Wall Street se replie, entre attentisme et appréhension

le , mis à jour à 23:28
0
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

par Sinead Carew

NEW YORK (Reuters) - La Bourse de New York s'est repliée lundi, dans un climat d'attentisme mêlé d'appréhension entre la décision imminente de la Réserve fédérale de relever ou non ses taux d'intérêt et l'accumulation de signes témoignant du ralentissement économique de la Chine.

Cette fébrilité, facteur de volatilité sur les marchés, devrait perdurer au moins jusqu'au grand rendez-vous de la semaine côté américain: la réunion du comité de politique monétaire de la Fed mercredi et jeudi, qui pourrait accoucher de la première hausse des taux depuis 2006 aux Etats-Unis.

L'indice Dow Jones des 30 principales valeurs a perdu 62,13 points, soit 0,38%, à 16.370,96. Le Standard & Poor's-500, plus large, a cédé 8,02 points (0,41%) à 1.953,03 et le Nasdaq Composite a reculé de 16,58 points (0,34%) à 4.805,76 points.

Ces trois grands indices avaient tous progressé sur l'ensemble de la semaine dernière, le S&P-500 et le Nasdaq enregistrant même leur plus forte hausse hebdomadaire depuis juillet.

"Cela a été une séance calme aujourd'hui. Avec la Fed jeudi, personne ne veut vraiment tenter de coup", dit Michael Matousek, chez US Global Investors à San Antonio.

Les échanges ont été peu fournis avec un volume de 5,4 milliards de titres inférieur à la moyenne quotidienne des 20 précédentes séances, de 8 milliards de titres échangés, selon les données de Thomson Reuters.

Le flou concernant le calendrier du resserrement monétaire de la Fed est illustré par les prédictions variables des économistes et des intervenants de marché. Une enquête de Reuters auprès d'un vaste panel d'économistes a ainsi montré vendredi qu'une courte majorité jugeait toujours possible une hausse des taux dès ce mois-ci, alors que les "primary dealers", les banques habilitées à traiter directement avec la Fed, parient désormais davantage sur le quatrième trimestre. Les intervenants sur les "futures" sur les taux d'intérêt à court terme n'accordent quant à eux qu'une chance sur quatre à un relèvement des taux jeudi.

Autre facteur d'agitation sur les marchés depuis la dévaluation surprise du yuan en août, la Chine continue de susciter des inquiétudes. La production industrielle et l'investissement y ont augmenté moins qu'attendu en août, ce qui conforte les anticipations de ralentissement de la deuxième économie mondiale.

APPLE GRIMPE AVEC LES PRÉCOMMANDES D'IPHONE

"La Chine continue d'être une source d'inquiétude car les investisseurs cherchent toujours à situer le plancher en ce qui concerne ce pays même si le gouvernement dispose d'une grande marge de manoeuvre pour stimuler la croissance", souligne Chris Bertelsen, responsable de l'investissement chez Global Financial Private Capital à Sarasota, en Floride.

Neuf des 10 indices sectoriels du S&P ont fini dans le rouge, seuls les services aux collectivités ou "utilities" parvenant à arracher une hausse modeste (0,26%).

Comme toujours lorsque les nouvelles en provenance de Chine sont jugées préoccupantes, le secteur des matières premières a été pénalisé, enregistrant la plus forte baisse sectorielle (-1,28%).

Pour les mêmes raisons, le sous-indice des valeurs de l'acier sur le Dow Jones a plongé de quasiment 3,75% pour s'approcher d'un creux de six ans. Il a perdu 22% depuis le début de l'année.

Les producteurs américains d'aluminium ont aussi souffert, surtout Alcoa, en recul de 2,8%, qui a en outre annoncé l'arrêt prochain de sa raffinerie d'alumine Suralco au Suriname en raison de l'épuisement des réserves de bauxite qu'elle traitait.

Le géant chinois du commerce en ligne Alibaba, qui a récemment vu son titre passer sous son cours d'introduction, a encore cédé 3,14% à 62,60 dollars. Selon l'hebdomadaire financier Barron's, l'action pourrait perdre encore 50% de sa valeur en raison des difficultés de l'économie chinoise, de la concurrence dans le commerce électronique et d'une gouvernance et culture d'entreprise qui suscitent des interrogations.

Toujours dans les nouvelles technologies, Yahoo a abandonné 3,53% après avoir annoncé le départ de la responsable de sa division médias Kathy Savitt, qui va rejoindre la société de production STX Entertainment.

Contre la tendance, Apple a en revanche pris 0,96% à 115,30 dollars et a été le principal contre-poids à la baisse des trois grands indices de Wall Street. La firme à la pomme a dit avoir bon espoir de battre le record de précommandes de ses iPhone avec les nouvelles versions qui seront en vente le 25 septembre.

Les hésitations au sujet de l'attitude de la Fed ont favorisé la stabilité sur le marché obligataire avec un rendement à 10 ans pour les emprunts d'Etat américains à 2,17%, soit en recul de seulement un point par rapport à vendredi.

Dans des volumes là encore assez faibles, le dollar a pris 0,1% face à un panier de devises de référence à 95,249 tandis que l'euro a perdu 0,3% face au billet vert à 1,1313 dollar.

(Bertrand Boucey pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant