Wall Street finit irrégulière avant les chiffres de l'emploi

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LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a fini en petite hausse jeudi, dans un marché rassuré par de solides indicateurs et par des déclarations accommodantes de la Banque centrale européenne mais prudent à la veille de la publication des chiffres de l'emploi d'août, peut-être déterminants pour l'évolution des taux d'intérêt de la Réserve fédérale.

L'indice Dow Jones des 30 grandes valeurs a pris 23,38 points, soit 0,14%, à 16.374,76, loin de son plus haut du jour à 16.550 points. Le Standard & Poor's-500, plus large, a de même réduit son avance à 2,27 points ou 0,12% à 1.951,13, après être monté jusqu'à 1.975,01 le matin.

Le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a effacé ses gains initiaux dans le sillage d'Apple pour finir en repli de 16,49 points (0,35%) à 4.733,50.

Le S&P-500 enchaîne ainsi une deuxième séance de hausse mais ses gains sont modestes au regard des plus de 2% engrangés par les places européennes après les déclarations de la BCE qui s'est dit prête à renforcer son programme de rachats d'actifs si nécessaire.

"Que ce soit aux Etats-Unis, au Japon ou en Europe, le marché aime l'assouplissement quantitatif", dit Joe Saluzzi, chez Themis Trading à Chatham (New Jersey). "Mais les inquiétudes sur la Chine sont toujours là et la volatilité devrait perdurer pendant quelque temps encore."

Avec la fermeture des marchés chinois jeudi et vendredi, l'attention s'est focalisée sur les créations d'emplois d'août, publiées vendredi avant l'ouverture et attendues au nombre de 220.000 contre 215.000 en juillet, selon le consensus Reuters.

La Réserve fédérale, qui se réunit les 16 et 17 septembre, entend procéder à son premier relèvement de taux depuis 2006 seulement quand elle aura constaté une reprise durable de l'économie américaine, ce que pourraient confirmer les chiffres de vendredi. Mais l'accès de volatilité des dernières semaines a remis en cause le scénario jusque là privilégié d'un resserrement dès ce mois-ci, d'autant que l'inflation reste bien inférieure à l'objectif de 2% de la banque centrale.

Le S&P-500 a connu en août son plus mauvais mois depuis trois ans pour afficher une baisse de 5% depuis le 1er janvier.

"Du fait de cette volatilité, il faudra un chiffre (de l'emploi) bien supérieur aux attentes pour que la Fed relève ses taux", estime Thomas Costberg, économiste chez Standard Chartered Bank à New York, en situant la barre à 300.000 postes créés pour que la banque centrale bouge le 17 septembre.

Tim Rudderow, directeur des investissements chez Mount Lucas à Newton (Pennsylvanie), juge lui aussi que la statistique de vendredi sera "cruciale" mais il espère qu'elle ira dans le sens d'une normalisation de la politique monétaire. "Une hausse de taux serait en fait positive pour le marché qui a besoin de confiance", veut-il croire.

Les indicateurs de jeudi aux Etats-Unis ont plutôt rassuré sur la santé de la première économie mondiale, notamment le déficit commercial tombé en juillet à son plus bas niveau en cinq mois grâce à une hausse des exportations qui témoigne d'une bonne résistance du pays face aux craintes de ralentissement de la croissance mondiale.

LANNETT ET B&G FOODS EN VUE

Huit dix grands indices sectoriels S&P ont fini en hausse, avec en tête celui des télécoms qui a pris 0,77%.

Apple, en baisse de 1,75%, a freiné l'avance du S&P et du Nasdaq alors qu'Intel (+1,68%) a apporté la plus forte contribution à la hausse. Le Dow, lui, a surtout été plombé par la baisse de 2,17% de Caterpillar, qui a fait momentanément passer l'indice en territoire négatif.

Parmi les valeurs en vue, le groupe pharmaceutique Lannett a bondi de 12,79% à 55,81 dollars au lendemain de l'annonce de l'acquisition du fabricant de génériques Kremer Urban Pharmaceuticals, filiale américaine du belge UCB, pour 1,23 milliard de dollars.

Le marché a également applaudi le rachat par B&G Foods des activités de légumes surgelés et en conserves de General Mills pour environ 765 millions de dollars, une opération qui permet au fabricant de snacks de se diversifier dans les surgelés. Le titre s'est adjugé 11,66%.

A la baisse, le fabricant de matériel minier Joy Global a chuté de 14,60% à 18,90 dollars après l'annonce d'un recul de son bénéfice trimestriel et d'une révision à la baisse de ses prévisions annuelles.

L'enseigne de prêt-à-porter Five Below (-9,26%) a également été sanctionnée après des résultats décevants.

(Noel Randewich et Tanya Agrawal, Véronique Tison pour le service français)

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