Wall Street focalisée sur la Fed et les niveaux techniques

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WALL STREET FOCALISÉE CETTE SEMAINE SUR LA FED ET LES NIVEAUX TECHNIQUES
WALL STREET FOCALISÉE CETTE SEMAINE SUR LA FED ET LES NIVEAUX TECHNIQUES

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - Faute d'indicateurs économiques pertinents et avec la saison des résultats qui touche à sa fin, c'est la Réserve fédérale qui devrait occuper le devant de la scène à Wall Street lors de la semaine à venir, avec aussi une attention particulière pour l'analyse graphique au moment où le S&P-500 remonte vers ses plus hauts historiques.

Le temps fort de cette semaine écourtée - lundi est jour férié aux Etats-Unis pour le "Presidents Day" - sera la publication, mercredi, du compte rendu de la réunion monétaire de la Fed des 28 et 29 janvier.

La banque centrale avait alors, sans surprise, décidé une nouvelle réduction de ses mesures de soutien à l'économie, mais les investisseurs seront surtout attentifs aux débats entourant sa "communication avancée", autrement dit son message sur l'évolution future de sa politique monétaire.

Jusqu'ici, la Fed faisait savoir qu'elle n'envisagerait pas de hausse des taux d'intérêt tant que le taux de chômage ne serait pas redescendu à 6,5% ; or il a diminué à 6,6% en janvier, ce qui l'oblige à ajuster sa communication puisque personne n'attend de resserrement monétaire avant la fin 2015.

"On veut voir si la Fed va chercher à s'éloigner de cette notion de seuil qui lui lie un peu les mains", explique Quincy Krosby, stratège marchés chez Prudential Financial à Newark (New Jersey).

"On aimerait un message de souplesse en cas de dégradation des indicateurs économiques, avec l'idée qu'elle n'exclut pas une pause dans la normalisation de sa politique monétaire", ajoute-t-elle.

Lors de sa première audition au Congrès mardi dernier, la nouvelle présidente de la Fed, Janet Yellen, a affirmé que les "températures inhabituellement froides (de cet hiver aux Etats-Unis) risquaient d'affecter l'activité économique sur le marché du travail et ailleurs", fournissant aux traders un bon prétexte pour ignorer la récente série d'indicateurs plutôt moroses.

Ce pourrait être encore le cas avec les statistiques au menu de la semaine, notamment les mises en chantier mercredi, les prix à la consommation jeudi et les ventes de logements dans l'ancien vendredi.

"Le marché a intégré le facteur météo mais du coup il va peut-être falloir attendre les statistiques de mars, publiées en avril, pour se faire enfin une idée de l'état réel de l'économie", observe John Canally, économiste chez LPL Financial à Boston.

LE S&P-500 À L'ASSAUT DES 1.850 POINTS

Le vide laissé par les indicateurs peu fiables pourrait bien être meublé par l'analyse graphique alors que le S&P-500 se rapproche de son record à 1.850 points inscrit mi-janvier.

L'indice a franchi mardi, pour la première fois depuis le 24 janvier, sa moyenne mobile sur 50 jours, et dans la foulée il a gagné 2,3% sur la semaine, enchaînant pour la première fois cette année deux semaines de hausse.

Le Dow Jones a pris 2,3% également et le Nasdaq Composite 2,9%, la Bourse américaine réalisant ainsi sa meilleure performance hebdomadaire depuis le début de l'année.

Le S&P a fini à 1.838,63 points vendredi, en hausse de 8,80 points (0,48%) sur la séance.

"La zone de 1.850 sera vraiment à surveiller", estime Frank Cappelleri, analyste technique chez Instinet à New York. "On peut penser qu'il y aura beaucoup de gens prêts à vendre à ce niveau mais en même temps on peut opposer que la semaine dernière le franchissement de la moyenne mobile sur 50 jours n'a suscité aucune réaction vendeuse, bien au contraire".

"On est revenu à une dynamique positive, et ceux qui ont manqué le train de la hausse étaient pressés de reprendre place", explique-t-il. "Les indicateurs techniques qui étaient déprimés se sont retournés et indiquent de nouveau un marché survendu."

L'actualité se fait en revanche plus calme du côté des résultats de sociétés mais les investisseurs surveilleront néanmoins les publications de Coca-Cola, mardi, et de Wal-Mart Stores le surlendemain.

Sur les 398 sociétés du S&P-500 qui ont publié leurs comptes trimestriels à ce jour, 66,3% ont annoncé des bénéfices supérieurs aux attentes, à comparer à une moyenne historique de 63%. S'agissant du chiffre d'affaires, elles ont été plus de 64% à battre le consensus, soit trois points de plus que la moyenne de long terme, selon les données de Thomson Reuters.

L'agenda des indicateurs américains

Le compte rendu de la séance à Wall Street

Véronique Tison pour le service français

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  • marshaka le lundi 17 fév 2014 à 06:36

    Comme d'habitude nos "journalistes" et autres "analystes" oublient de préciser que 90 % des entreprises du SP500 avaient baissé leurs objectifs jsute avant les résultat ce qui permet ensuite de battre le concensus...

  • abacchia le dimanche 16 fév 2014 à 20:05

    Mais quels consensus ont elle battus ? Sauf erreur de ma part, les entreprises ayant "dépassé les attentes" ont "dépassé LEURS attentes", revues en baisse bien souvent tout au long de l'année. Tout ceci ne semble pas bien sérieux dans le climat économique actuel !

  • M4328752 le dimanche 16 fév 2014 à 19:23

    tout va bien.