Wall Street finit en baisse de plus de 2%

le
0
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a fini en forte baisse jeudi, prolongeant et accentuant son repli de la veille dans la perspective d'un prochain ralentissement des rachats d'actifs de la Réserve fédérale qui dopaient le marché depuis le début de l'année.

L'indice Dow Jones des 30 industrielles a perdu 353,87 points, soit 2,34% à 14.758,24, après avoir reculé jusqu'à 14.732 en séance.

Le Standard & Poor's-500 a chuté de 40,74 points ou 2,50% à 1.588,19, sa plus forte baisse depuis le 11 novembre 2011 qui le fait tomber pour la première fois depuis le 2 mai sous les 1.600 points, loin de sa clôture record de 1.669 points atteinte il y a à peine un mois, le 21 mai.

Le Nasdaq Composite, à forte pondération technologique, a cédé de son côté 78,57 points (2,28%) à 3.364,64.

Le volume a été le plus chargé de l'année avec 9,29 milliards de titres échangés sur le New York Stock Exchange, le Nasdaq et le NYSE MKT, à comparer à une moyenne quotidienne de 6,36 milliards depuis le 1er janvier.

Signe de la nervosité des investisseurs, l'indice Vix qui mesure la volatilité a pris 23% à 20,47, un niveau encore jamais atteint en 2013. Quatre vingt quatorze pour cent des valeurs cotées sur le NYSE ont fini en baisse et plus des quatre cinquièmes des titres cotés sur le Nasdaq.

La baisse du S&P-500 sous sa moyenne mobile des 50 dernières séances constitue en outre un signal technique négatif pour les prochains jours.

Ben Bernanke, le président de la Fed, a déclenché un mouvement général de vente sur les marchés d'actions mais aussi sur les obligations et les matières premières en annonçant mercredi que la banque centrale pourrait commencer à réduire ses achats d'actifs avant la fin de l'année si l'amélioration de l'économie se confirme.

La Fed achète actuellement des obligations du Trésor et titres hypothécaires au rythme de 85 milliards de dollars par mois dans le cadre de ses mesures de soutien qui ont inondé la Bourse de liquidités.

Au contraire des autres classes d'actifs, le dollar a monté en réaction aux propos du patron de la Fed, ce qui a contribué au recul de la Bourse, tout comme la publication en Chine d'un indicateur qui y confirme le la contraction du secteur manufacturier.

CLEARWIRE EN VEDETTE

Les injections de liquidités de la banque centrale ont permis à Wall Street d'enchaîner des records jusqu'au mois de mai, et à chaque repli des achats à la baisse permettaient au marché de repartir à la hausse.

David Joy, stratège chez Ameriprise Financial à Boston, craint que cette tendance soit bel et bien révolue. "Des gens commencent à sortir du marché et l'envolée soudaine des rendements obligataires est une vraie source d'inquiétude", dit-il. "Il est encore trop tôt pour savoir si cet accès de faiblesse représentera une opportunité d'achat ou s'il va persister."

Le rendement de l'emprunt américain à 10 ans a grimpé à 2,408%, au plus haut depuis près de deux ans.

Le recul a été général à Wall Street, avec la totalité des dix indices sectoriels du S&P en baisse de plus de 2% et même de 3% pour celui des biens de grande consommation.

Les banques et les sociétés de gestion ont pâti de la remontée des taux longs. Goldman Sachs a lâché 3,8%, Citigroup 3,3% et Blackrock 6,1%.

Egalement sensibles aux taux, les valeurs de la construction et de l'immobilier ont aussi reculé à l'image de PulteGroup (-9,1%) - plus forte baisse du S&P-, Lennar (-7,7%) ou KB Home (-6,6%), en dépit d'un indicateur confirmant le redressement du marché immobilier américain.

Le compartiment des ressources de base a réagi de son côté au mauvais indicateur chinois et à la chute des cours des matières premières, avec l'or qui a dégringolé de 5% à un plus bas de près de trois ans. Barrick Gold a perdu 7,8%, Royal Gold 10,7% et Newmont Mining 6,8%.

Les valeurs de l'énergie ont chuté de pair avec les cours de pétrole, qui ont perdu autour de 3% sur le Nymex.

Le fournisseur de services télécoms Clearwire, au centre d'une bataille d'OPA, a résisté à la débâcle en s'adjugeant 7,34% à 5,05 dollars. Sprint Nextel, son actionnaire majoritaire, propose désormais 5,0 dollars pour racheter les participations minoritaires, soit 14% de plus que l'offre concurrente de Dish Network à 4,40 dollars.

Alison Griswold et Ryan Vlastelica, Véronique Tison pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant