toutefois être affectée par l'examen 
dans les prochaines semaines d'un recours déposé par 27 Etats 
américains devant un tribunal fédéral pour bloquer le Clean 
Power Plan, qui réduit les émissions de CO2 des centrales 
électriques. Des républicains mettent en effet en doute la 
légalité de l'acte administratif utilisé par la Maison blanche 
pour ratifier l'accord de Paris.  
    Si Hillary Clinton, candidate démocrate à l'élection 
présidentielle du 8 novembre aux Etats-Unis, soutient l'accord 
sur le climat, son rival républicain Donald Trump dit ne pas 
croire au changement climatique et promet de rejeter l'accord de 
Paris s'il est élu.  
    S'ils veulent se retirer, les pays qui ont ratifié l'accord 
sont contraints d'attendre un délai de trois ans après l'entrée 
en vigueur.  
    La ratification ne signifie pas pour autant la fin du 
processus car il faudra encore un an ou deux pour définir les 
modalités d'application détaillées de l'accord, estime Alden 
Meyer, directeur international de l'Union of Concerned 
Scientists.  
 
 (Avec Valerie Volcovivi et Ayesha Rascoe à Washington, Alister 
Doyle à Oslo, David Stanway à Shanghai; Henri-Pierre André, 
Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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