Washington critiqué sur le nucléaire iranien après sa liste noire

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WASHINGTON CRITIQUÉ SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN APRÈS SA LISTE NOIRE
WASHINGTON CRITIQUÉ SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN APRÈS SA LISTE NOIRE

MONACO (Reuters) - En élargissant leur "liste noire" des entreprises et personnalité iraniennes frappées par des sanctions, les Etats-Unis font le jeu de ceux qui s'opposent à l'accord intérimaire sur le nucléaire iranien conclu le 24 novembre dernier à Genève, a déclaré vendredi soir l'ambassadeur d'Iran en France.

L'initiative de Washington jette également le doute sur la sincérité des Occidentaux à vouloir parvenir à un accord définitif, a ajouté Ali Ahani, qui s'exprimait devant la presse lors de la 6e édition de la World Policy Conference, réunissant décideurs politiques et milieux d'affaires à Monaco.

L'accord provisoire conclu à Genève entre l'Iran et le P5+1 (les cinq membres du Conseil de sécurité de l'Onu - Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne - plus l'Allemagne) d'une validité de six mois prévoit la suspension de certaines activités nucléaires iraniennes en échange de la levée partielle et progressive de sanctions internationales contre la République islamique.

"Cet accord a des adversaires tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Iran", a déclaré l'ambassadeur iranien. "Nous devons être précis et ne pas commettre d'erreur."

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir élargi la liste des individus et des entreprises visées par des sanctions en relation avec le programme nucléaire iranien.

"Le président Hassan Rohani et son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif sont soumis à de la pression, d'autant que certains ne font pas confiance aux Américains. Il faut donc faire preuve de prudence en n'ajoutant pas de nouvelles sanctions. Si nous ajoutons des sanctions, cela renforcera le camp des opposants", a expliqué Ali Ahani.

KERRY MINIMISE

Ahani, qui remplaçait au pied levé Zarif, retenu par la maladie de sa mère, à la tribune de la World Policy Conference, a estimé que l'initiative américaine plaçait le processus dans une phase délicate.

"Le contenu de cet accord est tout à fait clair. Il a été décidé de ne pas ajouter de sanctions. Ce type de décision bloque les choses", a-t-il insisté.

Les discussions techniques entre l'Iran et le groupe P5+1 sur la mise en oeuvre de l'accord de Genève ont été suspendues vendredi à Vienne quelques heures après la décision américaine.

Des experts des deux parties étaient réunis depuis quatre jours au siège de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) pour définir les modalités d'application de l'accord.

La Russie a elle aussi fait part de sa préoccupation. "La décision de l'administration américaine va à l'encontre de l'esprit de ce document", a dit la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, en évoquant l'accord de Genève. Washington, a-t-elle ajouté, risque de "compliquer sérieusement l'application de l'accord de Genève, qui propose un allègement du régime de sanctions".

En visite en Israël, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a cherché quant à lui à minimiser les tensions actuelles.

"Nous avons travaillé dur à Vienne, nous avançons mais je pense qu'il y a un moment dans ce genre de discussions où les gens éprouvent le besoin de consulter et de faire une pause", a-t-il dit.

John Irish avec Fredrick Dahl à Vienne; Henri-Pierre André pour le service français

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  • grinchu1 le samedi 14 déc 2013 à 12:34

    INCOMPREHENSIBLE...!!!