Wall Street recule après l'emploi et la baisse de la livre

le , mis à jour à 23:12
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LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

par Noel Randewich

NEW YORK (Reuters) - La Bourse de New York a terminé en baisse vendredi en réaction au "flash crash" de la livre sterling, qui a attisé la volatilité, et après les chiffres mensuels de l'emploi, inférieurs aux attentes mais qui ne remettent pas en cause le scénario d'une hausse des taux avant la fin de l'année.

L'indice Dow Jones a perdu 28,01 points, soit 0,15%, à 18.240,49. Le Standard & Poor's 500, plus large et principale référence de nombreux gérants, a reculé de 7,03 points (-0,33%) à 2.153,74 et le Nasdaq Composite a cédé 14,45 points (-0,27%) à 5.292,41.

L'économie américaine a créé 156.000 postes non-agricoles en septembre selon le rapport mensuel du département du Travail, un chiffre en baisse pour le troisième mois consécutif, alors que les économistes interrogés par Reuters en attendaient en moyenne 175.000.

Le taux de chômage est en outre remonté à 5% après 4,9% en août, une remontée qui traduit toutefois surtout un retour accru des Américains sur le marché du travail. Le salaire horaire moyen affiche une hausse de 2,6% sur un an, une progression conforme aux attentes.

Pour Michael Jones, responsable de la stratégie d'investissement de RiverFront Investment Group, ces chiffres sont "assez bons pour qu'on ne s'inquiète pas de voir l'économie américaine s'enfoncer dans une crise économique. Mais ils ne sont pas assez forts pour déclencher une action immédiate de la Fed."

Après les chiffres du département du Travail, les traders ont revu en baisse la probabilité estimée d'une hausse des taux d'intérêt en novembre, à 10% contre 15,5%. Le baromètre FedWatch de CME Group donne par contre une probabilité de 66% pour une hausse en décembre.

La tendance à Wall Street a par ailleurs souffert d'un regain d'inquiétude et de volatilité lié à la perspective du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, après l'accès de faiblesse de la livre sterling, qui a perdu brièvement jusqu'à près de 10% avant de se reprendre et touché un nouveau plus bas de 31 ans.

LA LIVRE A PARTIELLEMENT ÉCLIPSÉ L'EMPLOI

"Le Brexit, jusqu'à présent, était un non-événement mais c'est parce qu'ils n'ont pas encore commencé à négocier avec l'UE. On ne sait pas à quoi cela va ressembler", a commenté Warren West, associé de Greentree Brokerage Services.

La livre affichait en fin de séance une baisse de 1,45% face au dollar, à 1,2442 contre 1,1491 au plus bas du jour, et de près de 2% face à l'euro. Le billet vert abandonnait quant à lui 0,5% face à l'euro, autour de 1,12 et 0,3% face à un panier d'autres devises de référence.

Il reste sur sa meilleure performance hebdomadaire depuis fin juin face à un panier de devises de référence.

Sur le marché actions, l'indice de volatilité du CBOE a bondi de plus de 5%.

Au sein des grands indices sectoriels du S&P 500, les baisses les plus marquées reviennent à ceux des matières premières (-1,81%) et de l'industrie (-1,21%).

Ces dernières ont notamment souffert de la révision à la baisse des prévisions de résultats d'Honeywell, principal contributeur au repli du S&P 500 avec un recul de 7,5%.

Le chimiste PPG a quant à lui abandonné 8,28% après avoir annoncé s'attendre à une perte pour le troisième trimestre.

A la hausse, les financières ont pris 0,1%. Goldman Sachs, meilleure performance du Dow, s'est adjugé 1,6%.

Gap a bondi de 15,23% après avoir fait état d'une baisse moins marquée qu'attendu de ses ventes à données comparables en septembre, grâce entre autres à un regain d'intérêt des consommateurs pour sa marque Old Navy.

Au total, environ 6,6 milliards d'actions ont été échangées vendredi sur les différents marchés américains, contre 7,1 milliards en moyenne sur les 20 séances précédentes.

Sur l'ensemble de la semaine, le Dow a reculé de 0,37%, le S&P de 0,67% et le Nasdaq de 0,37%, après trois semaines consécutives de hausse.

Le marché obligataire a quant à lui peu varié sur la journée en dépit des chiffres de l'emploi. Le rendement des Treasuries à 10 ans a fini à 1,74% après un pic à 1,77% en séance, son plus haut niveau depuis le 3 juin. Il se situait à 1,53% vendredi dernier.

(avec Yashaswini Swamynathan; Marc Angrand pour le service français)


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