Wall Street parie sur un accord budgétaire de dernière minute

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par Angela Moon

NEW YORK, 29 septembre (Reuters) - La crainte d'un blocage budgétaire et d'une fermeture des services fédéraux à Washington a fait baisser Wall Street la semaine dernière mais la plupart des intervenants restent confiants, pariant sur un accord de dernière minute avant la date limite de mardi.

Pour preuve de cette relative sérénité, l'indice Standard & Poor's 500 conserve un gain de plus de 3% depuis le début septembre, un mois pourtant historiquement difficile pour les marchés actions, et n'est qu'à 2% de son record absolu.

"Les investisseurs restent calmes car tout cela a un air de déjà vu", résume Ryan Detrick, analyste technique chez Schaeffer's Investment Research à Cincinnati (Ohio), en faisant allusion aux précédents de 1995.

Le Sénat, à majorité démocrate, a adopté vendredi et transmis immédiatement à la Chambre des représentants un projet de loi destiné à assurer jusqu'au 15 novembre le financement des administrations fédérales, afin d'éviter leur fermeture mardi, premier jour de l'exercice 2013/2014.

Mais les élus républicains de la Chambre, poussés par le mouvement Tea Party, y ont inclus des dispositions qui empêcheraient pendant un an le financement de la nouvelle loi sur l'assurance santé, dite "Obamacare", ce à quoi s'oppose le président américain. (voir ID:nL6N0HP00Q) )

La fermeture des administrations fédérales empêcherait le département du Travail de publier vendredi son rapport mensuel sur l'emploi, déterminant pour les marchés financiers.

Un "shutdown" prolongé du gouvernement, ou pire un défaut sur la dette, viendraient rappeler les mauvais souvenirs de 2011 quand un blocage politique du même acabit avait entraîné la perte de la note triple-A des Etats-Unis et, dans la foulée, provoqué le dernier grand mouvement de correction à Wall Street.

Le Dow Jones a cédé 1,3% la semaine dernière et le S&P-500 1,1%, leur première baisse hebdomadaire depuis quatre semaines, tandis que le Nasdaq parvenait à grignoter 0,2%.

L'autre dossier explosif est le plafond de la dette, actuellement de 16.700 milliards de dollars, qui sera atteint le 17 octobre selon l'administration Obama si le Congrès ne s'accorde pas d'ici là pour le relever.

La menace d'un défaut sur la dette n'échaude pas non plus les professionnels, certains y voyant même l'occasion de renforcer leurs portefeuilles d'actions.

"Nous avons eu des situations semblables ces dernières années et elles ont été autant d'opportunités d'achat. Ce n'est qu'un épiphénomène, pas le moment de changer de stratégie", assure Andres Garcia-Amaya, stratège chez J.P. Morgan Funds à New York.

Lors de la précédente fermeture des administrations fédérales, du 15 décembre 1995 au 6 janvier 1996, le S&P-500 avait avancé de 0,1%. La fois précédente, du 13 au 19 novembre 1995, l'indice de référence des gérants américains avait progressé de 1,3%, selon des données de SentimenTrader.com.

LUNDI VOLATIL EN PERSPECTIVE

Les options "put" sur le S&P-500, habituelle couverture contre une baisse de l'indice, ne montrent pas davantage de nervosité et restent proches de leurs plus bas depuis la crise financière.

Pour autant, la journée de lundi pourrait voir une volatilité accrue liée à la fin du troisième trimestre, beaucoup de gérants cherchant à ajuster leurs positions pour enjoliver leurs performances - ce que les boursiers appellent le "window-dressing".

Si un accord intervient sur la loi de finances, Wall Street pourra concentrer son attention sur la statistique de vendredi. Au dernier décompte, 72 économistes interrogés par Reuters prévoient en moyenne 180.000 créations d'emplois, après 169.000 en août, pour un taux de chômage stable à 7,3%.

Les chiffres de l'emploi pourraient apporter des indications sur le moment que choisira la Réserve fédérale pour commencer à réduire ses injections de liquidités, après son statu quo qui a pris les marchés à revers ce mois-ci.

"Le marché de l'emploi reste le principal élément d'orientation pour le marché et la Fed a besoin de meilleurs chiffres pour commencer à lever le pied", note Andres Garcia-Amaya.

Parmi les autres indicateurs au programme de la semaine figurent l'indice des directeurs d'achat (PMI) de la région de Chicago lundi, l'indice ISM du secteur manufacturier et la statistique des dépenses de construction mardi, puis le lendemain l'enquête ADP sur l'emploi dans le secteur privé, qui donnera un avant-goût des chiffres de vendredi si tant est que le département du Travail soit en mesure de les publier.

(Avec Ryan Vlastelica à New York et Doris; Frankel à Chicago, Véronique Tison pour le service français)

 
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