Wall Street, prudemment optimiste, espère amplifier son rebond

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REGAIN D'OPTIMISME À WALL STREET
REGAIN D'OPTIMISME À WALL STREET

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK (Reuters) - Après un début d'année tumultueux, Wall Street a retrouvé le chemin de la hausse ces dernières semaines et les investisseurs affichent désormais un optimisme prudent sur la capacité du marché à poursuivre son rebond.

Mais cela dépendra en grande partie des prochains indicateurs économiques, la remontée récente des cours étant liée pour une bonne part à une salve de statistiques solides qui ont dissipé les craintes diffuses d'une récession aux Etats-Unis.

Le rapport mensuel sur l'emploi publié vendredi a confirmé cette tendance, les créations de postes non-agricoles ayant dépassé les attentes en février.

L'indice Standard & Poor's 500 a terminé en hausse dix séances sur 15 depuis le plus bas touché le 11 février et vendredi, il a clôturé au-dessus de sa moyenne mobile à 100 jours pour la première fois de l'année.

La moitié des dix grands secteurs de l'indice phare du marché américaine - dont celui de l'énergie, lourdement sanctionné auparavant - sont désormais dans le vert pour 2016.

Autre signe favorable, l'indice Dow Jones des transports, considéré comme un baromètre de la conjoncture économique américaine, affiche des performances supérieures à celles de l'ensemble du marché avec une hausse de 1,9% depuis le 31 décembre, en grande partie liée à la remontée des cours du pétrole.

Le S&P 500, lui, a ramené à moins de 2,2% son recul depuis le début de l'année.

LA MENACE D'UNE RÉCESSION S'EST ÉLOIGNÉE

"Si vous aviez intégré dans les cours l'hypothèse d'une récession, il est temps de faire machine arrière", estime Jim Paulsen, responsable de la stratégie d'investissement de Wells Capital Management. Il ajoute que le S&P 500 pourrait désormais repartir tester son pic de mai 2015, lorsqu'il avait inscrit un record de clôture de 2.130,82 points, soit 6,54% au-dessus de celle de vendredi.

Comme d'autres professionnels du marché, Jim Paulsen s'attend à ce que les indicateurs économiques continuent de conforter l'hypothèse d'une poursuite de la croissance.

Ils ajoutent toutefois que différents autres facteurs sont susceptibles d'influencer le marché, à commencer par les spéculations sur la poursuite du relèvement des taux de la Réserve fédérale.

La hausse des dernières semaines a en effet été favorisée par la conviction que la Fed va pour l'instant maintenir le statu quo sur les taux, explique Donald Selkin, responsable de la stratégie de marché de National Securities à New York.

La majorité des spécialistes en valeurs du Trésor interrogés par Reuters vendredi après les statistiques de l'emploi ont déclaré s'attendre à ce que la banque centrale se contente de deux relèvements de taux d'ici la fin de l'année, soit une de moins qu'attendu jusqu'à présent.

LE BARIL NE DOIT PAS REPASSER SOUS 30 DOLLARS

L'agenda des indicateurs américains pour la semaine à venir est relativement léger, tout comme celui des interventions publiques de dirigeants de la Fed, dont le comité de politique monétaire se réunira les 15 et 16 mars.

Dans ce contexte, plusieurs facteurs extérieurs sont susceptibles d'influencer la tendance à Wall Street, à commencer par l'évolution des cours du pétrole.

"Il ne faut pas que les prix pétroliers retombent sous 30 dollars", prévient Donald Selkin.

L'indice S&P de l'énergie, pire performance sectorielle de 2015, affiche aujourd'hui une hausse de plus de 20% par rapport à son point bas du 20 janvier.

La stabilisation des cours du brut pourrait favoriser l'amélioration des bénéfices des sociétés cotées américaines, attendus en baisse sur janvier-mars pour le troisième trimestre consécutif.

"Je crois que les risques ont diminué (...) mais l'un des éléments qui nous incite à rester prudents, c'est la révision des estimations de bénéfice et de chiffre d'affaires", dont la tendance est peu encourageante, explique Dan Suzuki, responsable senior de la stratégie actions américaines de Bank of America Merrill Lynch.

La baisse relative du dollar est également considérée comme un facteur de soutien potentiel à Wall Street. De ce point de vue, les investisseurs suivront jeudi les décisions de la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait annoncer à la fois une nouvelle baisse de son taux de dépôt et une amplification supplémentaire de son programme d'achats de titres sur les marchés.

Autre grand sujet de préoccupation pour les marchés: la Chine, qui doit publier au cours des prochains jours des statistiques attendues sur ses réserves de change, sa masse monétaire et sa balance commerciale.

(Marc Angrand pour le service français)

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