Wall Street pas pressée de voir le chômage diminuer

le
0
LES INVESTISSEURS POURRAIENT ÊTRE SUR LA DÉFENSIVE CETTE SEMAINE À WALL STREET
LES INVESTISSEURS POURRAIENT ÊTRE SUR LA DÉFENSIVE CETTE SEMAINE À WALL STREET

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK (Reuters) - Partagés entre l'espoir de voir se confirmer l'embellie économique américaine et la crainte d'une remise en question du programme de rachats d'actifs de la Réserve fédérale, les investisseurs risquent de rester sur la défensive au cours de la semaine qui s'annonce.

En déclarant que la Fed pourrait décider de réduire son programme de rachat d'actifs dès la prochaine réunion du comité de politique monétaire, Ben Bernanke a provoqué un recul des marchés d'actions et une hausse des rendements obligataires.

Vendredi, les marchés d'actions ont bouclé une deuxième semaine de baisse consécutive, essentiellement parce que les opérateurs craignent que les prochains chiffres de l'emploi de mai, qui seront publiés cette semaine, justifient un durcissement de la politique monétaire de la Fed.

"L'état d'esprit actuel, c'est celui d'un marché qui a très peur de voir la Fed entamer un retrait", explique Quincy Krosby, stratège marché chez Prudential Financial à Newark.

"Tout ceux qui ont investi dans les marchés financés par des liquidités peu onéreuses vont commencer à sortir" si les chiffres de l'emploi de mai sont meilleurs qu'attendu, a-t-elle poursuivi.

Mark Luschini, stratège en chef chez Janney Montgomery Scott, à Philadelphie, souligne de son côté que des chiffres de l'emploi meilleurs qu'attendu "continueraient d'alimenter les inquiétudes qui se sont manifestées sur les marchés au cours des derniers jours."

Selon un certain nombre d'économistes, le chômage ne pourra diminuer sensiblement tant que les chiffres des créations d'emplois n'auront pas atteint ou dépassé le seuil des 200.000 plusieurs mois d'affilée. Or la Réserve fédérale a promis de maintenir ses taux à leurs niveaux actuels tant que le taux de chômage ne sera pas repassé sous les 6,5%.

Le consensus des économistes interrogés par Reuters laisse entendre que 168.000 emplois ont été créés le mois dernier, avec un taux de chômage à 7,5%. En avril, ce chiffre était ressorti à 165.000.

S'ils s'avéraient meilleurs que prévu, les chiffres de l'emploi pourraient certes provoquer un repli des marchés d'actions, mais celui-ci devrait rester de courte durée, estiment des analystes qui soulignent qu'une embellie sur le marché du travail aura forcément des conséquences positives pour l'économie américaine.

Les craintes observées ces derniers jours n'ont d'ailleurs pas vraiment remis en question la tendance haussière des marchés. Depuis le 1er janvier, le S&P 500 affiche une hausse de 14,34%, une performance sans précédent en cinq mois depuis 1997.

Nicolas Delame pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant