Wall Street toujours freinée par le Brexit

le
0
WALL STREET RESTE FREINÉE PAR LE BREXIT
WALL STREET RESTE FREINÉE PAR LE BREXIT

par Lewis Krauskopf

NEW YORK (Reuters) - La Bourse de New York a prolongé lundi son mouvement de baisse enclenché vendredi, aucun élément nouveau n'ayant permis de dissiper les craintes d'une période d'incertitude durable sur les marchés mondiaux après le choc provoqué par le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne.

L'indice Dow Jones a perdu 260,51 points, soit 1,50%, à 17.140,24. Le Standard & Poor's-500, plus large et principale référence de nombreux investisseurs, a cédé 36,87 points (-1,81%) à 2.000,54 et le Nasdaq Composite a reculé de 113,54 points (-2,41%) à 4.594,44.

Le Nasdaq a plus souffert que les deux autres grands indices en raison de sa forte composante technologique, un secteur qui pourrait être particulièrement affecté par une chute des investissements avec le climat d'aversion au risque créé par le Brexit.

"La tendance reste à la baisse car il demeure beaucoup d'incertitudes", dit Eric Kuby, responsable de l'investissement chez North Star Investment Management à Chicago. "Il est important de relever que cela se fait de manière ordonnée. Cela ne donne pas un sentiment de panique."

Le secrétaire au Trésor américain, Jack Lew, a lui aussi déclaré sur CNBC ne pas croire à une nouvelle crise financière liée au Brexit.

Les trois grands indices de Wall Street n'en enregistrent pas moins leur repli le plus marqué en deux séances depuis août 2015 quand un vent de panique avait soufflé sur les marchés mondiaux en raison d'inquiétudes quant à l'ampleur du ralentissement économique chinois.

Le S&P-500 a ainsi perdu plus de 5,3% depuis l'annonce, vendredi avant l'ouverture, de la victoire du camp du "Leave" au référendum en Grande-Bretagne.

LE DOLLAR POURRAIT PESER SUR LES EXPORTATIONS

Comme en Europe et comme vendredi, les valeurs financières ont été parmi les plus malmenées à Wall Street avec un recul de 2,79%. Particulièrement sensibles aux cycles, les banques pourraient en outre voir la Réserve fédérale abandonner ses projets de hausse de taux cette année, qui auraient un effet positif sur leurs revenus.

JPMorgan, Citigroup et Bank of America ont perdu entre 3,34% et 6,31%.

Plus largement, les entreprises américaines risquent de voir leurs bénéfices grevés par le raffermissement du dollar alors que les intervenants se détournent de la livre sterling, tombée à un nouveau plus bas depuis 31 ans face au billet vert, et de l'euro.

Cette hausse du dollar et les craintes sur les effets du Brexit sur la croissance mondiale pèsent aussi sur les cours des matières premières et les valeurs du secteur ont été les plus durement frappées ce lundi à Wall Street avec une baisse de 3,39%.

Seuls deux des 10 grands indices sectoriels S&P ont fini dans le vert : les services aux collectivités, ou "utilities", et les télécoms, deux compartiments défensifs par excellence qui ont enregistré des gains de 1,29% et de 0,58% respectivement.

Contre la tendance, l'équipementier médical HeartWare International a bondi de près de 93% à 57,79 dollars après l'annonce de son rachat par Medtronic pour environ 1,1 milliard de dollars.

(Bertrand Boucey pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant