Washington annonce la mort en Irak du n°2 de l'Etat islamique

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par Jeff Mason EDGARTOWN, Massachusetts, 22 août (Reuters) - La Maison blanche a confirmé vendredi que le numéro deux du groupe djihadiste Etat islamique (EI), Hadji Moutazz, avait été tué mardi lors d'un raid aérien américain dans le nord de l'Irak. Fadhil Ahmad al Hayali, également connu sous le nom de Hadji Moutazz, a été victime d'une frappe alors qu'il circulait à bord d'un véhicule près de Mossoul, la grande ville du nord irakien conquise par l'EI en juin 2014, a précisé un porte-parole de la présidence américaine, confirmant une information révélée par CNN. "La mort d'Al Hayali aura des retombées négatives sur les opérations de l'EI, étant donné l'influence qu'il exerçait sur les finances du groupe, sur les médias, sur les opérations et sur la logistique", a ajouté Ned Price. Selon la Maison blanche, il siégeait au conseil de la Choura de l'EI et, en qualité de premier adjoint d'Abou Bakr al Baghdadi, coordonnait notamment les transports d'armes et d'explosifs et les transfert de véhicules et de combattants personnes entre les zones tenues par l'EI en Irak et en Syrie. Moutazz, chargé des opérations en Irak, avait pris part à la préparation de l'offensive contre Mossoul, qui a marqué en juin 2014 l'émergence de l'organisation djihadiste. Ancien lieutenant-colonel de l'armée irakienne sous Saddam Hussein, il faisait partie de ces militaires exclus des rangs après le renversement du dictateur en 2003 et qui ont contribué des années plus tard à former et à structurer l'organisation Etat islamique. D'après Harleen Gambhir, spécialiste du contre-terrorisme à l'Institute for the Study of War, il avait été détenu par des soldats américains en Irak dans la prison de Camp Bucca. Il est probable qu'il ait rallié à sa sortie de prison l'organisation Etat islamique d'Irak, groupe créé par Abou Moussab al Zarkaoui, affilié à Al Qaïda et acteur central de l'insurrection de 2005-2008 en Irak. Ce n'est pas la première fois que sa mort est annoncée, a ajouté Gambhir: fin 2014, a-t-elle dit, des responsables américains avaient déjà indiqué qu'il avait été tué dans une frappe aérienne. Seth Jones, ancien fonctionnaire du Pentagone aujourd'hui spécialiste des questions liées au terrorisme à RAND Corporation, a estimé pour sa part que l'impact de sa mort sur le fonctionnement de l'EI serait limité dans le temps. "Mon expérience de l'Etat islamique indique que le groupe a démontré par le passé sa capacité à promouvoir des membres à des postes élevés" pour remplacer des cadres tués, a-t-il dit. Sous couvert d'anonymat, un responsable de l'administration américaine en convient. Mais, ajoute-t-il, "la mort de Moutazz (...) perfore davantage l'image d'invincibilité que l'EI a tenté de se forger". (avec Warren Strobel à Washington; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)

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