Wall Street pourrait sortir de sa torpeur estivale

le
0
WALL STREET POURRAIT SE RÉVEILLER APRÈS UN MOIS D'AOÛT CALME
WALL STREET POURRAIT SE RÉVEILLER APRÈS UN MOIS D'AOÛT CALME

par Saqib Iqbal Ahmed

NEW YORK (Reuters) - Les marchés actions américains pourraient rapidement sortir de leur torpeur estivale alors que se présente une période de l'année traditionnellement plus propice à la volatilité.

Wall Street sera fermée lundi pour cause de jour férié aux Etats-Unis à l'occasion du Labor Day.

Elle sort d'un mois d'août particulièrement calme.

L'indice de la volatilité effective du Standard & Poor's-500 sur un mois, qui mesure l'agitation du marché au cours des 30 jours précédents, est ancré à proximité de ses plus bas historiques, selon les données Thomson Reuters.

Même le choc du vote britannique en faveur d'une sortie de l'Union européenne le 23 juin n'a pas duré et le S&P-500 n'a plus varié de 1%, à la hausse ou à la baisse, sur une séance depuis début juillet.

Ce calme pourrait vite disparaître face à l'abondance de facteurs susceptibles de déstabiliser les marchés, mettent en garde les observateurs.

"Quand on regarde le mois de septembre, en général c'est un mauvais mois", rappelle Brad McMillan, responsable de l'investissement chez Commonwealth Financial Network.

Septembre est le pire mois de l'année pour les marchés actions, selon les données de Stock Traders Almanac, avec une évolution moyenne du S&P-500 négative de 0,5%. Sa réputation a empiré en 2008 avec la faillite de Lehman Brothers qui a menacé d'emporter tout le système financier américain.

"Il y a une vraie probabilité que la faible volatilité constatée en août n'ait pas disparu mais qu'elle ait simplement été emmagasinée pour septembre", ajoute Brad McMillan.

VALORISATIONS ÉLEVÉES

La semaine qui s'ouvre sera elle-même assez pauvre en indicateurs macroéconomiques, hormis ceux sur l'activité dans les services, mais les éléments susceptibles d'agiter les marchés ne manquent pas à court terme entre l'hypothèse, faible mais réelle, d'une hausse de taux de la part de la Réserve fédérale, le niveau élevé des valorisations à Wall Street, les soubresauts du marché du pétrole ou encore l'intensification de la campagne pour l'élection présidentielle aux Etats-Unis.

"Août, septembre et octobre, c'est historiquement la mauvaise période de l'année pour être vraiment agressif, particulièrement avec toutes ces incertitudes à l'horizon", dit Phil Orlando, responsable de la stratégie sur les marchés actions chez Federated Investors à New York.

"Si deux ou trois de ces facteurs vont dans le mauvais sens (...) étant donné les niveaux élevés de valorisation, nous pourrions très facilement assister à un petit mouvement de repli."

Le ratio cours sur bénéfices anticipés du S&P est actuellement supérieur à 17, contre une moyenne à long terme d'environ 15, ce qui laisse le marché exposé à un choc négatif.

La principale menace à court terme se profilera avec la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Fed les 20 et 21 septembre. Le ralentissement plus prononcé que prévu des créations d'emploi en août aux Etats-Unis semble avoir affaibli le scénario d'un tour de vis monétaire dès ce mois-ci mais la Fed continue d'entretenir le flou sur ses intentions.

"Toute mauvaise nouvelle pourrait servir d'excuse pour réduire des positions et retirer un peu d'argent de la table", remarque Mark Watkins, chargé de la stratégie régionale d'investissement au sein de Private Client Reserve chez US Bank.

LES MARCHÉS VICTIMES DE TRUMP À LEUR TOUR?

L'approche de l'élection présidentielle du 8 novembre aux Etats-Unis risque aussi d'accentuer la nervosité des investisseurs.

"Wall Street va commencer à se pencher sérieusement sur l'élection à partir de mardi", prédit JJ Kinahan, responsable de la stratégie de marché chez TD Ameritrade. "Pour la presse, cela a fourni beaucoup de matière parce que la télévision a besoin de remplir les antennes 24 heures par jour. Mais de manière générale, Wall Street n'a pas encore pris la chose au sérieux."

Le premier débat entre la candidate démocrate Hillary Clinton et son adversaire républicain Donald Trump, qui bouscule la classe politique américaine, aura lieu le 26 septembre.

"Comme tout le monde penche du même côté en pariant sur une présidence de Hillary, s'il se passe tout à coup quelque chose tel que les gens pensent que Trump a peut-être une chance, cela va assurément accroître la volatilité", dit Phil Orlando.

"Cela peut être l'un de ces facteurs qui provoquent des soubresauts sur les marchés."

Parmi les événements attendus dans la semaine, Apple pourrait présenter mercredi son nouvel iPhone. Ce lancement, s'il a lieu, se ferait dans un contexte a priori favorable pour la firme à la pomme en raison des déboires de son concurrent sud-coréen Samsung avec le dernier-né de ses smartphones, le Galaxy Note 7, dont il a suspendu les ventes en raison de risques d'incendie sur ses batteries.

(avec Chuck Mikolajczak; Bertrand Boucey pour le service français)


Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant