Wall Street pourrait encore baisser avec la Fed

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WALL STREET POURRAIT ENCORE BAISSER AVEC LA FED
WALL STREET POURRAIT ENCORE BAISSER AVEC LA FED

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - Wall Street s'apprête à poursuivre son recul cette semaine où la Réserve fédérale doit annoncer une nouvelle réduction du rythme de ses injections de liquidités, dans un contexte déjà fragilisé par l'accès de défiance vis-à-vis des marchés émergents.

Le sentiment des investisseurs est devenu clairement négatif à la fin de semaine dernière en réaction à la chute des marchés émergents, victimes à la fois de problèmes spécifiques et de la prise de conscience que la Fed allait encore la limiter ses achats d'actifs, qui ont largement contribué au "rally" de 2013.

Les investisseurs savent depuis longtemps que la réduction des achats d'obligations de la Fed affecterait les marchés émergents. Mais de nouveaux signes de ralentissement de la croissance en Chine ont accentué les craintes que ces pays, notamment ceux qui ont de lourds déficits de leurs comptes courants, aient du mal à soutenir leurs devises cette année.

La comité de politique monétaire de la Fed, qui se réunit mardi et mercredi, devrait annoncer une nouvelle réduction de 10 milliards de dollars du montant mensuel d'actifs obligataires rachetés - actuellement de 75 milliards - malgré des créations d'emplois nettement inférieures aux attentes en décembre, selon une récente enquête Reuters publiée.

"La Fed va-t-elle suspendre sa politique de ralentissement du rythme de ses achats d'actifs parce que, comme nous le savions déjà, les marchés émergents sont vulnérables à la réduction des injections de liquidités dans le système américain?", s'interroge Quincy Krosby, responsable de la stratégie de marché chez Prudential Financial à Newark.

"C'est un aléa moral", dit-elle ajoutant que quelque soit la date à laquelle la Fed agira la réaction serait identique.

Le courant de ventes sur les marchés émergents jeudi et vendredi a provoqué la plus forte baisse hebdomadaire de l'indice MSCI monde en sept mois. Le S&P 500 a perdu de son côté 2,6%, son plus net repli depuis juin 2012.

Malgré cela, il serait difficile pour la Fed d'interrompre la réduction de ses achats d'actifs lorsqu'on sait que le S&P est tout juste à 3,5% sous de son record historique de clôture.

De plus, les indicateurs économiques - avec les ventes de logements neufs et la confiance du consommateur - devraient continuer à refléter une économie américaine en pleine reprise ce qui pourrait faire revenir certains investisseurs aux achats.

MARCHÉS ÉMERGENTS: UN CHOC PASSAGER

"Il y a de bonnes raisons de penser que l'économie des Etats-Unis se portera bien dans l'année à venir et notre scénario central est que, même si les marchés américains accusent le coup (avec la baisse des marchés émergents), le choc ne sera pas majeur pour l'économie du pays", écrivent les analystes de Deutsche Bank dans une note publiée vendredi.

La promesse de la Fed de laisser ses taux proches de zéro pour une période prolongée pourrait aussi attirer les achats.

"La question pour les investisseurs est de savoir jusqu'où le marché retombera avant d'attirer de nouveaux acheteurs? In fine, ce sera une opportunité d'achat", estime Quincy Krosby.

Hormis la Fed et les indicateurs, les traders seront sollicités par une nouvelle série de résultats trimestriels, dont ceux des composants du Dow Jones Caterpillar, DuPont, Pfizer, AT&T et 3M.

Les poids lourds de la technologie Google et Facebook publieront également leurs résultats trimestriels. Apple, la plus importante capitalisation du marché, mènera la danse en publiant après la clôture lundi.

"Les résultats n'ont pas été aussi fabuleux que l'on veut tous le faire croire. Il y a eu des rachats massifs d'actions, qui ont donné cette impression", note Ken Polcari, chez O'Neil Securities à New York. "Les chiffres d'affaires sont stables ou en baisse - ce qui n'est pas bon signe. A ce stade du cycle, les investisseurs veulent voir des chiffres d'affaires en hausse."

Alors que le quart environ des sociétés qui composent du S&P 500 ont publié jusqu'ici, 63,9% d'entre elles ont fait mieux que prévu. Elles étaient 67% en moyenne à avoir surpris dans le bon sens au cours des quatre derniers trimestres.

Juliette Rouillon pour le service français

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