Wall Street finit en baisse, interrogations sur la Fed

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LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

NEW YORK (Reuters) - Wall Street fini en baisse jeudi, dans un marché prudent après ses récents records et au lendemain d'un communiqué de politique monétaire de la Réserve fédérale qui remet en cause les anticipations d'un maintien de ses injections de liquidités jusqu'au début 2014.

L'indice Dow Jones, indécis une bonne partie de la séance, a finalement perdu 73,01 points ou 0,47% à 15.545,75 points, terminant tout près de son plus bas du jour de 15.544 points.

Le Standard & Poor's 500, plus large, a abandonné 6,77 points, soit 0,38%, à 1.756,54 points et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 10,91 points (0,28%) à 3.919,71 points.

Les prises de bénéfice ont pris le dessus en fin de séance au terme d'un mois d'octobre qui aura vu le Dow Jones gagner 2,8%, le S&P-500 4,5% et le Nasdaq 3,9%, ce qui porte leurs gains à respectivement 19%, 23% et 30% depuis le début 2013.

A l'issue de sa réunion monétaire mercredi, la Fed a annoncé qu'elle prolongerait son soutien à l'économie en maintenant le rythme de ses rachats d'actifs, mais elle s'est montrée un peu moins optimiste pour la croissance après la crise budgétaire du début du mois à Washington.

Malgré cette analyse plus prudente de l'état de l'économie, elle a retiré de son communiqué une phrase dans laquelle elle s'inquiétait le mois dernier de la hausse des coûts du crédit, ce qui suggère qu'elle se satisfait du niveau actuel des taux d'intérêt à long terme.

"Cette omission rend de nouveau possible un début de 'tapering' (réduction de l'assouplissement quantitatif) en décembre", estime Michael O'Rourke, stratège chez JonesTrading.

Pour ajouter à la confusion, les indicateurs économiques publiés jeudi ont été particulièrement vigoureux, avec une baisse des inscriptions hebdomadaires au chômage et, surtout, un bond de l'indice PMI de Chicago qui rend compte de l'activité industrielle dans le MidWest.

"La Fed est très dépendante des statistiques", rappelle Tim Ghriskey, directeur des investissements chez Solaris Group à Bedford Hills (New York). "De ce fait, le PMI de Chicago relance les conjectures sur une prochaine réduction des rachats d'obligations de la Fed."

EXXON ET FACEBOOK EN VUE

Aucune tendance nette ne s'est dégagée non plus sur les valeurs.

Visa, le géant des cartes de crédit, a pesé sur le Dow et le S&P-500 en perdant 3,5% à 196,67 dollars après l'annonce d'un bénéfice trimestriel en baisse de 28%

Le groupe pétrolier Exxon Mobil, autre composante du Dow, a à l'inverse gagné 0,9% en réaction à ses résultats, en baisse également mais meilleurs qu'attendu.

Sur le Nasdaq, Facebook, en repli en début de séance, s'est retourné à la hausse pour gagner 2,4% à 50,21 dollars, le marché ayant finalement une opinion positive sur les résultats publiés mercredi soir par le réseau social.

Vedette du jour, le voyagiste en ligne Expedia a bondi de 18% à 58,97 dollars, meilleure performance du S&P-500, au lendemain de l'annonce d'un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes et d'une hausse de 17% de son chiffre d'affaires.

Sur 355 entreprises du S&P-500 qui avaient publié leurs résultats jeudi matin, 68,2% on battu le consensus, contre une moyenne de 63% depuis 1994 et 66% au cours des quatre derniers trimestres, selon les données de Thomson Reuters. Mais le pourcentage tombe à 53,6% pour les chiffres d'affaires, bien en-deçà de la moyenne de 61% depuis 2002 -mais au-dessus cependant de la moyenne des quatre derniers trimestres à 49%.

Chuck Mikolajczak et Luke Swiderski, Véronique Tison pour le service français

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