Wall Street veut croire que le pire est passé pour les bénéfices

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WALL STREET VEUT CROIRE QUE LE PIRE EST PASSÉ POUR LES BÉNÉFICES
WALL STREET VEUT CROIRE QUE LE PIRE EST PASSÉ POUR LES BÉNÉFICES

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK (Reuters) - A Wall Street, les investisseurs veulent croire que des publications de résultats trimestriels promises comme les pires depuis 2009 marqueront un point bas et ouvriront la voie à un rebond de bon augure pour le marché, qui plafonne depuis près d'un an.

Le recul des résultats des entreprises cotées amorcé au troisième trimestre 2015 devrait se poursuivre jusqu'au deuxième trimestre avec une baisse attendue sur cette période de 2,2%, après celle de près de 8% anticipée sur les trois premiers mois de l'année.

Les publications de résultats vont s'accélérer au cours des jours à venir avec des vedettes du secteur des hautes technologies comme Alphabet, IBM et Intel et une kyrielle de grands noms du secteur de la consommation comme Starbucks, Yum Brands et Coca-Cola.

Pour certains responsables de stratégies d'investissement prudemment optimistes, le rebond des cours du pétrole et d'autres matières premières, l'affaiblissement du dollar et une croissance faible mais régulière de l'économie américaine devraient conduire à une amélioration des résultats des entreprises.

Si les performances ce celles-ci au premier trimestre sont conformes aux attentes, elles marqueront un troisième trimestre consécutif de recul des profits et un cinquième trimestre de contraction des chiffres d'affaires.

Mais pour Richard Bernstein, directeur général et responsable des investissements de Richard Bernstein Advisors, les comparaisons d'une année sur l'autre sont appelées à s'améliorer.

LES SUJETS D'INQUIÉTUDE NE MANQUENT PAS

"Le fond de l'affaire, c'est que l'on ne va pas rejouer 2015", dit-il, estimant que le point bas de la contraction des profits a été atteint à la fin de l'année dernière. Il surpondère les secteurs qu'il considère comme très sensibles au cycle des profits, c'est-à-dire les valeurs des secteurs de l'énergie, des matériaux de base, de la finance et des technologies.

Les cours du pétrole, à plus de 40 dollars le baril, sont remontés bien au-dessus des points bas proches de 26 dollars atteints à la mi-février tandis que l'indice du dollar contre les devises des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis est en recul de 3,7% sur un an et que le taux de chômage américain est au plus bas depuis près de huit ans.

Un retournement de tendance sur les profits des entreprises dissiperait l'une des principales craintes des investisseurs, à savoir un cycle de résultats durablement faibles.

Le S&P 500, l'indice phare de Wall Street, a effacé les lourdes pertes enregistrées en début d'année et affiche désormais une hausse de 1,8% par rapport à ses niveaux de fin 2015 tandis que son ratio de capitalisation des bénéfices est inférieur à sa moyenne de long terme.

Le marché n'en est pas moins 2,5% en dessous de son point haut de mai 2015 et les sujets d'inquiétude ne manquent pas pour les investisseurs.

Seulement 28% des petits porteurs interrogés cette semaine par l'Association américaine des investisseurs individuels ont déclaré s'attendre à une hausse de Wall Street dans les six prochains mois, contre une moyenne de long terme de 39%.

Les analystes s'attendent actuellement à une baisse de 7,8% des bénéfices au premier trimestre selon les données de Thomson Reuters, mais ceux de Goldman Sachs estiment que ce chiffre est encore trop optimiste.

POINT BAS EN VUE

"Les prévisions des entreprises pour le deuxième trimestre risquent d'être abaissées, ce qui se traduira par un recul des prévisions de bénéfice par action", écrivent-ils dans une note de recherche.

Ils relèvent qu'environ 20% des entreprises du S&P 500 publient des prévisions et que le pourcentage de celles qui les ont revues en baisse a augmenté au fil du temps pour atteindre 83% au quatrième trimestre 2015.

"Nous nous attendons à ce que les révisions en baisse des bénéfices par action 2016 se poursuivent, les dirigeants d'entreprise annonçant encore des révisions en baisse des perspectives pour le trimestre à venir", écrivent-ils.

Les investisseurs s'inquiètent aussi du recul des flux de trésorerie des entreprises du S&P 500 l'année dernière, qui pèse sur leur capacité à racheter leurs actions alors que les rachats d'actions ont soutenu les bénéfices par action au cours des dernières années.

Les révisions des estimations de bénéfice par les analystes pourraient toutefois avoir touché un point bas, ce qui constituerait un signal positif pour le marché.

Les estimations de bénéfices au titre du premier trimestre ont été revues en baisse de 3,1 points de pourcentage entre le début du mois de décembre et la mi-janvier mais celles portant sur le deuxième trimestre n'ont été abaissées que de 0,9 point de pourcentage depuis le 1er mars, montrent des données de Thomson Reuters.

"Nous ne nous attendons pas à observer une inflexion dans les résultats (au deuxième trimestre) mais il est plus probable que le taux de variation diminue", dit Eric Wiegand, gestionnaire de portefeuille de la division de banque privée d'U.S. Bank.

(avec Noel Randewich à San Francisco, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

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