Wall Street suspendue aux annonces de la Fed

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(Rpt sans changement d'une dépêche diffusée dimanche) par Akane Otani NEW YORK, 15 septembre (Reuters) - Wall Street risque de vaciller encore cette semaine si, comme on s'y attend, la Réserve fédérale fait comprendre que les jours des taux d'intérêt proches de zéro sont désormais comptés. Le comité de politique monétaire (Fomc) de la Fed se réunit mardi et mercredi et bon nombre économistes s'attendent à ce que la banque centrale abandonne sa promesse d'un maintien de taux bas "pendant une durée considérable." Les traders estiment qu'un abandon de la "communication avancée" laisserait la porte ouverte à une hausse des taux d'intérêt à court terme au printemps, peut-être dès le mois de mars, pour la première fois depuis plus de huit ans. Cette perspective explique que la Bourse ait viré au rouge après cinq semaines de hausse. Le Dow Jones .DJI a perdu 0,9% sur l'ensemble de la semaine écoulée et le Standard & Poor's 500 .SPX 1,1%, une faiblesse également constatée sur les marchés de taux qui n'ont pas davantage intérêt à voir la politique monétaire se normaliser. "Si les investisseurs ont le sentiment que la Fed durcit le ton, ce sera négatif pour toutes les classes d'actifs à l'exception du dollar", souligne Chris Gaffney, analyste marché chez EverBank Wealth Management à St. Louis (Missouri). LE MARCHÉ ACTIONS GARDE SON ATTRAIT Pour acquise qu'elle soit, la perspective d'une hausse des taux en 2015 ne devrait toutefois pas modifier la perception positive qu'ont les investisseurs du marché actions, surtout par rapport aux obligations, disent les analystes. La politique de la Fed consistant à maintenir ses taux proches de zéro depuis près de six ans et à procéder à des rachats massifs de titres a largement soutenu Wall Street, permettant au Dow et au S&P d'enchaîner les records. Mais avec des rendements obligataires toujours historiquement bas, et peu susceptibles de remonter en flèche, la Bourse garde tout son attrait pour les investisseurs. "Il y aura certainement de la volatilité dans un premier temps, mais le marché retrouvera un équilibre à un moment ou un autre", prédit Quincy Krosby, stratège chez Prudential Financial à Newark (New Jersey). Le ratio PER (cours/bénéfice) du S&P-500 suggère certes une certaine cherté du marché actions américain mais d'autres mesures sont plus avantageuses, surtout au regard des obligations. Le ratio dit "earnings yield" (rendement réel de l'action), qui est l'inverse du PER et permet de comparer avec les valorisations obligataires, est de l'ordre de 6,3% pour le marché américain, soit 3,7 points de plus que le rendement actuel de l'emprunt du Trésor à 10 ans US10YT=RR (2,6%), alors que l'écart historique entre les deux est de l'ordre de 1,5 point. La comparaison avec les "junk bonds", les obligations spéculatives des entreprises qui offrent des rendements plus élevés que les bons du Trésor, est également favorable aux actions. De plus, les entreprises devraient renouer avec une croissance à deux chiffres de leurs résultats dans les prochains trimestres, selon les données de Thomson Reuters, ce qui aura pour effet de stabiliser les PER voire de les comprimer si la l'amélioration des bénéfices est supérieure à la hausse des actions. Cela suggère que le marché actions reste le plus attractif pour le moment, du moins jusqu'à ce que les taux remontent suffisamment pour ramener les écarts de valorisation dans leurs marges historiques. "Dans l'environnement de marché actuel, il n'y a pas vraiment d'alternative préférable au marché boursier", conclut Chris Gaffney. (Véronique Tison pour le service français)


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