Wall Street impassible face aux querelles budgétaires

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WALL STREET IMPASSIBLE FACE AUX QUERELLES BUDGÉTAIRES
WALL STREET IMPASSIBLE FACE AUX QUERELLES BUDGÉTAIRES

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - Sur le papier, les investisseurs devraient être tentés de délaisser le marché actions au cours des prochaines semaines au vu des nouveaux affrontements entre républicains et démocrates sur le budget qui, faute d'accord, pourraient déboucher sur une situation de cessation de paiement de l'administration fédérale américaine.

La dernière fois qu'une telle perspective s'était profilée, en 2011, elle avait en effet débouché à la fois sur une perte par les Etats-Unis de leur précieux "triple A" et sur une franche correction à Wall Street.

Mais, aux yeux des analystes, le dernier épisode en date des querelles du Congrès est surtout un concours de fanfaronnades, dont les conséquences potentielles ont été largement exagérées.

"Si on garde en mémoire le motif qui revient de manière récurrente depuis le psychodrame du plafond de la dette de 2011, les dirigeants républicains ont bien compris que, en cas de fermeture des administrations publiques, c'est leur parti qui en sera tenu pour responsable", a noté Brian Jacobsen, chargé de la gestion de portefeuille chez Wells Fargo Funds Management.

"Ils ne vont pas rester insensibles à l'opinion publique à l'approche des élections de mi-mandat (en 2014)."

Aux yeux de Stephen Massocca, directeur général de Wedbush Equity, "il y aura un accord et les choses retourneront à la normale".

Preuve que les intervenants de marché ne sont guère inquiets de l'évolution de la situation à Washington, l'indice de volatilité du CBOE, surnommé "l'indice de la peur" a reculé de 0,3% vendredi. Sur les trois dernières semaines, il a plongé de 23%.

Sur l'ensemble de la semaine, à la faveur des records atteints mercredi en réaction à la décision de la Fed de ne pas toucher au rythme de ses injections de liquidités, le Dow Jones a gagné 0,6%, le S&P 500 1,3% et la Nasdaq Composite.

La seule journée de vendredi a néanmoins été marquée par une baisse de plus de 1% du Dow après les propos de plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine, notamment de James Bullard, qui a évoqué la possibilité d'un ralentissement dès octobre du programme d'injections de liquidités de la banque centrale.

DOUBLE ÉCHÉANCE

Faute d'accord au Congrès, l'Etat fédéral sera confronté à une paralysie budgétaire dès le 1er octobre, début de l'exercice budgétaire, puis dans l'incapacité d'emprunter pour financer le remboursement de ses dettes une fois le niveau plafond de l'endettement atteint, soit à la mi-octobre selon le Trésor.

Vendredi, la Chambre des représentants, à majorité républicaine, a adopté une proposition de loi assurant le financement des agences fédérales du 1er octobre au 15 décembre en démantelant dans le même temps la loi sur l'assurance santé dite "Obamacare".

Mais la suppression, en échange, du financement fédéral de la réforme de l'assurance santé est une déclaration de guerre pour les démocrates, qui tiennent le Sénat, et pour la Maison blanche, qui a prévenu dès jeudi qu'une telle proposition se verrait opposer un veto présidentiel.

"Il y a aura forcément des incertitudes à mesure que les échéances se rapprochent mais nous pensons qu'elles seront de courte durée et moins prononcées que lors de d'autres épisodes de ce type", lit-on dans une note de recherche de Goldman Sachs.

Bon nombre d'acteurs de marché ont en mémoire la dramatisation, pendant la seconde partie de 2012, du "mur budgétaire" qui devait, faute d'accord, déboucher sur un double mouvement de baisses des dépenses publiques et de hausse de la fiscalité censé étrangler l'économie.

In extremis, au tout début de l'année, les membres du Congrès ont finalement trouvé un terrain d'entente, ce qui, aux yeux des spécialistes, ne manquera pas d'arriver encore cette fois-ci.

Depuis le début de l'année, en raison surtout des mesures de soutien de la Fed, le S&P 500, indice de référence des gérants de fonds, affiche un bond de plus de 22%.

Plutôt que de suivre les escarmouches entre les deux camps du Congrès, les investisseurs seront surtout intéressés lundi par les conséquences de la nouvelle composition du Dow Jones, dans lequel Goldman Sachs, Visa et Nike ont remplacé Bank of America, Hewlett-Packard et Alcoa.

Benoit Van Overstraeten pour le service français

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